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Santé

L’Intelligence artificielle favorise l’accès aux soins

Une étude soutenue par la Fondation Novartis et Microsoft plaide en faveur des nouvelles technologies dans la santé. L’Afrique peut réaliser de grands progrès en misant sur l’Intelligence artificielle, source d’économies et d’efficacité.

Par Paule Fax et Laurent Soucaille 

Réinventer la santé mondiale grâce à l’Intelligence artificielle. Tel est le titre d’un rapport rédigé par une Commission constituée par l’UIT (Union internationale des Télécommunications) et l’Unesco, soutenue par la Fondation Novartis et Microsoft.

La conclusion peut paraître audacieuse : les nouvelles technologies telles que l’IA pourraient contribuer à améliorer l’accès aux soins de santé dans les pays pauvres, faisant ainsi passer ces derniers devant les pays riches en matière d’accès aux soins ! Le raisonnement est que l’IA permet d’accélérer l’identification des problèmes de santé, favorise la prévention, améliore l’accès aux résultats et aux soins.  

« Au Kenya, nous avons été parmi les leaders dans les services bancaires mobiles, qui ont ensuite été repris dans toute l’Afrique. Il n’y a aucune raison pour que cela ne se reproduise pas de la même manière avec les technologies de la santé. »

Aujourd’hui, l’Afrique subsaharienne représente 12% de la population mondiale, mais doit supporter 25% de la charge mondiale de morbidité, tout en n’abritant que 3% des agents de santé dans le monde. Cette situation pourrait empirer, si se confirme la prévision d’une pénurie mondiale d’agents de santé, estimée à 18 millions d’ici 2030.

Or, les technologies dans la santé devraient répondre à ce problème en permettant à des millions de personnes d’accéder à des conseils médicaux, des diagnostics, ou des soins de santé à distance. L’accès à des spécialistes s’en trouvera également grandement facilité, juge ce rapport.

Dr Ann Aerts est directrice de la Fondation Novartis et coprésidente du groupe de travail de la Commission sur le digital et l’IA dans la santé. Elle considère que « de nombreux pays sont mal préparés à faire face à une nouvelle maladie émergente telle que la Covid-19, en plus du fardeau actuel des maladies infectieuses et de la marée toujours croissante de maladies chroniques ».

Une adoption plus facile des outils

Elle estime que « la technologie numérique et l’IA sont des catalyseurs essentiels pour repenser les systèmes de santé, afin qu’ils passent de la réactivité à la proactivité, puis à la prédiction et même à la prévention ». Aussi, les pays africains, en particulier, doivent-ils « développer un écosystème durable pour l’IA dans le domaine de la santé, dans les pays où elle est la plus désespérément nécessaire ». Cela doit se faire tout en garantissant l’équité et l’accès pour tous. Alors que les systèmes de santé se reconstruisent après la pandémie, « l’innovation technologique doit être au cœur de l’agenda ».

Des technologies telles que les plateformes mobiles d’échange, les services bancaires électroniques, le commerce électronique et même les applications de Blockchain ont souvent été adoptées plus rapidement, et de manière plus complète, dans les pays à revenu faible et intermédiaire que dans les pays à revenu élevé.

L’adoption des technologies de la santé devrait suivre cette même tendance, tandis que le besoin en transformation numérique est accéléré par la pandémie de la Covid-19. La réduction des contacts entre les patients et les prestataires de soins en raison de la distanciation sociale a conduit à une croissance majeure des technologies telles que les diagnostics basés sur l’IA.

Des millions de personnes supplémentaires ont recherché des solutions de soins de santé numériques, ce qui représente une formidable opportunité pour les pays d’intégrer les données et l’IA dans leurs systèmes de santé. Par exemple, le Rwanda est sans doute aujourd’hui le système de santé le plus connecté numériquement en Afrique : son service de conseil virtuel dépasse les deux millions d’utilisateurs, soit un tiers de la population adulte.

De nombreux exemples à suivre

Engagé dans la transformation numérique depuis 2016, le Rwanda est l’un des pays d’Afrique qui investit de plus en plus dans les technologies pour la santé. Les zones rurales du pays offrent un accès pouvant aller à 60 000 personnes pour un médecin.

Le gouvernement travaille avec un partenaire du secteur privé, Babylon Health, pour donner à chaque personne âgée de plus de douze ans un accès à des consultations de santé numériques. Le nouveau partenariat verra également l’introduction d’une plateforme de triage et de vérification des symptômes, alimentée par l’IA. 

Des exemples existent ailleurs dans le monde. En Inde, les hôpitaux utilisent l’IA pour prédire avec précision le risque de crise cardiaque d’un patient, sept ans avant que cela ne se produise. Les ressources et les médicaments peuvent alors cibler spécifiquement les personnes les plus à risque. En Malaisie, au Brésil et aux Philippines, l’IA est utilisée pour lutter contre de multiples maladies transmises par les moustiques, etc.

« Au Kenya, nous avons été parmi les leaders dans les services bancaires mobiles, qui ont ensuite été repris dans toute l’Afrique. Il n’y a aucune raison pour que cela ne se reproduise pas de la même manière avec les technologies de la santé », fait observer Racey Muchilwa, responsable de Novartis pour l’Afrique subsaharienne. Qui juge que les exemples du rapport témoignent que l’« Afrique pourrait faire plus pour renforcer l’accès à l’expertise médicale en déployant des outils de soutien basés sur l’IA, parallèlement à ses programmes de santé ».

En conclusion, les auteurs du rapport recommandent aux gouvernements d’identifier et de tester des moyens innovants de financer l’IA dans les solutions de santé. Ce financement doit garantir le remboursement pour tous des services de santé numérique, une condition essentielle à son accessibilité à long terme. De même, les États doivent permettre une gouvernance des données, sécurisée et respectueuse de la vie privée.

PF & LS

Rapport complet sur : https://www.broadbandcommission.org/Documents/working-groups/AIinHealth_Report.pdf

Ce rapport rejoint le récent appel de spécialistes onusiens :

https://magazinedelafrique.com/african-business/ntic/nouvelles-technologies-dirigeants-africains-encore-un-effort/

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