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Santé

Covid-19 : L’UA achète 270 millions de doses de vaccins

L’Afrique, comme le reste du monde, demeure entre espoirs et inquiétudes, concernant la pandémie de coronavirus. Tandis que la maladie gagne du terrain, que les variants menacent, la distribution des vaccins s’organise.

Par Laurent Soucaille 

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les cas cumulés de la Covid-19 en Afrique dépassent les 3 millions, et le nombre de cas quotidiens « surpasse le pic de la première vague », qui date de juillet 2020.

Le continent est désormais confronté à de nouveaux variants du virus. « Des mesures de santé publique renforcées sont plus que jamais nécessaires pour éviter une flambée d’infections qui pourrait conduire les structures de santé jusqu’au point de rupture », prévient l’OMS.

« Pour vaincre un ennemi agile, adaptable et implacable, nous devons connaître et comprendre chacun de ses mouvements, et redoubler d’efforts sur ce que nous savons être la meilleure arme contre tous les variants du virus. »

Dans le même temps, l’Union africaine fait savoir qu’elle a acquis 270 millions de doses de vaccins, dont 50 millions seront distribuées à partir d’avril 2021. Ces doses résultent des efforts conjugués de l’UA, d’Afreximbank et de la Banque mondiale.

Lesquels efforts visent à compléter, et non à se substituer, à l’initiative Covax qui entend vacciner au plus tôt au moins 20% de la population africaine.

Certaines voix, notamment du côté des organisations non gouvernementales, émettent des doutes, depuis décembre, quant à l’efficacité de ce dispositif ; beaucoup redoutent que les pays occidentaux se taillent la part du lion dans la distribution de vaccins. « Si l’initiative Covax est essentielle pour l’Afrique, l’Union africaine craint que les volumes, qui seront disponibles entre février et juin, ne dépassent pas les besoins pour les soignants et ne soient donc pas suffisants pour contenir les chiffres croissants de la pandémie en Afrique », reconnaît l’UA. Sachant qu’en lui-même, l’objectif de 20% de vaccinés au sein d’une population est insuffisant pour endiguer l’épidémie.

Les vaccins acquis par l’UA sont ceux de Pfizer, d’Astra Zeneca et de Johnson & Johnson. Afreximbank est chargée d’offrir des garanties de paiements aux producteurs, tandis que la Banque mondiale met 5 milliards de dollars supplémentaires sur la table, afin d’aider les pays africains dans leur stratégie vaccinale.  

« Nous avons franchi une étape supplémentaire pour obtenir des vaccins de manière indépendante en utilisant nos propres ressources limitées », a souligné Cyril Ramaphosa, président en exercice de l’UA. Le président sud-africain conduit des discussions avec d’autres laboratoires, et avec d’autres partenaires, pour obtenir davantage de vaccins.

Le variant sud-africain inquiète

Selon l’OMS, 25 223 cas ont été signalés chaque jour entre le 28 décembre 2020 et le 10 janvier 2021 en Afrique, soit près de 39 % de plus que le pic enregistré en juillet 2020.

À lui seul, le variant détecté en Afrique du Sud expliquerait la majorité des nouvelles infections au cours de la deuxième vague. Les mutations du virus ne sont pas surprenantes, explique l’OMS ; le variant sud-africain est plus contagieux. En revanche, « à l’heure actuelle, rien n’indique que le nouveau variant augmente la gravité de la maladie », rassure l’OMS. 

Quand bien même, « un virus qui peut se propager plus facilement mettra davantage de pression sur les hôpitaux et les travailleurs de la santé qui sont dans de nombreux cas déjà débordés », avertit Matshidiso Moeti, la directrice régionale de l’OMS.

Qui y voit « un rappel brutal que le virus est implacable, qu’il représente toujours une menace manifeste et que notre combat est loin d’être gagné ». Si l’OMS s’interroge sur un variant constaté au Nigeria, rien n’indique, en revanche, que le variant qui circule activement au Royaume-Uni ait gagné l’Afrique.

Des progrès insuffisants en matière de séquençage

Avec le soutien de l’OMS, les pays africains renforcent les efforts de séquençage du génome, qui sont essentiels pour trouver et comprendre les nouveaux variants à mesure qu’ils apparaissent et pour aider à en atténuer l’impact. 

L’OMS et le réseau de laboratoires de séquençage du génome des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies en Afrique soutiennent les gouvernements par des formations et des analyses de données sur le séquençage du génome, la bioinformatique et l’expertise technique. En dépit des progrès, les plus de 5000 séquences qui ont été réalisées jusqu’à présent en Afrique ne représentent que 2 % des données mondiales.

« Nous appelons tous les pays à intensifier les tests et le séquençage du virus afin de repérer, de suivre et de s’attaquer rapidement aux nouveaux variants du coronavirus dès leur apparition », a déclaré Matshidiso Moeti. « Pour vaincre un ennemi agile, adaptable et implacable, nous devons connaître et comprendre chacun de ses mouvements, et redoubler d’efforts sur ce que nous savons être la meilleure arme contre tous les variants du virus. » Et le Dr Moeti de rappeler l’importance des « gestes barrières » pour endiguer la pandémie.

LS

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