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Société

Covid-19 : Le désastre attendra…

Outre les mesures de confinement décidées très tôt, et souvent de manière plus drastique qu’en Europe ou en Amérique, les pays africains ont bénéficié de quelques particularismes. En premier lieu, a joué leur expérience de maladies infectieuses, comme Ebola, en malgré des systèmes de santé parfois défaillants.

En deuxième lieu, l’âge de la population est avancé. On voit que les taux de mortalité sont les plus élevés dans les pays où l’âge moyen de la population est lui-même élevé. En Algérie, par exemple, 10% de la population a plus de 65%, et ce pays présente une létalité plus importante.

Matshidiso Moeti, cette fois en conférence de presse, le 24 septembre, a cité d’autres facteurs : « La mobilité internationale, la capacité à se déplacer à l’intérieur des pays, les réseaux routiers, le nombre de voiture par habitant. Tout cela joue sur la capacité de diffusion du virus dans les pays. »

La température ou même la manière de vivre pourraient également jouer. Les Africains âgés sont peu nombreux à vivre en maison de retraite, foyers importants dans d’autres régions. De son côté, Francisca Mutapi, infectiologue à l’université d’Édimbourg, rappelle que le virus se transmet peu en extérieur. « Et l’Afrique a une part importante de population rurale qui passe du temps en extérieur. »

Une bonne collaboration entre Africains

Évoquant la piste de « l’immunité croisée » avec d’autres coronavirus, l’infectiologue révèle le lancement d’une grande étude pour tester cette hypothèse, au Zimbabwe. D’autres études comparables sont menées sur le continent.

Quoi qu’il en soit, il est un peu tôt pour confirmer que l’Afrique revient « à la normale », comme l’avancent certains spécialistes. « Même si l’espoir d’un vaccin pour 2021 est dans toutes les têtes, le continent n’est pas à l’abri d’une seconde vague et le chemin pour sortir définitivement de la crise est encore long », a prévenu Matshidiso Moeti. 

Matshidiso Moeti

 « Nous nous sommes attelés à de nouvelles modélisations tout au long de la pandémie en collectant un maximum de données et en tirant les leçons de notre expérience d’Ebola, confirme Francisca Mutapi. Au fil des mois, nous avons mené une analyse comparative des différentes ripostes pour en sortir le meilleur. »

La vigilance est donc accrue. L’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) poursuivent le séquençage du génome du coronavirus. Tandis que plusieurs pays, à l’instar du Sénégal et du Maroc, produisent désormais leurs propres tests Covid.

Ainsi, la crise sanitaire aura-t-elle fait progresser les partenariats et échanges d’expérience entre les pays africains. Pour autant, « on a besoin d’encore plus de chercheurs africains, a conclu Francisca Mutapi. Des chercheurs qui peuvent dialoguer avec les institutions nationales et continentales pour bâtir, quel que soit le virus, la riposte la plus pertinente possible. » 

ML

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