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Société

Cent millions de migrants dans le monde, calcule le HCR

Cent millions de migrants dans le monde, calcule le HCR
  • Publiédécembre 30, 2022

En 2022, les flambées de violence et les conflits prolongés ont été des facteurs migratoires déterminants dans de nombreux pays, notamment en Ukraine, en Syrie, au Myanmar. Et, sur le continent, en Éthiopie et au Burkina Faso. Tardivement, la communauté internationale réagit.

 

« Un record qui n’aurait jamais dû exister. » Ainsi Filippo Grandi, responsable du HCR (agence des Nations unies pour les réfugiés), commente-t-il le chiffre de 100 millions de réfugiés dans le monde. Chiffre qui inclut les personnes fuyant les conflits, la violence, les violations des droits de l’homme et les persécutions. 

Ce chiffre est en hausse par rapport aux quelque 90 millions de 2021. Les flambées de violence et les conflits prolongés ont été des facteurs migratoires déterminants dans de nombreuses régions du monde, notamment en Ukraine, en Éthiopie, au Burkina Faso, en Syrie et au Myanmar. 

Des milliers de migrants se sont dirigés principalement vers l’Europe, confiant leur vie à des trafiquants d’êtres humains, et entreprenant des voyages périlleux à travers la Méditerranée. Trop souvent, ces voyages s’achèvent tragiquement, rappelle le HCR. 

En décembre, la communauté internationale a promis quelque 1,13 milliard de dollars, un montant record, pour apporter un soutien aux personnes déplacées par la guerre, la violence et les violations des droits de l’homme. 

Voilà maintenant plus de sept ans qu’un long conflit  a commencé au Yémen, entre une coalition pro-gouvernementale soutenue par l’Arabie saoudite et les rebelles houthis, ainsi que leurs alliés, provoquant une catastrophe humanitaire et contraignant plus de 4,3 millions de personnes à quitter leur foyer. 

« La situation s’aggrave également pour les migrants au Yémen, en particulier les femmes, qui vivent dans des conditions désastreuses  avec peu de contrôle sur leur destin », s’alarme Christa Rottensteiner, chef de la mission de l’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, dans le pays. 

Malgré la situation du Yémen, ce pays reste une destination et un point de transit pour les migrants en provenance de la Corne de l’Afrique. À leur arrivée, les voyageurs sont confrontés à des voyages périlleux, beaucoup se dirigeant vers le nord et les pays du Golfe à la recherche de travail. Ils sont souvent contraints de traverser les lignes de front locales, au risque de subir de graves violations des droits humains.

D’autres pays connaissent le même sort, comme la Syrie, où la guerre bouleverse la vie des populations depuis maintenant onze ans.

 

Crise au Burkina Faso

Fin novembre 2022, le HCR alertait des besoins humanitaires croissants des personnes déplacées au Burkina Faso, qui pourraient entraîner une augmentation du nombre de réfugiés fuyant le pays. Alors que la violence contre les civils et les conflits intercommunautaires se poursuivent, près de 50 000 réfugiés ont fui vers le Niger, le Mali et, plus au sud, vers les pays côtiers que sont le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Ghana, au cours des deux dernières années.

 

Avec un total de 1,76 million de personnes déplacées recensées, le Burkina Faso connaît l’une des crises de déplacement forcé à la croissance la plus rapide au monde, marquée par la violence, la pauvreté, les pénuries alimentaires et les effets grandissants du changement climatique.

En Éthiopie, des millions de personnes restent déplacées en raison du conflit armé dans la région du Tigré, qui a débuté le 3 novembre 2020 entre, d’un côté, les forces nationales éthiopiennes, les troupes érythréennes, les forces amhara et d’autres milices, de l’autre les forces loyales au Front de libération du peuple tigréen. 

Des réfugiés érythréens de la région d'Afar, en Éthiopie, reçoivent une aide d'urgence. Image source: HCR/Laurence Bron
Des réfugiés érythréens de la région d’Afar, en Éthiopie, reçoivent une aide d’urgence. Photo : HCR/Laurence Bron.

 

À la fin de l’année, une trêve fragile négociée par la communauté internationale semblait se maintenir, alors que l’aide parvenait à nouveau aux régions du nord assiégées et inaccessibles depuis des mois, et que de nombreuses familles rentraient chez eux  reconstruire leur existence. 

En janvier 2022, déjà, l’agence des Nations unies pour les réfugiés, dans une sévère mise en garde, déclarait que vu la détérioration des conditions, les réfugiés de la région, à court de nourriture, de médicaments et d’eau potable,  risquaient la mort si rien n’était fait pour améliorer leur situation. 

 

Lueur d’espoir

Les réfugiés ont également subi des attaques directes : en février, par exemple, des milliers d’Érythréens ont été contraints de fuir un camp dans la région Afar, après que des hommes armés y ont fait irruption, volant des biens et tuant des habitants. 

En août, les agences des Nations unies ont lancé un appel de fonds urgent pour secourir plus de 750 000 personnes cherchant refuge en Éthiopie. Le Programme alimentaire mondial a averti que, s’il ne recevait pas ce financement, de nombreux réfugiés n’auraient plus rien pour se nourrir. 

Dans le même temps, le nombre de personnes décédées ou disparues en tentant de rejoindre l’Europe par bateau a doublé entre 2022 et 2021, pour atteindre plus de 3 000, selon les statistiques  publiées par le HCR en avril. 

Au milieu de la tragédie et des difficultés que rencontrent  tant de personnes, une lueur d’espoir est apparue en décembre quand le HCR a annoncé que la communauté internationale avait promis quelque 1,13 milliard de dollars, un montant record, pour apporter un soutien aux personnes déplacées par la guerre, la violence et les violations des droits de l’homme. 

Des déplacés internes burkinabés sont formés par des maçons pour construire des habitations adaptées au climat en utilisant des matériaux locaux à Kaya, au Burkina Faso.   Photo : HCR/Anne Mimault
Des déplacés internes burkinabés sont formés par des maçons pour construire des habitations adaptées au climat en utilisant des matériaux locaux à Kaya, au Burkina Faso. Photo : HCR/Anne Mimault

@NA

Écrit par
Aude Darc

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