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Société

Afrique: L’institut Montaigne prend position

  • Publiénovembre 27, 2017

Les auteurs plaident pour une « Europe de l’investissement en Afrique », appelant à une stratégie « claire, renou­velée et coordonnée des politiques euro­péennes en Afrique » reposant sur le couple franco-allemand, en redéfinis­sant « les objectifs de développement post- Cotonou, en coordination avec les pouvoirs publics africains », insistant sur la néces­sité d’associer le secteur privé.

En conclusion, l’Institut Montaigne explique que « les trans­formations à l’oeuvre […] dessinent une Afrique en mutation rapide, de plus en plus éloignée des images d’Épinal des nos­talgiques du xxe siècle ». Cette situation nouvelle requiert des solutions adap­tées. C’est la raison pour laquelle les auteurs veulent promouvoir le « discours de restart » de la France, afin de libérer les entreprises « d’une charge historique et politique qui handicape leur dévelop­pement sur le continent ».

ENCADRE

Dalila Berritane, rapporteur de l’étude de l’Institut Montaigne

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en enquêtant pour ce rapport ?

Comme vous le savez, je travaille avec l’Afrique et pour l’Afrique depuis plus de vingt ans. J’ai donc observé de près les transformations du continent africain. Je n’ai pas été surprise au sens où on l’entend. Ce qui est certain, c’est que les chefs d’entreprise et les institutionnels auditionnés ont pris la mesure des différents changements. Ont-ils opéré les transformations dans leurs organisations pour accompagner ces changements ? Le processus est en cours mais il est loin d’être achevé et il faut probablement aller plus vite et plus loin pour redéfinir une relation décomplexée avec le continent africain, ce que nous avons appelé à l’Institut Montaigne, le discours de « restart ». Il ne s’agit pas seulement de relations économiques mais aussi politiques et culturelles.

L’Afrique de 2017 est demandeuse de transfert de savoir-faire, de compétences et d’expertise. La France est-elle en mesure de satisfaire cette exigence ?

C’est avant tout aux Africains de définir précisément leurs besoins et leurs exigences. Que la France ou plutôt les entreprises et les institutions françaises puissent répondre à certains d’entre eux, c’est déjà ce qui se passe dans un monde globalisé. Une multitude d’acteurs économiques, notamment venus du Sud, opèrent en Afrique. C’est une bonne chose. Mais c’est avant tout aux Africains de définir le type de société qu’ils souhaitent pour pouvoir peser dans leurs relations politiques et économiques avec leurs partenaires.

La question qui obsède une certaine partie de l’élite africaine : la FrançAfrique subsiste-t-elle, même sous d’autres formes ?

Je ne suis pas certaine que cette question obsède, comme vous le dîtes, l’élite africaine des 54 pays du continent ! Ce que j’observe, c’est que les jeunes générations africaines et européennes n’ont pas cette approche. Non pas qu’elles soient naïves, mais elles sont mues par des valeurs de pair à pair, qui contournent les intermédiaires. Cette attitude nouvelle va durablement transformer l’Afrique. Nous ne sommes qu’au début d’un processus qui correspond au sens de l’histoire.

Propos recueillis par Guillaume Weill-Raynal

Écrit par
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