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Santé

Rencontres Africa 2018 : Saut technologique

De retour en France après une édition 2017 en Afrique, les Rencontres Africa ont réuni près de 2 000 participants, les 24 et 25 septembre. L’occasion de montrer les nombreuses avancées du continent en matière de Santé.

Par Marie-France Réveillard

La santé était le fil conducteur de l’édition 2018 des Rencontres Africa : entre digitalisation des services médicaux et harmonisation réglementaire, l’Afrique est sur la voie d’une révolution médicale… Aujourd’hui, 95 % de la population mondiale est couverte par un réseau cellulaire et 660 millions d’Africains seront en possession d’un smartphone à l’horizon 2020.

La lutte contre les produits sub-standards ou contrefaits, par exemple, recouvre une dimension politique. L’absence d’harmonisation favorise directement les circuits illicites de distribution de médicaments.

Les solutions de e-santé permettent de pallier divers écueils économiques, géographiques et sociaux, tout en répondant à la pénurie de personnels médicaux (l’Afrique ne compte que deux médecins pour 10 000 habitants) et en favorisant l’inclusion médicale des populations les plus pauvres. « L’Afrique va entrer de plain-pied dans la e-Santé, sans passer par les étapes successives traversées par la France, grâce au numérique », explique Marc Hoffmeister, le commissaire général des rencontres. Concrètement, la téléphonie mobile accompagne désormais l’éducation et la prévention à l’instar de « Karangué », l’application sénégalaise qui déploie de campagnes vaccination, appuyée par des célébrités nationales et le suivi des épidémies a été facilité à travers des applications telles que « Prévention Ebola » ou encore « About Ebola »…

Parallèlement, la formation des agents de santé s’est intensifiée grâce aux programmes d’e-learning comme l’application éthiopienne « Safe Delivery App » qui dispense des conseils à travers des vidéos pédagogiques aux sages-femmes, lesquelles ont permis de réduire de 40 % la mortalité infantile, selon une étude menée entre 2012 et 2016.

De son côté, l’AMREF Flying Doctors pro- pose des formations en e-learning, des diagnostics à distance via la téléméde-cine (Cellal e Kisal), la télétransmission d’informations sanitaires et le suivi des patients grâce à des applications mobiles ou à l’envoi de SMS… Enfin, l’imagerie médicale low cost soutenant le développement de la télé-radiologie, déjà effective au Nigeria, a de beaux jours devant elle en Afrique, comme au Mali qui ne compte qu’« un dermatologue pour un million d’habitants », a rappelé Béatrice Garrette, directrice générale de la Fondation Pierre-Fabre.

Réglementation et lutte contre les faux médicaments

« La lutte contre les faux médicaments est l’une des priorités défi nies par le président Denis Sassou Nguesso », a souligné Jacqueline Lydia Mikolo, ministre de la Santé et de la population du Congo. Pour ce faire, la ministre a rappelé l’impérieuse nécessité de « développer une industrie pharmaceutique locale pour produire des médicaments génériques à bas coût ». Insistant sur le bien-fondé « d’accompagner les structures existantes », elle a prévenu que « la coopération inter-nationale doit être qualitative, car les bailleurs sont souvent déconnectés de nos programmes de santé et arrivent avec des projets verticaux, parfois teintés de paternalisme ».

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