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Société

Algérie, politique et famille

Algérie. Rendre compte des mutations rapides qui ont affecté la famille algérienne sur fond de crise économique et de fortes inégalités entre milieux sociaux : voilà l’objectif d’une étude inédite en Algérie qui fait voler en éclats les idées reçues et pose de nouveaux défis aux politiques.

Plus de 6 000 personnes sondées dans 120 familles et 12 villes du Nord : depuis les années 1970, l’Algérie n’avait pas connu d’étude sociologique de cette ampleur. À l’initiative du Centre de recherches en économie appliquée pour le développement (Cread), une équipe de chercheurs a sondé la base de la société algérienne : la famille. Parfois, les résultats confirment des tendances visibles à l’oeil nu : le départ des enfants du foyer essentiellement conditionné par le mariage, la scolarisation quasi-systématique des filles, la prévalence des relations sociales sur le marché du travail.

Néanmoins, les conclusions de l’enquête mettent en évidence, pour la première fois, des comportements moins patents. On apprend ainsi que 87 % des personnes âgées vivent avec leurs enfants, que dans les villes, les membres d’une même famille se rencontrent plutôt lors des fêtes religieuses (30 %) ou encore que les foyers regardent à 70 % des chaînes de télévision arabes. Enfin, cette étude passionnante remet aussi en cause de nombreuses idées reçues.

À commencer par l’image patriarcale que nous avons de la société algérienne, mise à mal par le rôle de plus en plus important des mères et des filles, mesurable entre autres à leur participa-tion au budget du foyer. L’entrée des femmes sur le marché du travail – elles ne représentent pourtant que 14 % de la population active – et le fait qu’elles perçoivent des gains ont renforcé leur position de négociation et transformé la prise de décision en matière de consommation : « 52,4 % des personnes que nous avons interrogées affirment que les décisions de dépense au quotidien sont prises par la femme, relève Amina Merah, statisticienne et chercheuse au Cread. L’analyse montre aussi que 24,5 % des femmes gèrent la totalité du revenu familial. Les situations de gestion de la totalité par le conjoint ne touchent que 8,6 % de notre échantillon».

Détail intéressant : les sources de revenus dans les familles proviennent essentiellement des apports de leurs membres avec des compléments d’aides de l’État qui restent marginaux. La source principale correspond à des revenus issus du secteur public, puis des revenus du secteur privé avant les pensions de retraite, les allocations-chômage et les pensions d’ancien combattant.

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