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Société

Aux conflits identitaires, opposer le vivre ensemble

Face aux clivages politico-sociaux et aux conflits identitaires, les ouvrages La trahison des dieux de Moustapha Ben Ismaïla Diaby et Vous faites quoi dans la vie ?, de Brigide Moreau sont un cri de cœur qui rappelle celui de martin Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ». 

Par Serges David

L’écrivain ivoirien Moustapha Ben Ismaïla Diaby est à son quatrième livre avec La trahison des dieux. Ce roman est sans doute un condensé de tout sauf un élan timoré.

La trahison des dieux de Moustapha Ben Ismaïla Diaby  

De fait, l’auteur sort de son confort, de sa peur de prendre des coups, à l’image d’Albert Londres, pour ne pas « faire plaisir », ne pas « faire du tort », mais pour « porter la plume dans la plaie ». La plaie ! Le mot est sans tabou.

La trahison des dieux n’échappe donc pas au lancinant problème de la lutte des classes. D’un côté, le récit pointe le quotidien du monde des palais avec ses oripeaux et ses oriflammes, un milieu décidé à ne guère partager ses acquis et tandis que de l’autre côté, existent les gueux, les ronces, les orties, les sans culottes et les sans dents

Ismaïla Diaby engage son roman dans une volonté de clouer au pilori les atermoiements, les écarts et les dérapages des satrapes locaux imbus de leur pouvoir.

Au fil des pages, on découvre horrifiés, dégoutés de ce que homo homini lupus c’est-à-dire comment l’Homme est un loup pour l’Homme, lorsque Moustapha Ben Ismaïla Diaby parvient par la force de sa plume à établir et dénoncer la stratification de la société ; stratification pensée et structurée par des bourgeois pour qui le petit peuple ne peut et ne doit prospérer que dans la fange et la boue.

La trahison des dieux n’échappe donc pas au lancinant problème de la lutte des classes. D’un côté, le récit pointe le quotidien du monde des palais avec ses oripeaux et ses oriflammes, un milieu décidé à ne guère partager ses acquis et tandis que de l’autre côté, existent les gueux, les ronces, les orties, les sans culottes et les sans dents « abandonnés » « à la misère » propre au bas peuple.

Mais les 134 pages de La trahison des dieux (édition Harmattan avril 2019, 14 euros) prennent tout leur sens, lorsque l’écrivain, en dépit du visible si désespérant, parvient toutefois à décrire l’extrême ingéniosité des pauvres populations mise en œuvre pour vivre et survivre dans un monde ennemi et indifférent.

La trahison des dieux

Cette ode critique traduit aussi dans la sphère culturelle de Ismaïla Diaby, la quête d’un bien-être et d’un mieux-être malgré les vicissitudes existentielles, ce qui donne de la profondeur au « vivre ensemble » ; car finalement toute existence n’est que éphémère d’où l’incompréhension de son méchant et vaniteux caractère.    

Vous faites quoi dans la vie de Brigitte Moreau

Le récit de l’auteure Brigitte Moreau est certes un singulier. Mais un singulier pluralisant, car riche de plusieurs séquences de vie. Edité par les éditions Harmattan, Vous faites quoi dans la vie, (avril 2019, 13,50 euros), est une compilation de dix-huit actes d’existence.

Dix-huit situations individuelles qui renseignent de la nature humaine et de l’immensité de la plume de Brigitte Moreau. Le prétexte : 18 professions, qui d’apparence s’ignorent.

C’est cette magistrale alchimie que réussit Brigitte Moreau dans son cinquième roman. Jouant à perfection sur le vivre ensemble, elle tente de démonter, tout au moins d’expliquer, qu’un monde est fatalement appelé à disparaître s’il se replie sur lui-même et vit en autarcie.

Sauf qu’à travers Brigitte Moreau, le lecteur – par le truchement des occurrences – est porté à l’attachant « éboueur amoureux », à l’étrange « écrivain hanté par ses personnages », à l’affable « traductrice solitaire », au docile « employé sans domicile », bref à des existences qui, en grattant la paille des mots, se rencontrent, s’imbriquent, donnent de la cohérence d’ensemble non seulement au style narratif et aux histoires narrées, mais aussi au fait que le monde n’est pas un endroit où l’isolationnisme hisse le drapeau de la victoire ; mais bien plus, une terre où lorsque le glas sonne pour l’un, il sonne pour l’autre.

C’est cette magistrale alchimie que réussit Brigitte Moreau dans son cinquième roman. Jouant à perfection sur le vivre ensemble, elle tente de démonter, tout au moins d’expliquer, qu’un monde est fatalement appelé à disparaître s’il se replie sur lui-même et vit en autarcie. Bien mieux, l’écrivaine française montre à travers les 18 « cas » que l’existence est finalement plus belle que grâce à la diversité de ses couleurs comme celle d’un tapis. A une seule condition : Qu’elle réinvente un modèle social.

Une prise de position qui entre en écho et en résistance à la tonalité ambiante et actuelle qui voudrait catégoriser les humains.

Vous faites quoi dans la vie ?

« Ces nouvelles contemporaines (…) rappellent, de manière grave ou légère, les défis auxquels » est confronté « le monde moderne : la pauvreté, l’amour, le désamour, les inégalités, l’espoir, la solidarité… ». Un mot sur Vous faites quoi dans la vie ? Une œuvre juste remarquable de ses 118 pages et 18 histoires.

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