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Santé

Rencontres Africa 2018 : Saut technologique

Le secteur privé est mobilisé, à l’instar de Sanofi qui a développé sa propre gouvernance, pourvue d’un comité de pilotage anti-contrefaçons, d’un laboratoire qui a analysé 40 000 échantillons en dix ans, grâce aux informations remontées localement par des structures miroirs. « Il faut ramener les populations vers des circuits de médicaments plus sérieux que celui de la rue », a souligné Geoffroy Bessaud, de Sanofi, se référant à la récente campagne d’information du groupe, « Kicking out fake drugs » menée dans le township de Kibera, à Nairobi. La lutte contre les médicaments sub-standards ou contrefaits, recouvre également une dimension politique.

L’absence d’harmonisation réglementaire dans les zones francophones et anglophones, impacte directement les circuits de distribution de médicaments. « Nos frontières sont poreuses et les médicaments des grandes firmes indiennes et chinoises venus du Nigeria voisin, se retrouvent sur nos marchés », prévient Dorothée Kinde-Gazard, ancien ministre de la Santé du Bénin, présidente du comité scientifique de la Conférence internationale des ministres de la Santé et des ministres des TIC sur la sécurité des soins en Afrique (CIMSA). Un constat partagé par le professeur Marc Gentilini, délégué général pour l’accès à des médicaments au sein de la Fondation Jacques-Chirac, qui plaide pour une approche intégrée : « On n’obtiendra rien sans la mobilisation générale de tous les acteurs », a-t-il prévenu.

La Côte d’Ivoire, en pleine révolution médicale

Avant 1999, la Côte d’Ivoire représentait un « hub médical » régional, mais la crise militaro-politique a désorganisé le système sanitaire et détérioré la qua- lité des soins. Toutefois, depuis 2011, le pays est en passe de rattraper le retard enregistré grâce à des investissements massifs dans la réhabilitation des infrastructures ou dans la prise en charge des patients. « Nous assurons la gratuité de la prise en charge des femmes pendant 48 heures après leur accouchement. Les enfants âgés de moins de cinq ans bénéficient de soins gratuits, tout comme la frange la plus pauvre de la population », explique Eugène Aouélé Aka, ministre ivoirien de la Santé et l’hygiène publique.

Actuellement, la Côte d’Ivoire compte exactement 1 910 établissements sanitaires de premier contact (maternités, dispensaires locaux) et s’apprête à construire 1 000 supplémentaires d’ici trois ans. Les 600 hôpitaux généraux et les CHU (Centres hospitaliers universitaires) seront doublés d’ici à 2021, tandis qu’une vingtaine de centres hospitaliers régionaux viendront s’ajouter aux 17 déjà existants.

La Sécurité sociale sera généralisée dès le premier trimestre 2019. « Nous travaillons en partenariat avec la Banque mondiale sur la phase pilote d’un programme intitulé, « le financement basé sur la performance », c’est-à-dire sur l’optimisation des ressources humaines afin d’impliquer tous les personnels de santé dans ce projet. L’État assure son leadership au niveau de la santé publique », se félicite le ministre ivoirien, qui pourra s’appuyer sur les 723 milliards de F.CFA (1,1 milliard d’euros) annoncés par le président Alassane Ouattara en soutien au secteur de la santé, pour retrouver sa place de « hub médical » régional. 

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