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Santé

Covid-19 : des vaccins produits à Dakar

Covid-19 : des vaccins produits à Dakar
  • Publiémars 25, 2022

L’Institut Pasteur de Dakar aura bientôt son unité régionale de production de vaccins. Destinée essentiellement à la lutte contre la Covid-19, l’usine s’étendra à d’autres maladies. Cet accord intervient tandis que l’OMS appelle à ne pas relâcher la vigilance.

Par Marie-Anne Lubin

 

L’IFC (Société financière internationale) et l’Institut Pasteur de Dakar renforcent leur partenariat. L’Institut, qui se présente comme un fabricant de vaccins et une fondation sans but lucratif, va construire au Sénégal, avec l’appui de la filiale de la Banque mondiale, une unité régionale de production de vaccins. Bien sûr, ces produits seront destinés exclusivement à l’Afrique.

Le coût du projet est évalué à 222 millions de dollars, un montant qui sera financé à travers un panaché de financements publics et privés et de subventions. Au cours de sa visite officielle au Sénégal, le directeur général de l’IFC, Makhtar Diop, a signé une lettre de mandat avec l’Institut Pasteur afin d’aider ce dernier à lever des financements pour le projet.

La nouvelle unité renforcera considérablement la capacité de fabrication de vaccins de l’Institut de Dakar, qui produit des vaccins contre la fièvre jaune depuis 80 ans. Ce renfort lui permettra donc de fabriquer, dans un premier temps, des vaccins contre la Covid-19, puis d’autres vaccins « à moyen terme », précisent les deux parties. À sa pleine capacité, la nouvelle unité de l’Institut devrait produire jusqu’à 300 millions de doses de vaccins par an, contre la Covid-19 et d’autres maladies.


Les CDC Afrique ont pour ambition de faire en sorte que 60 % des vaccins administrés en Afrique soient produits sur le continent d’ici à 2040. Ils ont identifié le Sénégal comme un pôle régional de premier plan pour la fabrication de vaccins sur le continent.

Makhtar Diop commente : « La pandémie nous a appris combien il est risqué de dépendre du reste du monde pour l’approvisionnement de biens et de services essentiels. » Aussi s’engage-t-il à ce que l’IFC « aider les pays africains à renforcer leurs capacités de production, en particulier en ce qui concerne les vaccins. »

La branche de la Banque mondiale représente « un partenaire apprécié et crucial pour l’Institut Pasteur de Dakar, alors que nous nous efforçons de remédier à l’inégalité qui persiste en Afrique en matière de vaccins », a commenté le Dr Amadou Sall, directeur de l’Institut. « Avec d’autres bailleurs de fonds et collaborateurs, nous entendons accélérer notre action en vue de produire des vaccins contre la Covid-19 et d’autres maladies qui menacent la santé publique en Afrique. »

 

Ne pas relâcher l’effort

L’inégalité face aux vaccins continue de sévir sur le continent. Selon l’Union africaine et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), environ 15 % seulement de la population africaine est entièrement vaccinée contre la Covid-19.

L’Afrique dépend du reste du monde pour la plupart de ses besoins en vaccins de routine. De fait, 99 % des vaccins administrés sur le continent sont importés. Les CDC Afrique ont pour ambition de faire en sorte que 60 % des vaccins administrés en Afrique soient produits sur le continent d’ici à 2040. Ils ont identifié le Sénégal comme un pôle régional de premier plan pour la fabrication de vaccins sur le continent.

De son côté, dans le cadre de sa Plateforme pour la santé – créée en juillet 2020 au plus fort de la pandémie –, l’IFC collabore avec le secteur privé pour accroître la production de vaccins dans les pays en développement.

Avec d’autres partenaires, l’IFC a fourni en 2021 à l’Institut Pasteur de Dakar une subvention et un soutien en matière de développement de projets pour aider l’Institut à lancer sa nouvelle unité de production de vaccins. Parallèlement, elle a aussi fourni, avec d’autres partenaires, une enveloppe de financement de 600 millions d’euros en faveur d’Aspen Pharmacare, une société pharmaceutique de premier plan basée en Afrique du Sud, et s’est associée à la société sud-africaine Biovac pour soutenir l’expansion de sa production de vaccins.

Par ailleurs, l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) appelle les pays africains à ne pas relâcher leur vigilance face à la Covid-19 malgré la levée progressive de l’essentiel des mesures sanitaires sur le continent. L’organisation constate qu’avec la baisse significative des nouveaux cas, de nombreux pays réduisent les mesures de surveillance et de quarantaine. Si la nécessité de rouvrir les économies et de reprendre la vie sociale est importante, l’agence appelle à la prudence et à la prise en compte des risques encourus.

« La pandémie n’est pas encore terminée et les mesures préventives doivent être allégées avec prudence, les autorités sanitaires pesant les risques par rapport aux bénéfices attendus. La levée des mesures de santé publique ne signifie pas que l’on lève le pied de la pédale de la vigilance pandémique », a déclaré Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

@MaLub

 

Écrit par
Marie-Anne Lubin

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