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Santé

Côte d’Ivoire : La maladie du sommeil vaincue

La trypanosomiase humaine africaine n’est plus un problème de santé publique, en Côte d’Ivoire, comme au Togo. L’éradication définitive de « la maladie du sommeil », déjà en fort recul, est possible, en Afrique.

Par Laurent Soucaille

Quelques mois après le Togo, la Côte d’Ivoire a vaincu la trypanosomiase humaine africaine (THA). Certes, tout danger n’est pas écarté, mais la « maladie du sommeil » n’est plus un problème de santé publique dans le pays, acte l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). 

Le Dr Aka Aouélé, ministre de la Santé et de l’hygiène publique de Côte d’Ivoire, depuis juillet 2018, fait part de son soulagement : « Je consacre ce moment important à des décennies de travail acharné et à la contribution individuelle de chaque travailleur de la santé qui a bravé certains des défis les plus difficiles pour atteindre les populations, souvent dans des zones rurales éloignées. » Désormais, le défi du pays « consiste à maintenir le niveau de surveillance requis et, avec l’aide de tous, à parvenir à l’interruption de la transmission de la THA d’ici 2030 ».

Après l’élimination de la maladie du sommeil, une nouvelle étape s’ouvre pour la Côte d’Ivoire : l’interruption de sa transmission en 2025. Viendra ensuite, si les résultats sont probants, l’éradication en 2030, le dernier stade sur l’échelle de l’OMS.

Au cours des années 1990, la Côte d’Ivoire signalait des centaines de cas par an de cette maladie qui atteint le système nerveux ; ces dernières années, le niveau est retombé à moins de dix cas par an. Ce bon résultat, explique l’OMS, a été obtenu par de solides mesures de contrôle et de surveillance, au dépistage des populations à risque et à la lutte ciblée contre les vecteurs, qui ont contribué à réduire fortement le nombre de cas dans les zones de transmission. Les hôpitaux et les centres de santé ont procédé au contrôle des patients en utilisant des examens diagnostiques spécifiques et des unités mobiles de laboratoire ont procédé au dépistage des populations dans les villages. Grâce au traitement des personnes infectées, le principal vecteur de la maladie, la mouche tsé-tsé, ne pouvait plus transmettre la maladie à d’autres personnes.

Bénin et Guinée équatoriale pourraient suivre

« Ce succès de la Côte d’Ivoire marque une étape importante qui rapproche l’Afrique de l’élimination de la maladie du sommeil », se réjouit Matshidiso Moeti, directrice de l’OMS pour l’Afrique. « Les mesures de lutte soutenues au cours des deux dernières décennies ont entraîné une baisse significative du nombre de cas ; voilà un signe positif que de nombreux pays franchiront bientôt ce cap. »

De son côté, le représentant de l’OMS en Côte d’Ivoire salue l’« excellent leadership » du ministère de la Santé, ainsi que l’engagement et la détermination des soignants.

Deux autres pays, le Bénin et la Guinée équatoriale, ont soumis leurs dossiers à l’OMS, demandant la validation de l’élimination en tant que problème de santé publique. Ces pays devront démontrer qu’ils disposent d’une surveillance efficace et continue, donc que leur capacité de détection de la maladie est forte. De plus, les chiffres doivent être inférieurs aux seuils spécifiques exigés par l’OMS, soit moins d’un cas pour 10 000 habitants dans tous les districts, pendant une période de cinq ans. Avant 2020, on dénombrait moins de mille cas dans le monde de la maladie du sommeil. La maladie du sommeil est une maladie potentiellement mortelle qui se propage par la piqûre d’une mouche tsé-tsé infectée, une espèce propre au continent africain.

La maladie du sommeil est vaincue en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, ce bon résultat est, notamment, le fruit du travail de l’Institut Pierre-Richet de Bouaké, la deuxième agglomération du pays. Pendant des années, les chercheurs se sont déplacés dans les zones à risques. Ils y ont placé des pièges à mouches pour identifier et diminuer le nombre d’insectes infectés, dépisté les villageois à l’aide de leur laboratoire ambulant et pris en charge les cas dans des centres de santé dédiés.

La prévention de la maladie est particulièrement compliquée, car les diagnostics sont difficiles à établir, tandis que tous les soignants ne sont pas informés d’une maladie souvent oubliée. Désormais, l’attention se porte sur la transmission indirecte de la maladie via les animaux, notamment les porcs, qui peuvent être infectés et ne présenter que de légers symptômes.

Après l’élimination de la maladie du sommeil, une nouvelle étape s’ouvre pour la Côte d’Ivoire : l’interruption de sa transmission en 2025. Viendra ensuite, si les résultats sont probants, l’éradication en 2030, le dernier stade sur l’échelle de l’OMS.

LS

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