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Société

À Conakry, l’accès à l’eau potable transforme les vies

À Conakry, l’accès à l’eau potable transforme les vies
  • Publiémai 9, 2024

La capitale de la Guinée bénéficie progressivement d’un vaste plan, lancé en 2018, visant à améliorer l’accès des populations à une eau de qualité. Les premiers résultats sont palpables.

 

Plus de 30 000 personnes ont bénéficié d’une amélioration des services d’eau potable dans le Grand Conakry à la suite d’investissements majeurs réalisés dans le cadre du Projet urbain d’eau de Guinée (PUEG).l Avec plus de 12 000 compteurs installés, les clients peuvent désormais mieux gérer leur consommation d’eau et bénéficier d’une meilleure prestation de services. Dans le cadre du projet, 650 ouvriers et superviseurs ont bénéficié d’un renforcement de leurs capacités afin d’améliorer leurs compétences techniques, opérationnelles et commerciales.

« En posant de nouvelles conduites, nous avons éliminé une grande partie des fuites importantes et amélioré l’approvisionnement en eau de ces zones. Mieux encore, la qualité de l’eau qui arrive dans ces maisons est également meilleure. » 

Chaque matin, à l’aube, Sig Madina, un quartier ouvrier, se réveille au son des vendeurs qui proposent des bidons d’eau dans leurs chariots pour 2 000 à 5 000 francs guinéens (22 à 54 centimes d’euros), en fonction de la taille du bidon. Aujourd’hui, les habitants de Sig Madina ont accès à l’eau potable dont ils ont besoin pour leur survie quotidienne.

Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Voici quelques années à peine, il était difficile de trouver de l’eau à Sig Madina. Les ménages se battaient pour acheter le strict minimum aux vendeurs. Chaque jour, Makalé Cissé, mère de cinq enfants, ne pouvait acheter que vingt bidons de 20 litres pour laver, cuisiner et boire, ce qui lui coûtait l’équivalent de 60 dollars par mois, soit environ 20 % de son budget mensuel.

Lorsque les fonds venaient à manquer, Makalé Cissé et ses filles marchaient deux kilomètres, bidons sur la tête, pour aller chercher de l’eau à la borne-fontaine publique la plus proche. Se lever tôt était alors la seule solution.

Elle se souvient : « Non seulement la distance à parcourir était longue, mais la qualité de l’eau n’était même pas suffisante. Mes enfants tombaient souvent malades ; de plus, le fait de devoir aller chercher de l’eau affectait les résultats scolaires de ma fille. »

 

« Une fois que nous avons de l’eau, nous avons la vie »

Sa fille aînée, Aïssatou, a échoué deux fois au baccalauréat. Elle explique ce qui s’est passé : « Je partais souvent en retard à l’école et je n’avais pas le temps de réviser mes cours. Je n’avais pas le choix, je devais aider ma mère. »

À l’instar des familles de Sig Madina, de nombreux autres ménages de Conakry et de sa banlieue ont eu les mêmes difficultés à obtenir l’eau potable dont ils avaient besoin, en raison de l’état de délabrement des conduites d’eau datant de l’époque coloniale.

Makalé Cisse entourée de ses filles.
Makalé Cisse entourée de ses filles.

 

Depuis que le branchement domestique a été effectué et que le compteur d’eau a été installé chez les Cissé il y a quelques mois, ils ont désormais un accès plus facile à l’eau potable. Madame Cissé s’amuse : « Une fois que nous avons de l’eau, nous avons la vie. »

Désormais, plus besoin de sortir du lit à l’aube pour attendre les vendeurs d’eau. Finies les longues randonnées pour faire le plein d’eau à la borne-fontaine. « Maintenant que je n’ai plus qu’à ouvrir mon robinet à la maison, j’ai plus de temps pour me concentrer sur les autres choses que je dois faire chaque jour. Cela libère également du temps pour mes filles, qui peuvent désormais se consacrer pleinement à leur travail scolaire », se réjouit Makalé Cisse.

Grâce à la mise en place d’un compteur, Makalé Cisse ne paie plus que l’équivalent de 10 $ tous les deux mois, alors qu’elle payait auparavant 60 $ par mois. Elle investit l’argent économisé dans des activités génératrices de revenus pour subvenir aux besoins de sa famille et payer les frais de scolarité de ses enfants.

Ce changement majeur dans le foyer de Makalé Cissé et dans les foyers d’autres quartiers à faibles revenus de Conakry n’est qu’une des réussites du Projet urbain d’eau de Guinée (PUEG), lancé en 2018 grâce à un financement de la Banque mondiale.

 

Un changement radical

Dans le but d’améliorer l’accès aux services d’eau, l’un des principaux axes du PUEG est l’investissement dans les infrastructures pour les populations des quartiers mal desservis, ce qui a conduit à ce que plus de 1 500 foyers soient connectés au réseau pour la première fois, permettant à plus de 30 000 personnes d’avoir accès à l’eau potable et de mieux gérer leur consommation d’eau, grâce à l’installation de 12 500 compteurs d’eau, dans le cadre des efforts globaux visant à améliorer l’efficacité du système.

Moussa Camara, directeur général adjoint en charge des infrastructures et du développement de la Société des Eaux de Guinée, explique : « Le projet a permis d’augmenter la capacité de stockage et de distribution en réduisant drastiquement les fuites et les pertes de revenus. En posant de nouvelles conduites, nous avons éliminé une grande partie des fuites importantes et amélioré l’approvisionnement en eau de ces zones. Mieux encore, la qualité de l’eau qui arrive dans ces maisons est également meilleure. » 

Le projet PUEG a été achevé alors que les travaux se poursuivent dans le cadre du nouveau projet d’eau et d’assainissement en Guinée (PEAG), un projet de 200 millions $. Selon la Banque mondiale, le PEAG « marquera un changement radical dans l’approvisionnement en eau potable des zones urbaines en augmentant le débit, le transport, le stockage et la distribution de l’eau potable aux habitants de l’agglomération de Conakry ».

 

PF, d’après un compte rendu de la Banque mondiale.

@NA

Écrit par
Paule Fax

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