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Covid-19, la vaccination progresse

Covid-19, la vaccination progresse
  • Publiémars 24, 2022

L’OMS fait part des « progrès considérables » obtenus par la Côte d’Ivoire dans la vaccination contre la Covid-19. L’exemple ivoirien montre que l’implication de tous – politiques, responsables religieux ou communautaires, personnalités réputées, médias –, porte ses fruits.

Par Paule Fax

Ce vendredi 25 mars 2022, débute la prochaine campagne de vaccination en Côte d’Ivoire ; elle s’achèvera le 3 avril. Sans attendre, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) fait part des « progrès considérables » enregistrés dans le pays, en seulement quelques semaines. En Afrique, relate l’OMS, les premiers enseignements montrent que les campagnes de vaccination de masse, associées à une forte implication communautaire, permettent aux pays de rapidement atteindre un grand nombre de personnes. « Les pays qui combinent ce genre de campagnes à un engagement politique et un leadership puissant à tous les niveaux obtiennent de bons résultats. »

Certains pays africains n’ont pas planifié de façon adéquate la vaccination au niveau des districts et l’on a déploré un manque de financement stable et prévisible, ainsi que de mécanismes permettant de s’assurer que les financements soient transmis à temps du niveau national au niveau local.

Ainsi, déterminée à accroître l’adoption du vaccin, la Côte d’Ivoire a-t-elle mené une campagne de vaccination de masse de trois semaines, en février, qui a permis de vacciner plus de deux millions de personnes, soit une hausse de 8 % du nombre de personnes entièrement vaccinées. Un progrès remarquable dans un pays où la couverture vaccinale est de moins de 20 %.

Selon l’OMS, l’adhésion à la vaccination est désormais en hausse en Côte d’Ivoire, l’un des premiers pays africains à avoir reçu des doses livrées par le mécanisme Covax, en 2021. Depuis la première campagne de masse, en décembre 2021, le nombre de doses administrées a plus que doublé, passant de 4,8 millions à la fin décembre à 10,5 millions à la mi-mars 2022.

Le pays prévoit de continuer à mener des campagnes de vaccination de masse sur mesure et avec des cibles bien définies à intervalles réguliers en 2022, avec pour objectif de vacciner entièrement 70 % de la population. L’OMS se déclare « confiante » devant cet objectif.

En Côte d’Ivoire, les chefs de file politiques, religieux et communautaires nationaux et locaux, ainsi que les médias, des figures publiques sélectionnées et des influenceurs des réseaux sociaux ont été sensibilisés à l’importance de la vaccination contre la Covid-19.

Aller au plus près des populations

De nombreuses personnalités ont encouragé à montrer l’exemple. Un réseau partenaire de 160 radios a diffusé des messages en boucle, produit des émissions interactives de sensibilisation des populations, en invitant sur les plateaux des personnalités influentes. Y compris des chefs traditionnels et religieux, des représentants de la fonction publique et des enseignants. L’OMS a réaffecté à la lutte contre la Covid-19 près de 40 consultants initialement recrutés pour lutter contre la polio.

« Nous avons réussi à mobiliser les leaders religieux et communautaires, mais surtout nous avons bénéficié de l’engagement des autorités au plus haut niveau, à commencer par la vaccination du Premier ministre et des membres du gouvernement devant les médias », retrace le professeur Joseph Bénié Bi Vroh, directeur général de l’Institut national de l’hygiène publique « Dès le début, nous avons su adapter nos stratégies de vaccination pour aller au plus près des populations. »

Pour atteindre son objectif d’ici à décembre, la Côte d’Ivoire donne la priorité à tous ceux se trouvent en première ligne de la riposte à la Covid-19 ou à haut risque de développer une forme grave de la maladie, d’être hospitalisés ou de décéder en cas d’infection.

Force est de reconnaître, toutefois, que les pays africains ont été confrontés à plusieurs défis structurels en voulant étendre la couverture vaccinale. Certains n’ont pas planifié de façon adéquate la vaccination au niveau des districts et l’on a déploré un manque de financement stable et prévisible, ainsi que de mécanismes permettant de s’assurer que les financements soient transmis à temps du niveau national au niveau local. Par exemple, pour le paiement des soignants chargés de vacciner. Les travailleurs de la santé ont été victimes de lassitude concernant la vaccination et la courte période de conservation des vaccins a mis sous pression les stratégies et systèmes de livraisons dans un contexte de faible demande.

Pour faire face à ces obstacles opérationnels et financiers, des équipes multipartenaires de soutien aux pays ont été déployées dans vingt pays africains. Elles réunissent l’OMS, Gavi l’Alliance du vaccin, l’Unicef, la Banque mondiale, les CDC (Centres de contrôle et de prévention des maladies) Afrique et des États-Unis, et d’autres.

@PauleFax, avec agence APO

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Paule Fax

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