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Société

Climat : une lente prise de conscience

Climat : une lente prise de conscience
  • Publiénovembre 11, 2022

Les Africains semblent de plus en plus préoccupés par les effets des changements climatiques, souligne une série d’enquêtes pays d’Afrobarometer. Pourtant, la prise de conscience ne progresse que lentement. Beaucoup de citoyens attendent une action plus forte de leur gouvernement.

 

Une série de cartes pays publiées par Afrobarometer sur les changements climatiques résume les perspectives des Africains sur la crise climatique et leurs demandes urgentes pour limiter les effets du changement climatique.

Publiées en prélude de la COP27 de 2022 qui se déroule en Égypte, les cartes pays donnent un aperçu de la prise de conscience des Africains face aux changements climatiques, de leurs expériences face à la détérioration des conditions météorologiques et de leurs attentes en matière de réponse à la crise.

Les cartes sont disponibles pour vingt pays africains interrogés par le spécialiste des enquêtes d’opinion en Afrique ; Afrobarometer devrait compléter ces données dans les semaines à venir. L’institut achève son neuvième « round » d’enquêtes, le premier datant de 1999.

Si le gouvernement doit faire « beaucoup plus », pour 80% des Camerounais sensibilisés aux questions climatiques, il en est de même pour les pays développés, les entreprises commerciales et industrielles.

Les cartes montrent qu’un nombre important de citoyens connaissent une aggravation des sécheresses et des inondations. Alors que la maitrise des questions liées aux changements climatiques varie considérablement à travers le continent, une majorité de ceux qui en ont entendu parler disent que les changements climatiques ont un impact négatif sur vie. La plupart souhaitent que leurs gouvernements prennent des mesures immédiates pour faire face à la crise, même si cela a un coût élevé. Peu de citoyens sont satisfaits des efforts déployés à ce jour par les gouvernements, les entreprises, industries, les pays développés et les citoyens ordinaires dans la lutte contre les changements climatiques. La plupart des citoyens exigent « beaucoup plus » de ces parties prenantes.

Quelques résultats se dégagent. La majorité dans huit des vingt pays sondés signale que les sécheresses se sont aggravées au cours de la dernière décennie. De forte majorité de citoyens constatent une aggravation de la sécheresse à Madagascar (86%), au Niger (72%) et en Tunisie (69%). Les Basotho d’Afrique du Sud (73%), les Mauriciens (68%) et les Nigériens (64%) sont les plus préoccupés par l’aggravation des inondations.

En moyenne, seule la moitié des citoyens sont conscients des changements climatiques. La prise de conscience atteint 74% au Malawi, 73% à Maurice et 70% au Gabon, alors que seuls 22% sont conscients des changements climatiques.

 

Le gouvernement doit faire beaucoup plus

Parmi ceux qui sont au courant des changements climatiques, la plupart expriment que ces derniers aggravent leur vie. Cette perception est particulièrement répandue à Madagascar (91%), au Lesotho (88%), à Maurice (86%), au Malawi (86%) et au Bénin (85%). La majorité des personnes interrogées veulent que leur gouvernement agisse maintenant pour limiter les changements climatiques, même si cela coûte cher, entraîne des pertes d’emplois ou pèse sur l’économie. Dans huit pays, 80% ou plus des citoyens sensibilisés aux changements climatiques partagent ce point de vue.

La plupart des citoyens ne sont pas satisfaits des efforts fournis par les diverses parties prenantes dans la lutte contre les changements climatiques et ses effets. Ils exigent « beaucoup plus » de leurs gouvernements, des entreprises et industries, des pays développés et des citoyens ordinaires.

Par exemple, 73% des Camerounais sensibilisés par ces questions considèrent que leur gouvernement doit agir pour limiter les changements climatiques, même si cela coûte cher. Si le gouvernement doit faire « beaucoup plus », pour 80% d’entre eux, il en est de même pour les pays développés, les entreprises commerciales et industrielles. Et, dans une moindre mesure (53%) pour les citoyens. Les citoyens camerounais sont 77% à considérer que les changements climatiques rendent la vie « pire » ; ils n’étaient que 67% dans une enquête analogue de 2018.

Des résultats très voisins en Côte d’Ivoire, dont les citoyens au fait de ces problèmes, estiment, à 80%, qu’ils peuvent eux-mêmes agir pour limiter les changements climatiques, voire, à 56%, qu’ils pourraient en faire « beaucoup plus ». Pourtant, s’étonne Afrobarometer, la prise de conscience est encore lente, en Côte d’Ivoire, seuls 44% des habitants ont « entendu parler » des changements climatiques, dans un pays affecté par la sécheresse ou les inondations, et des menaces sur le reboisement ou l’industrie du cacao.

Toutes les cartes sont accessibles sur le site d’Afrobarometer sous l’onglet cartes pays sur les changements climatiques.

@NA

 

Écrit par
Aude Darc

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