Close
Avez-vous trouvé cet article intéressant?

Santé

Alerter et agir contre le noma

Les enfants les plus pauvres sont touchés par une maladie oubliée, le noma. Pourtant, des remèdes existent, cette maladie peut se prévenir et se soigner, alerte l’ancien footballeur Roger Milla, à la tête d’une campagne de sensibilisation.

Par Aude Darc

La Covid-19 ne doit pas faire oublier que l’Afrique est touchée par d’autres maux. Tandis que les nouvelles sont plutôt rassurantes sur le front de l’Ebola en RD Congo, la mobilisation ne doit pas cesser pour autant.

C’est pourquoi deux légendes du football africain et international, Roger Milla et Joseph-Antoine Bell, ont fondé une association, Noma Fund, afin de mieux faire connaître les enjeux d’une maladie oubliée, le noma. Méconnue par la communauté internationale, elle touche pourtant chaque année environ 140 000 enfants de deux à dix ans.

« Cette maladie est d’autant plus injuste qu’il existe des moyens d’y mettre un terme. En Europe, elle a été éradiquée au début du XXe siècle, avant de tomber dans l’oubli », insiste Roger Milla.

La noma est une forme de gangrène qui dévore les visages des enfants vivant dans des conditions d’extrême pauvreté. Elle fait des ravages parmi les populations les plus démunies d’Amérique du Sud, d’Asie du Sud-Est et d’Afrique. Après avoir mené diverses actions de communication et de sensibilisation, Noma Fund annonce cette semaine le lancement officiel de son plan d’actions « Agir contre le noma 2021-2030 ».

Sa première étape : l’appel du 20 novembre, remis aux chefs des État membres du G20 et des Nations unies, visant à donner à la maladie du noma la visibilité qui lui fait défaut auprès de la communauté politique internationale. Relayée par Roger Milla, l’association lance une pétition en ligne (noma-petitions.org) afin de mobiliser l’opinion internationale.

Le Sommet du G20 se tiendra les 21 et 22 novembre, à Riyad (Arabie-Saoudite). Ce rendez-vous sera l’occasion de communiquer trois pétitions. Premièrement, un appel aux chefs d’État membres du G20 pour mettre fin à la tragédie des enfants ravagés par le noma. Deuxièmement, un appel aux chefs d’État du monde entier pour la gratuité des soins des enfants atteints de cette maladie…

…Et troisièmement, un appel à l’Assemblée générale de l’ONU pour la reconnaissance de l’état d’urgence sanitaire mondiale pour cette même maladie. La plateforme de l’organisation regroupe l’ensemble des initiatives de la campagne « Agir contre le noma 2021-2030 ». Concrètement, ce plan vise à sensibiliser les populations les plus susceptibles d’être touchées par le noma, à prévenir la maladie.

Il prévoit la construction d’un hôpital de référence et de centres d’accueil, et requiert la mobilisation de toute la communauté internationale, pour l’éradication de la maladie aussi bien en Amérique du Sud, qu’en Asie du Sud-Est et en Afrique.

Une maladie curable

L’association souhaite notamment la construction d’un hôpital régional africain dédié aux cas graves de la maladie. Actuellement, les rares cas traités sont pris en charge dans des hôpitaux spécialisés européens à très fort coût, payés par certaines associations humanitaires aidant ponctuellement à travers une chaîne de solidarité. Son ambition est également de faciliter l’accès aux soins dès les premiers symptômes de la maladie, afin de réduire de manière significative son taux de mortalité.

Cela suppose, outre un hôpital spécialisé – l’association envisage le Cameroun pour le construire –, des centres d’accueil de premiers soins. Lesquels pourraient s’implanter dans neuf autres pays d’Afrique centrale et de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée équatoriale, Liberia, Nigeria, Centrafrique, RD Congo, Sénégal, Tchad). Ces centres permettront la prise en charge gratuite des enfants victimes de la maladie, et plus largement la prise en charge des affections maxillo-faciales défigurantes.

D’autre part, les missions de sensibilisation et de prévention ont une portée essentielle. En effet, la maladie est en effet souvent liée à des problématiques de malnutrition et de manque d’hygiène bucco-dentaire, ainsi qu’à une absence de soin dès les premiers symptômes. Aussi, un travail d’information et de communication sur le terrain, à destination des populations locales et des pouvoirs publics, est au cœur de la lutte contre cette maladie.

 «Faute de chiffres solides, l’enjeu sanitaire est sous-estimé. Et le noma est si négligé qu’il est même absent de la liste des maladies tropicales négligées de l’OMS », déplore Denise Baratti-Mayer, médecin et chercheuse à l’Unige (Université de Genève). « Cette maladie est d’autant plus injuste qu’il existe des moyens d’y mettre un terme. En Europe, elle a été éradiquée au début du XXe siècle, avant de tomber dans l’oubli », insiste Roger Milla.

AD

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts

Share This