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Ressources naturelles

Guinée : Un futur géant du fer ?

Toutefois, comme on l’a vu l’an dernier lors des affrontements liés aux élections communales et les grèves organisées par ceux qui travaillent et vivent près des mines de bauxite, Robert Besseling juge que les élections prévues en 2020 pourraient ralentir les progrès, dans l’hypothèse où Alpha Condé brigue un troi­sième mandat.

« Les aspirations démagogiques à l’ap­proche des élections de 2020 augmenteront le risque d’empêchement d’exécution du contrat et de grèves dans le secteur minier guinéen, qui peut entraver les plans de développement », explique-t-il. « Si le calendrier de réalisation n’est pas respecté, on court le risque que le contrat soit modifié. »

Un levier du développement

Ces agitations pourraient également interrompre les négociations concernant le gisement de Simandou. « Jusqu’aux élections de 2020, le gouvernement n’aura d’autre choix que de satisfaire les exigences de certaines parties prenantes, comme les chefs de tribu et les syndi­cats, qui veulent tirer profit de Simandou », ajoute-t-il. « Si le président Condé se présente aux élections, aucune décision concernant les gisements ne sera prise pendant au moins un an. »

Sans attendre, pourtant, le ministre Magassouba rassure : « Le pays a autorisé l’exploitation d’un autre gisement qui a aussi de la valeur – le gisement de Zogota. Et l’objec­tif de toute politique publique est d’améliorer les conditions de vie de la population. »

En effet, bien que l’industrie de la bauxite ait connu un grand essor ces dernières années – la Guinée représente 40 % des 68 millions de tonnes importées par la Chine en 2017 –, l’impact pour la population a été limité. « Le secteur minier ne va pas résoudre tous nos problèmes, mais il constitue un levier du déve­loppement de notre économie », reconnaît Abdoulaye Magassouba.

Alors que la demande de fer de la Chine semble faiblir – ses importations de 83 millions de tonnes en février sont les plus basses depuis avril 2017 –, que les infrastruc­tures sont insuffisantes, et qu’une crise poli­tique pourrait émerger, l’avenir de Simandou et les avantages que le gisement pourrait apporter demeurent bien incertains.


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