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Société

Cameroun : Pour une nouvelle cohésion sociale

Un nouveau cercle de réflexion a émergé au Cameroun, The Okwelians. Un peu endormi jusqu’à la fin de l’été, il se montre depuis, actif sur les réseaux sociaux, souhaitant recueillir les avis de la société civile et des entrepreneurs du pays.

Par Aude Darc

En langue duala, okwele signifie apprendre. De ce verbe, quelque 125 Camerounaises et Camerounais, essentiellement des dirigeants d’entreprise, répartis sur quatre continents, avaient créé, début 2020, un cercle de réflexion baptisé « The Okwelians ».

Leur initiative vise à « contribuer décisivement à la transformation du Cameroun », apprend-on dans une étude publiée récemment, qui tient autant de l’enquête d’opinion que de la boîte à outils.

Le dernier mot à Jacques Jonathan Nyemb, avocat d’affaires et président de The Okwelians. « Seul un changement de paradigme, vers une société participative, collaborative et inclusive permettra de rompre avec ce cycle de crises et de mettre enfin la résilience des Camerounais non plus au service de la survie et de la subsistance, mais au service de notre humanité et de notre bien-être. »

L’étude fait ressortir la nécessité de replacer le dialogue actif et la concertation inclusive au cœur du débat public. Les dirigeants interrogés regrettent une gouvernance publique « en panne », dans un pays pourtant dynamique, à l’économie qui ne manque pas d’atouts.

Dans cette perspective, les panelistes recommandent une dizaine d’actes précis, qui vont de la tenue d’états généraux de l’éducation, de la santé et de la culture, à la définition d’une stratégie nationale concertée de recherche et d’innovations.

Les dirigeants camerounais jugent indispensable l’opérationnalisation du Conseil économique et social, pour l’heure à l’état de projet. Des états généraux de l’entreprise seraient de nature à inaugurer un cadre de concertation permanent entre l’État et le secteur privé.

Ce dialogue privé public est au cœur des préoccupations des dirigeants camerounais. Qui estiment indispensables des instruments de gouvernance nouveaux, comme un Conseil des organisations de la société civile, directement rattaché à la Présidence de la République.

Le Cameroun ne manque pas de réactivité. À l’occasion de la pandémie de la Covid-19, « notre appareil productif a révélé une certaine capacité d’adaptation », soulignent les Okwelians. En effet, les Camerounais ont vite bénéficié des produits (gels hydroalcooliques, seaux, masques, etc.) nécessaires au combat contre la propagation du coronavirus.

S’emparer des nouvelles technologies

Pour autant, la recherche mériterait « une redynamisation », tant du côté des chercheurs avec des recherches innovantes que de l’État à travers des investissements massifs. Un accent particulier doit être mis sur la recherche dans le secteur de la santé.

De même, soulignent les auteurs, « la crise a également mis en lumière la capacité des Camerounaises et Camerounais à s’approprier les nouvelles technologies pour maintenir le lien social et s’en servir pour poursuivre leurs activités ». C’est notamment le cas du e-learning appelé à se répandre dans l’enseignement. « Cette expérience devrait être étendue à d’autres domaines tels que la santé (télé-médecine) et l’agriculture ( drones) pour accroître la productivité. »

 Reste à promouvoir le Made in Cameroun, pour une économie toujours en quête d’exportations. Cette initiative est du ressort de l’État stratège, mais le secteur privé a quelques idées sur la question.

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