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Santé

Un vaccin contre le paludisme

Un vaccin contre le paludisme
  • PubliéJuly 23, 2022

La lutte contre le paludisme bénéficie d’un nouveau vaccin, bien accepté par les populations africaines qui l’ont testé. Son déploiement entre 2022 et 2025 bénéficie d’un soutien du Gavi de quelque 160 millions de dollars.

 

Par Paule Fax

L’Alliance du vaccin Gavi annonce un soutien international de quelque 160 millions de dollars, d’ici à 2025, afin de financer le vaccin antipaludique « RTS,S ». Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), ce coup de pouce permettra d’améliorer l’accès au vaccin pour les enfants exposés à un risque élevé de maladie et de décès dus au paludisme.

Leur déploiement commencera par le Ghana, le Kenya et le Malawi, les trois pays africains qui ont lancé la phase pilote de l’introduction du vaccin en 2019, avant de s’étendre à d’autres pays éligibles où la maladie est endémique. Le paludisme reste une cause majeure de maladie et de décès chez les enfants en Afrique subsaharienne.

« Le vaccin antipaludique destiné aux enfants, longtemps attendu, représente un progrès décisif pour la science, la santé infantile et la lutte contre le paludisme. Nous aurons besoin d’un approvisionnement accru pour que l’Afrique puisse profiter des avantages de cet outil supplémentaire de lutte contre le paludisme », insiste Rose Leke, de l’Université de Yaoundé (Cameroun).

Depuis sa toute première introduction en 2019, les communautés africaines ont bien accepté le premier vaccin antipaludique après un temps relativement court se félicite l’OMS. La demande reste élevée malgré le contexte marqué par la pandémie de la Covid-19, ce qui s’illustre par le succès en matière de vaccination et une couverture allant de 73 % à plus de 90 % pour la première dose selon le pays. À ce jour, environ 1,3 million d’enfants ont bénéficié de ce vaccin dans les trois pays pilotes d’Afrique.

« La nouvelle opportunité de financement de Gavi nous rapproche un peu plus de la possibilité d’administrer à des millions d’enfants supplémentaires en Afrique le vaccin antipaludéen qui sauve des vies », commente Matshidiso Moeti, directrice de l’OMS pour l’Afrique.

« Pendant la pandémie, alors que les services de santé de routine étaient confrontés à d’innombrables défis, les parents et les soignants ont amené leurs enfants dans les cliniques et aux centres de santé afin qu’ils soient vaccinés contre le paludisme. Ils savent très bien que des vies sont perdues chaque jour à cause du paludisme et désirent protéger leurs enfants contre cette maladie mortelle. »

 

Sauver des vies

Suite à la recommandation formulée par l’OMS en octobre 2021 concernant l’utilisation à grande échelle du vaccin antipaludique RTS,S chez les enfants vivant dans des régions où la transmission du paludisme à Plasmodium falciparum est de niveau modéré à élevé, un certain nombre de pays endémiques au paludisme ont exprimé leur intérêt pour l’adoption du vaccin et devraient solliciter le soutien de Gavi en vue de son introduction. Le vaccin RTS,S agit de façon spécifique contre le Plasmodium falciparum, qui est le parasite palustre le plus mortel et le plus répandu sur le continent africain. Là où le vaccin a été introduit, on a pu observer une baisse considérable du nombre d’enfants hospitalisés pour cause de paludisme grave, de même qu’une baisse du nombre de décès d’enfants dans la tranche d’âge visée par le vaccin.

Gavi, l’Alliance du vaccin, a indiqué que la première date limite de septembre 2022 pour la soumission des demandes, est réservée aux pays qui utilisent actuellement le vaccin et pour lesquels la continuité du programme de vaccination est une priorité. Une deuxième phase de soumission des demandes ouverte à d’autres pays éligibles où le paludisme est endémique, sera clôturée en janvier 2023. Les pays peuvent soumettre des manifestations d’intérêt pendant la première phase de financement pour être inclus dans ce cycle.

« Nous savons qu’au départ, l’offre ne répondra pas à la demande, mais nous sommes tout de même impatients de travailler avec les pays et nos partenaires pour intégrer ce nouvel outil à nos efforts de lutte contre le paludisme et à assurer sa mise à échelle », considère Thabani Maphosa, directeur général en charge des programmes pays chez Gavi.

Comme pour beaucoup de nouveaux vaccins, la disponibilité du produit antipaludique est limitée en attendant que sa production s’accélère.

@NA avec agence APO

Écrit par
laurent

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