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Société

Algérie, politique et famille

Des solidarités intergénérationnelles

Une situation qui éclaire aussi sur l’état des solidarités, fondamentales dans les sociétés musulmanes. La cohabitation sous la forme du maintien dans le logement des enfants, voire des enfants mariés et parents, par exemple, s’opère le plus souvent sans contrepartie financière. Un enfant quitte le domicile familial, après la naissance d’un premier enfant ou lorsqu’il se marie.

Étant donné le recul de l’âge du mariage, la cohabitation parents-enfants est de plus en plus longue. Mais la vie en ville a mis à mal le modèle de la grande famille qui vit dans une grande maison, sur un grand terrain, selon la règle de l’indivision de la propriété familiale. Kamel Boucherf, enseignant-chercheur en sociologie, dont les recherches ont porté sur la parenté, note que de nos jours « la famille conjugale ou nucléaire est dominante : 88,6 % des familles enquêtées ne comptent qu’un seul noyau constitué des parents et des enfants. Cet éclatement de la grande famille coïncide avec une séparation spatiale des noyaux familiaux qui, dans les grandes villes, favorise l’individualisme familial. Résultat : les échanges de solidarité sont de plus en plus verticaux, consanguins et polarisés sur la femme ».

Concrètement, cela signifie par exemple qu’un couple prend financièrement en charge les dépenses de ses enfants, de ses parents mais pas celles des frères et soeurs. Dans l’enceinte de la famille élargie, le don est beaucoup plus le fait des ascendants alors que l’acte d’emprunt se pratique plutôt avec les collatéraux. Rachida Milles, démographe, précise qu’au calque des changements induits par la vie dans les grandes villes, il faut ajouter celui des mutations dans le cycle de vie (espérance de vie, divorces, baisse de la fécondité), qui tendent à rendre les relations entre les générations moins simplement hiérarchisées.

« Les parents des années 1960 et 1950, en grande par-tie grands-parents maintenant, n’ont plus rien de commun avec leurs propres parents, ni dans leur mode de vie ni dans le mode relationnel avec leurs enfants et petits-enfants qui reçoivent une tout autre éduca-tion », relève la démographe qui a dégagé dans son analyse « une génération pivot ». Ses caractéristiques ? Elle a aujourd’hui entre 40 et 60 ans et subvient à la fois aux besoins de ses ascendants et de ses descendants, car elle est la seule à posséder logement et emploi.

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