Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Santé

Covid-19 : l’Afrique doit mieux se préparer à la vaccination

Si la course pour mettre au point un vaccin « sûr et efficace » contre la Covid-19 est « de plus en plus encourageante », l’Organisation mondiale de la santé considère que l’Afrique est loin d’être prête pour la campagne de vaccination qui s’annonce.

Par Marie-Anne Lubin

Il faut intensifier les efforts. « La plus grande campagne de vaccination dans l’histoire de l’Afrique est sur le point d’être lancée, et les gouvernements africains doivent urgemment intensifier leur préparation. » Tel est le message que veut faire passer Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. 

« Si les communautés ne sont pas associées et convaincues que le vaccin protégera leur santé, nous ferons peu de progrès. Il est essentiel que les pays s’adressent aux communautés et soient attentifs à leurs préoccupations et leur donnent voix au chapitre dans ce processus. » 

Selon elle, « la réussite de cette initiative sans précédent dépendra de la planification et de la préparation, et nous avons besoin d’un leadership actif et d’engagement aux plus hauts niveaux des gouvernements ». Les pays africains, les partenaires de l’OMS, ont besoin « de plans de coordination nationale solides et complets, ainsi que des systèmes en place », a-t-elle expliqué lors d’une conférence en ligne.

Les 47 pays africains couverts par l’OMS-Afrique ont reçu l’outil d’évaluation qui prépare à l’introduction du vaccin contre la Covid-19. Cet outil, baptisé Virat, a été conçu pour être utilisé par les ministères de la Santé, avec le soutien de l’OMS et de l’Unicef. Le document fournit une feuille de route autour de dix secteurs clés.

Combattre la Covid-19

L’analyse de l’OMS montre que, en s’appuyant sur les rapports réalisés par les pays, l’Africaine affiche un score moyen de 33 % de préparation pour le déploiement du vaccin contre la Covid-19, ce qui est sous le niveau de référence de 80 %. Pourtant, « la planification et la préparation seront décisives pour cette tâche sans précédent », prévient Matshidiso Moeti.

L’OMS entend toujours vacciner 3% des Africains d’ici mars 2021, et 20% d’ici la fin de l’année prochaine. Les principales carences identifiées, à ce stade, concernent le manque de financement, d’instruments de mesure et de communication avec les populations. Pour y remédier, « la solidarité internationale sera impérative », reconnaît Matshidiso Moeti

Au 26 novembre 2020 : l’Afrique comptait 2,1 millions de cas de Covid-19 recensés, de 1,7 million de guérisons associées et 50 000 décès recensés. Bien que le continent reste nettement moins touché que les autres, il connaît des résurgences localisées, en particulier en Afrique du Sud et au Maghreb. 

Les outils sont là

L’OMS, conjointement avec Gavi l’Alliance du vaccin, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies et d’autres partenaires, travaille à garantir l’accès équitable aux vaccins en Afrique à travers le mécanisme Covax.

Ce dernier est le pilier vaccin du dispositif international pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la maladie. Quand les vaccins seront homologués et approuvés, Covax travaillera à garantir que suffisamment de doses soient fournies.

Toutefois, l’analyse de l’OMS des données de l’état de préparation des pays montre que 49 % ont identifié les populations prioritaires pour la vaccination et ont des plans en place pour les atteindre. De plus, 44 % des pays ont des structures de coordination prêtes. Seulement 24 % disposent de plans adéquats pour les ressources et le financement, 17 % ont des outils de collection et de suivi de données en place. Et seulement 12 % ont des plans pour communiquer avec les communautés afin de bâtir la confiance et susciter une demande de vaccination.

Vaincre la pandémie

Or, « développer un vaccin sûr et efficace n’est que la première étape d’un déploiement réussi », considère Dr Moeti. « Si les communautés ne sont pas associées et convaincues que le vaccin protégera leur santé, nous ferons peu de progrès. Il est essentiel que les pays s’adressent aux communautés et soient attentifs à leurs préoccupations et leur donnent voix au chapitre dans ce processus. » 

L’OMS évalue le coût du déploiement du vaccin en Afrique, à l’intention des populations prioritaires, à environ 5,7 milliards de dollars. Ceci n’inclut pas des coûts supplémentaires de 15 % à 20 % pour le matériel d’injection et la livraison des vaccins, qui nécessitent des personnels de santé formés, une chaîne d’approvisionnement et la mobilisation des communautés. Ce montant est basé sur l’hypothèse d’un prix moyen du vaccin de 10,55 $ par dose, sachant que deux doses seront nécessaires.

ML

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This