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Société

Covid-19 : Le Sénégal produira des vaccins

L’Institut Pasteur de Dakar et ses partenaires, qui avaient engagé en avril la production de vaccins contre la Covid-19, reçoivent le soutien de l’Allemagne. Du Sénégal, seront produits des vaccins moins chers et de bonne qualité, à l’adresse de tout le continent.

Par Laurent Soucaille

L’Allemagne attribue au Sénégal un don de 20 millions d’euros, en appui aux efforts du pays pour la production de vaccins contre la Covid-19. L’annonce en a été faite par Amadou Hott, ministre sénégalais de l’Économie, du plan et de la coopération, ce 18 juin. La veille, le ministre avait signé l’accord de financement avec le ministre allemand de la Coopération et du développement, Gerd Müller, en visite de travail à Dakar.

« Malgré la fatigue qui peut gagner la population, il faut renforcer les mesures de prévention, notamment les mesures barrières comme le port de masque et la distanciation physique, et sensibiliser davantage la population sur la maladie en impliquant les communautés. » 

« Je me réjouis particulièrement de la décision allemande d’accompagner les efforts du Sénégal dans la production de vaccins contre la Covid-19 à travers l’Institut Pasteur de Dakar, matérialisée par un financement non remboursable de 20 millions d’euros », a confirmé Amadou Hott. « Cette annonce est un signal fort à toutes les communautés, aux acteurs du développement. »

En avril, le Sénégal avait lancé une initiative de production de vaccins contre la Covid-19, concluant un accord avec le laboratoire belge de biotechnologie Univercells et les instituts sénégalais Pasteur et Iressef (Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation). Les instituts sénégalais vont bénéficier de l’assistance technique et de transfert de technologie d’Univercells pour la fabrication de vaccins.

Les partenaires envisagent de fabriquer pas moins de 300 millions de doses, mais pas avant le premier trimestre 2022. « Il s’agira de produire des vaccins de bonne qualité, moins chers, pour tout le continent d’une manière générale », précisait Univercells en avril. À plus ou moins court terme, si l’épidémie de coronavirus s’assagit sur le continent, la collaboration pourrait se poursuivre en direction d’autres maladies.  

Selon Amadou Hott, le gouvernement allemand souhaite d’ailleurs accélérer la production de vaccin anti-Covid en Afrique. Et en phase avec l’Union Africaine, « il a choisi le Sénégal comme partenaire stratégique dans le cadre de l’initiative majeure de production de vaccins ».

Ce n’est pas tout : le ministre a évoqué la création d’infrastructures qui permettraient à l’Afrique d’être autonome dans le futur pour lutter contre ce genre d’épidémie. « Et l’Institut Pasteur de Dakar, qui est homologué par l’Organisation mondiale de la Santé, depuis 1964, pour la production de vaccin contre la fièvre jaune, a accompli un travail monumental dans le cadre de la lutte contre cette crise. »

Un pays exemplaire

A gauche, Amadou Hott, ministre sénégalais de l’Économie et le ministre allemand de la Coopération Gerd Müller

Le ministre conclut : « Pasteur est un Institut de classe mondiale ; il faut aller très vite. Et l’objectif, c’est de produire les vaccins à la fin du premier trimestre de 2022. Et l’Institut Pasteur est dans une très bonne voie ».

Cette annonce intervient alors que l’OMS s’inquiète d’une résurgence de la maladie en Afrique, seule région du monde désormais où l’épidémie progresse. Certes, la vaccination s’accélère, avec plus de 5 millions de doses administrées en cinq jours, mi-juin, en comparaison avec les 3,5 millions de doses administrées hebdomadairement lors trois dernières semaines précédentes.

Près de 12 millions de personnes sont désormais entièrement vaccinées, mais elles représentent moins de 1 % de la population du continent. Certains pays, dont le Sénégal, déplorent à la fois un manque de vaccins et une certaine défiance des populations.

Pourtant, le Sénégal est pays jusque-là relativement épargné par l’épidémie et salué pour ses performances en matière sanitaire. Lors de la deuxième vague, qui s’est dessinée dès février 2021, le pays a augmenté ses capacités en matière de lits de respirateurs, et a sollicité de nouvelles équipes médicales.

Le Sénégal a sensiblement augmenté la production d’oxygène, soulageant de nombreux malades. « Malgré la fatigue qui peut gagner la population, il faut renforcer les mesures de prévention, notamment les mesures barrières comme le port de masque et la distanciation physique, et sensibiliser davantage la population sur la maladie en impliquant les communautés », insiste le professeur Daye Ka, membre du groupe de gestion de la Covid-19 au niveau national.

LS

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