x
Close
Société

Coup de filet anti-cybercriminalité

Coup de filet anti-cybercriminalité
  • Publiénovembre 29, 2022

Des représentants des services chargés de l’application de la loi de 27 pays membres d’Interpol ou d’Afripol ont uni leurs forces dans le cadre de l’opération Africa Cyber Surge, afin de lutter contre la cybercriminalité. Un succès qui en appelle d’autres.

 

Avec en toile de fond les énormes pertes financières subies par les entreprises, les commerces et les particuliers, une opération menée durant quatre mois, achevée mi-novembre, a permis à des agents détecter la cybercriminalité, enquêter et la combattre. Ce, grâce aux activités de répression utilisant les plateformes, les outils et les canaux d’Interpol, en étroite coopération avec Afripol.

« Lopération Cyber Surge a non seulement réuni pour la première fois de nombreux pays membres africains dans le cadre d’une opération unifiée de lutte contre la cybercriminalité, mais elle a également contribué à instaurer la confiance et à établir de précieuses relations de travail entre eux et avec d’autres partenaires. »

Coordonnée depuis le centre de commandement d’Interpol à Kigali, au Rwanda (photo), l’opération visait à éliminer les facteurs favorisant la cybercriminalité. Les premiers résultats sont prometteurs. Onze personnes ont été arrêtées, dont un suspect lié à l’abus d’enfants, et dix autres liés à des activités d’escroquerie et de fraude d’une valeur de 800 000 dollars, qui ont eu un impact sur les victimes dans le monde entier.

De leur côté, les autorités érythréennes ont démantelé un marché sur le Dark net qui vendait des outils de piratage et des composants de cybercriminalité en tant que service. De multiples cas d’escroquerie à la crypto-monnaie ont été résolus au Cameroun, dont un dont l’impact financier sur la victime est estimé à plus de 8 millions de F.CFA (plus de 12 000 euros).

La Tanzanie a récupéré plus de 150 000 $ d’argent des victimes dans des affaires de violation de données et de droits d’auteur.

Des mesures ont été prises contre plus de 200 000 éléments de cyber-infrastructures malveillantes qui facilitent la cybercriminalité en Afrique. Ces mesures comprennent le démantèlement et le nettoyage d’infrastructures malveillantes liées à l’activité sur les réseaux, comme le piratage de données (phishing) ou des arnaques de « brouteurs ».

Les pays participants ont pu améliorer leur propre cybersécurité nationale en corrigeant les vulnérabilités des réseaux, en nettoyant les sites Web gouvernementaux défigurés et en sécurisant les infrastructures critiques vulnérables, réduisant ainsi le risque d’attaques potentiellement catastrophiques.

 

Une collaboration fructueuse

Les enquêtes ont été façonnées par les renseignements fournis par les partenaires d’Interpol issus du secteur privé, comme British Telecom.

Les informations recueillies ont également contribué à l’élaboration de 28 rapports sur la cyberactiviste, qui mettent en évidence les différentes menaces et les différents types d’activités criminelles et indiquent les mesures recommandées aux autorités nationales.

Les enquêteurs participants ont travaillé dans leur pays d’origine en collaboration avec les équipes nationales d’intervention en cas d’urgence cybernétique, les fournisseurs d’accès à Internet et les fournisseurs d’hébergement, qui ont été informés de la vulnérabilité potentielle de leur infrastructure réseau dans leur juridiction.

Cette collaboration se révèle « très fructueuse », commente l’institution basée à Lyon (France) puisque 80 % des fournisseurs d’accès à Internet identifiés ont collaboré avec les forces de l’ordre pour atténuer les risques, identifier les faiblesses de leur infrastructure et informer leurs clients.

Parmi les pays participants, 18 ont reconnu des équipes d’intervention en cas d’urgence cybernétique, qui travaillent toutes activement avec les services répressifs et les FAI (Fournisseurs d’accès à l’Internet). Des accords ont été signés entre ces organisations pour formaliser les réponses futures.

Dark Web, attention danger

La coopération a été totale : une équipe de coordination Interpol présente sur le terrain à Kigali a offert un soutien en temps réel, tandis que les enquêteurs des pays participants ont utilisé la plateforme collaborative de l’agence pour les opérations de lutte contre la cybercriminalité. Plateforme sécurisée, destinée à s’informer mutuellement des progrès accomplis, échanger des renseignements et apporter un soutien.

L’« opération Cyber Surge a non seulement réuni pour la première fois de nombreux pays membres africains dans le cadre d’une opération unifiée de lutte contre la cybercriminalité, mais elle a également contribué à instaurer la confiance et à établir de précieuses relations de travail entre eux et avec d’autres partenaires », explique-t-on du côté d’Interpol.

Elle a été précédée d’une formation de deux semaines à Kigali, au Rwanda, qui portait sur les enquêtes en matière de cybercriminalité et de cryptomonnaie. Dispensée à 23 organismes chargés de l’application de la loi de 22 pays africains, la formation a doté les participants des connaissances et des compétences nécessaires à l’opération elle-même et leur permettra de prendre des mesures proactives et durables à l’avenir.

Une réunion de débriefing, qui s’est tenue à l’île Maurice fin novembre, a permis aux pays membres de partager leurs succès, de discuter des défis et d’identifier les domaines à améliorer.

L’opération Cyber Surge a également conduit à l’introduction de nouveaux protocoles législatifs et à la création d’une série de départements de lutte contre la cybercriminalité dans les pays membres, ce qui contribuera à réduire l’impact de la cybercriminalité et à protéger les communautés de la région.

@NA

 

 

Écrit par
Paule Fax

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *