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Société

Antoinette Tchibota Sassou-Nguesso en lutte contre le paludisme

Pour beaucoup de femmes, la grossesse est une période de bonheur – mais elle amène aussi son lot de nouvelles préoccupations. Et la première priorité de toute mère enceinte est la santé de son bébé. Or, en Afrique, l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur la grossesse est très répandue : le paludisme.

Par Antoinette Tchibota Sassou-Nguesso*

Plus d’un tiers des mères en Afrique subsaharienne risquent de graves complications liées au paludisme, elles sont plus susceptibles d’être malades ou de souffrir d’anémie grave. Si une femme enceinte est infectée, son bébé court un risque plus élevé d’accouchement prématuré, d’insuffisance pondérale à la naissance et de retard de développement.

« Il faut tout un village – et tout un continent – pour assurer la prévention du paludisme pendant la grossesse », dixit son excellence Madame Antoinette Tchibota Sassou-Nguesso, Première Dame de la République du Congo et Présidente de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le développement (OAFLAD).

Et malheureusement, de nombreuses mères et leurs bébés ne survivent pas : en 2019, 12 millions de femmes enceintes dans 33 pays d’Afrique ont été infectées par le paludisme, causant plus de 164 000 fausses couches, 100 000 décès de nouveau-nés et 10 000 décès maternels[1].

Pourtant nous pouvons nous protéger et protéger nos communautés de ce fléau et empêcher ces tragédies ! Dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide tous les soirs est une première étape simple – et chaque femme a droit à une moustiquaire imprégnée d’insecticide gratuite (ITN) lors de sa visite prénatale.

Le traitement préventif intermittent contre le paludisme pendant la grossesse (TPIp) à base de sulfadoxine-pyriméthamine (SP) est un médicament préventif qui aide le corps à se débarrasser des parasites du paludisme. Ce médicament améliore les résultats en matière de santé maternelle et néonatale, seulement 3 doses permettent de réduire le taux de mortalité néonatale d’au moins 20 %[2].

En 2015, les gouvernements africains ont été appelés à élargir cette stratégie et ils ont relevé le défi. Présentement, trente-huit pays du continent ont adopté la politique de l’Organisation mondiale de la santé consistant à fournir au moins trois doses aux femmes enceintes. En conséquence, le pourcentage de femmes enceintes recevant la dose recommandée de ce médicament vital est passé de 2 % à plus de 30 %. 

Hélas, plus des deux tiers des femmes éligibles en Afrique subsaharienne ne reçoivent toujours pas le traitement TPIp-SP complet. Cette situation est inacceptable. Nous avons encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir protéger toutes les femmes enceintes et faire en sorte qu’aucune femme ou bébé ne soit laissé pour compte.

Nous devons veiller à ce que les gouvernements garantissent l’approvisionnement en SP de qualité dans les établissements de santé. Les responsables des districts et des communautés, la société civile et les professionnels de la santé doivent également jouer un rôle plus important en encourageant toutes les femmes enceintes à commencer tôt les consultations prénatales et à utiliser les moustiquaires qu’elles reçoivent.

Antoinette Sassou Nguesso et son époux le président Denis Sassou Nguesso

Repenser la façon dont les centres de santé fournissent ces services essentiels doit être au cœur de nos efforts. Le coût d’une visite prénatale reste un obstacle majeur à l’accès aux soins pour les femmes enceintes. En réduisant ou en supprimant les frais pour les visites médicales ou les médicaments, les centres de santé pourraient élargir considérablement cet accès aux soins pendant la grossesse, notamment en ce qui concerne le TPIp-SP.

Le personnel chargé des soins prénataux doit également être formé et soutenu pour fournir des soins de haute qualité et respectueux des patients. Cela inclut par exemple les bonnes pratiques cliniques, le suivi psychologique, ainsi que la mise à disposition de compléments alimentaires, de moustiquaires imprégnées d’insecticide et de TPIp-SP. C’est ainsi que les femmes pourront accéder à des services de santé essentiels et, qui plus est, elles sauront qu’elles doivent rechercher des soins de qualité dès le début et tout au long de leur grossesse.

La communauté dans son ensemble, y compris les organisations de la société civile et les autorités locales, doit faire en sorte de protéger les femmes et les enfants de la région, et veiller à ce qu’ils reçoivent des soins respectueux, indépendamment de leur statut marital ou de leur âge.

Lorsque les femmes ne sont pas traitées avec respect dans les cliniques prénatales, elles ne reviennent pas. Les familles peuvent également participer aux initiatives de suivi communautaire en partageant leurs expériences pour aider à concevoir et à fournir des services qui fonctionnent pour elles et leur communauté locale.

La pandémie de COVID-19 a menacé les progrès réalisés contre le paludisme pendant la grossesse. Le Rapport mondial sur le paludisme de l’OMS a récemment révélé que la couverture d’au moins trois doses de TPIp a reculé de 34 % à 32 % l’année dernière.

En 2020, les diagnostics de paludisme ont diminué de 4,3 % selon le Fonds mondial et l’OMS indique que le nombre de femmes se rendant au moins une fois dans un centre de soins prénatals pendant leur grossesse est passé de 82 % à 74 % dans les pays touchés par le paludisme. Les craintes des femmes d’être exposées au coronavirus ont certainement contribué à cette baisse des visites dans les établissements de santé.

Pour autant, les risques du paludisme non-identifié et non-traité pendant la grossesse sont tout aussi graves que ceux de la COVID. Par conséquent, les femmes doivent continuer à se faire soigner en toute sécurité, conformément aux directives locales, afin de bénéficier d’un ensemble complet de services permettant de prévenir efficacement le paludisme pendant la grossesse.

L’appel à l’action « Accélérerez la mise en œuvre du TPIp » du Partenariat RBM mobilise d’ores et déjà les états, les partenaires, les chercheurs et les communautés pour qu’ils s’engagent à offrir à toutes les femmes enceintes des régions où le paludisme est endémique au moins trois doses de TPIp-SP, en plus de garantir la disponibilité et l’utilisation des autres méthodes recommandées de prévention et de traitement du paludisme.

À partir d’aujourd’hui, vous pouvez également jouer votre rôle en signant notre lettre ouverte aux dirigeants mondiaux et nationaux, les exhortant à prendre les bonnes décisions pour que toutes les femmes enceintes éligibles puissent bénéficier de ce médicament qui sauve des vies. 

Antoinette Sassou (D) Nguesso et Brigitte Macron (G)

06Les gouvernements ont fait des progrès remarquables pour fournir un traitement préventif contre le paludisme aux femmes enceintes. Mais nous avons encore tous du travail à faire. La réduction de la charge du paludisme et l’amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants sur le continent ne peuvent être obtenues que si tout le monde, à tous les niveaux de la société, y contribue.

Ce n’est qu’alors que nous pourrons mettre fin une fois pour toutes aux effets dévastateurs du paludisme pendant la grossesse. 

Le moustique vecteur du paludisme

Les lecteurs peuvent signer la lettre ouverte pour inciter les dirigeants mondiaux à accélérer la mise à l’échelle du TPIp sur le site du Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme.

*Son excellence Madame Antoinette Tchibota Sassou-Nguesso, Première Dame de la République du Congo et Présidente de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le développement (OAFLAD)

[1] UNICEF, WHO, World Bank Group and United Nations. Levels and Trends in Child Mortality. September 2020.

[2] Saito M, Briand V et al. Deleterious effects of malaria in pregnancy on the developing foetus: a review on prevention and treatment with antimalarial drugs. Lancet Child and Adolescent Health. Volume 4, ISSUE 10, P761-774, October 01, 2020.

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