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Société

Des traitements adaptés et moins chers pour les enfants séropositifs

Le Bénin figure parmi les premiers pays qui bénéficieront, à moindre coût, d’un traitement spécifique pour les enfants touchés par le sida. La baisse des prix est essentielle pour venir à bout de cette maladie au cours de la décennie.

Par Paule Fax

Unitaid, une structure rattachée à l’OMS (Organisation mondiale de la santé) annonce que les traitements contre le sida à destination des enfants vont coûter quatre fois moins cher.

Ces produits seront mieux adaptés aux besoins thérapeutiques des enfants séropositifs. Il en coûtera néanmoins encore 120 dollars par an, selon Unitaid qui s’est entendu avec les fabricants de médicaments génériques Viatris et Mcleods.

« Alors que le monde est confronté à une pandémie historique, nous avons beaucoup à apprendre de l’expérience et des succès du MPP qui ont contribué à rendre des médicaments essentiels accessibles et abordables pour ceux qui en ont le plus besoin », commente Marisol Touraine, présidente du Conseil d’administration d’Unitaid.

« Les enfants des pays à revenu faible et intermédiaire attendent souvent des années avant d’avoir accès aux mêmes médicaments que les adultes, ce qui nuit à leur qualité de vie, et entraîne parfois des décès évitables », a déclaré le directeur exécutif d’Unitaid, Philippe Duneton. Le produit a aussi bénéficié d’une approbation accélérée par la puissante FDA, l’agence américaine du médicament.

Dans un premier temps, le nouveau traitement sera disponible au Bénin, au Kenya, au Malawi, au Nigeria, en Ouganda et au Zimbabwe au cours du premier semestre 2021. Il sera déployé « dans un grand nombre de pays » par la suite. Environ 1,7 million d’enfants dans le monde sont séropositifs mais seulement la moitié d’entre eux bénéficient d’un traitement et 100 000 meurent chaque année, précise l’organisation.

L’accord avec Viatris et Mcleods permet de réduire le prix d’une des composantes de la thérapie, à 36 $, le dolutegravir (DTG). Il est désormais disponible au goût fraise et sous forme de comprimés solubles, plus facilement acceptés par les enfants que les traitements précédents, qui se présentaient sous forme de gros comprimé non soluble.

De nombreux enfants vivant avec le virus réagissent mal au traitement parce qu’ils prennent des médicaments antirétroviraux mal dosés ou au goût amer, justifie Unitaid. S’il est le traitement de première intention recommandé par l’OMS pour les enfants, aucun produit équivalent n’est disponible pour les enfants, en raison du manque de comprimés adaptés.

« Il va falloir se remettre en selle »

Unitaid, CHAI (Clinton Health Access Initiative) et les autorités de la santé des pays concernés se sont associées à l’américain Plan d’urgence présidentiel pour la lutte contre le sida (Pepfar). Lequel vise à favoriser l’accès rapide au produit dans plusieurs pays afin de susciter un retour d’information sur ses premières utilisations, et de contribuer ainsi à une adoption et à un déploiement à plus grande échelle.

À l’occasion de la Journée internationale contre le sida, le 1er décembre, l’OMS a reconnu qu’en raison de la pandémie de la Covid-19, elle n’avait pas atteint ses objectifs pour 2020. « Il va falloir se remettre en selle » pour arriver à l’objectif final d’éradiquer le sida d’ici à 2030. Quelque 26 millions de personnes sont actuellement sous traitement antiviral dans le monde, sont 4 millions de moins que l’objectif visé pour cette année.

DTG

D’autre part, Unitaid salue l’approbation d’une nouvelle subvention de 34,3 millions $ pour les cinq prochaines années en faveur du Medicines Patent Pool (MPP). Cette structure, fondée en 2010, facilite l’accès aux médicaments pour les personnes séropositives, ainsi que celles atteintes de tuberculoses et d’hépatite C dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Depuis la création du MPP et grâce à l’appui de différents partenaires, les accords de licence négociés avec les sociétés pharmaceutiques ont contribué à la production et à la mise à disposition dans ces pays de 15 milliards de doses de médicaments génériques de qualité contre le VIH et l’hépatite C.

Les pays peuvent désormais s’approvisionner en DTG pour moins de 70 $ par personne par an permettant de réaliser des économies substantielles pouvant être réinvesties. À ce jour, les économies réalisées sont suffisantes pour permettre l’achat de médicaments pour cinq millions de personnes supplémentaires par an.

 « Alors que le monde est confronté à une pandémie historique, nous avons beaucoup à apprendre de l’expérience et des succès du MPP qui ont contribué à rendre des médicaments essentiels accessibles et abordables pour ceux qui en ont le plus besoin », commente Marisol Touraine, présidente du Conseil d’administration d’Unitaid.

PF

ENCADRE

Le Gabon reconstitue ses stocks d’antirétroviraux

Selon son ministre de la Santé, Guy Patrick Obiang Ndong, le Gabon a acheté pour environ 2 milliards de F.CFA d’antirétroviraux (ARV) en 2020. Cette acquisition vise à répondre aux besoins et à éviter le risque de pénurie.

En 2019, le Gabon avait dû faire face à une rupture de ses stocks, entre février et juin. Cette fois, les précautions ont été prises, donc. Sachant qu’au Gabon, comme dans bien d’autres pays, « la Covid-19 a impacté sur la prise en charge des autres pathologies », a reconnu le ministre.

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