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Société

Abdelaziz Dahmani en lui-même

Un « roman biographique » signé Monya Zwawi retrace l’itinéraire et la carrière du journaliste tunisien Abdelaziz Dahmani. Un roman… d’aventures vraies.

Daziz l’incroyable. On ne pou- vait trouver de meilleur titre pour cette biographie qui retrace l’exceptionnel par-cours d’Abdelaziz Dahmani, célèbre journaliste tunisien, que rien ne prédestinait, au départ, à exercer ce métier, ni à y rencontrer un tel succès. Un parcours placé sous le signe de la débrouillardise, du fl air, de l’audace, voire du culot, et aussi, peut-être, de la chance.

Né en 1934 à Tunis d’un père offi cier à la cour du Bey Moncef et d’une mère d’origine turque, « cousine d’un célèbre prestidigitateur tunisien », le jeune Abdelaziz est renvoyé du lycée alors qu’il n’a que quinze ans, à la suite d’un incident disciplinaire dérisoire… qui va déterminer le reste de sa vie. Car ses parents l’envoient en France, dans un village des Hautes-Alpes pour y poursuivre sa scolarité. Il sèche les cours – et brave les routes enneigées – pour aller à la rencontre d’un de ses compatriotes exilés… Habib Bour-guiba, que les autorités françaises ont placé en résidence surveillée dans le village de Montgenèvre !

Et en compagnie de qui il passera plusieurs jours. Ses talents précoces de footballeur qui, déjà, l’ont rendu indispensable à l’équipe du lycée, lui permettent d’éviter la sanction que cette escapade buissonnière aurait dû lui coûter. En 1956, le bac en poche, Daziz revient à Tunis et intègre le Club Africain, sous les couleurs duquel il dispute la fi nale de la Coupe de Tunisie. Le président Bourguiba le reconnaît et l’interpelle : « Poursuis-tu tes études ? » Un conseil qu’il s’empresse de suivre : retour en France, où il espère par ailleurs subvenir à ses besoins grâce au football.

Un espoir partiellement comblé, mais… par le biais de l’écrit. France-Soir lui propose de remplacer au pied levé un journaliste sportif absent. Son premier article écrit sur une table de café sera suivi d’un autre, puis d’un autre. Une collaboration qui durera douze ans.

Le génie de la situation

Au début des années 1970, il entre au sein de la rédaction du quotidien tunisien La Presse tout en collaborant à divers titres étrangers. Il touche à tout, à la politique et, même au dessin de presse ! Ses talents de caricaturiste lui ouvrent les portes de Jeune Afrique où il fera une carrière étincelante. Son instinct le conduit toujours là où l’évé- nement se produit. Son adresse lui ouvre toutes les portes.

Comme par magie, les gens se confient à lui. Ce qu’on appelle le « génie de situation » : cet art inné de s’adapter aux situations et d’en tirer avantage au point d’en faire un viatique. Il rencontre François Mitterrand dans les années 1970, en Mauritanie. Accrédité à l’Élysée, il a accompagné le président français dans nombre de ses voyages offi ciels. Et sillonne avec lui le continent afri- cain, dont il connaît la plupart des dirigeants. Il a rencontré Balladur, Chirac, Sarkozy. Et aussi Mandela, Nixon et Khomeiny. Et Kroutchev et Kadhafi et Sékou Touré et Idi Amine Dada. Et Cassius Clay et Zatopek.

Et Oum Kalthoum… « Ce livre n’est pas une biographie classique », prévient Monya Zwawi – « Mounyz » – son auteure, dès les premières pages. Plutôt une série d’anecdotes, contées par l’intéressé, à travers lesquelles pointe une interrogation permanente sur ce qui, dans un parcours aussi atypique, relève du talent ou de la « bonne étoile »… Des anecdotes sou- vent « incroyables », comme le souligne le titre du livre. Même si, rapporte Monya Zwawi, une phrase revient sou-vent dans le discours de Daziz : « C’est incroyable, et pourtant, c’est vrai». 

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