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Reportage

La Ghriba, un pèlerinage ancré dans la modernité

Chaque année, l’île de Djerba accueille le pèlerinage de La Ghriba, la plus ancienne synagogue d’Afrique du Nord. Entre festivités oecuméniques et activités culturelles, le pèlerinage est devenu un élément-clé du tourisme tunisien, qui bouscule les traditions. 

Djerba, Marie-France Réveillard, envoyée spéciale 

La synagogue de la Ghriba représente l’un des principaux marqueurs identitaires des Juifs de Tunisie qui seraient aujourd’hui près de 400 âmes à Tunis et 800 à Djerba. Réputée pour sa pratique « orthodoxe » de la religion, la communauté juive de Djerba est marquée par des coutumes millénaires, mêlées parfois de croyances païennes, comme en témoignent les oeufs déposés dans la grotte au fond de la synagogue lors du pèlerinage, qui favoriseraient la fertilité… 

Entre marché artisanal, thalassothérapie, musées ou tourisme médical, Djerba a su diversifier son offre touristique. 

« Je suis Djerbien, mais j’habite Paris. Je suis allé faire un tour à La Ghriba. Je suis musulman, mais tout le monde est le bienvenu », précise-t-il. L’attractivité du pèlerinage dépasse en effet, le simple cadre religieux : « Je suis venue avec ma fille de sept ans et deux amis », explique Imen, musulmane franco-tunisienne de 32 ans.

« Ça faisait longtemps que j’en entendais parler et notre ami Yahir, qui est juif, y participe chaque année. Il nous accompagne… En arrivant à la Ghriba, j’avais plus l’impression d’être dans un salon artisanal qu’autre chose… », révèle-t-elle. Imen est accompagnée par Feriel, une jeune musulmane dans la vingtaine, qui explique : « On vient pour voir, car ici il est rare que juifs et musulmans se fréquentent ». 

En effet, si les deux communautés coexistent pacifiquement – les jeunes djerbiens de confession juive apprennent notamment l’arabe au sein des établissements publics –, les relations restent limitées au commerce et aux relations « policées » de bon voisinage.

« Je n’ai aucun ami musulman. Je ne fréquente que des personnes de ma communauté », explique tout sourire Michaël, dix ans, à l’école talmudique Ohr Thora (« la lumière de la loi » en hébreu) qu’il fréquente depuis l’âge de cinq ans et qui ambitionne un jour de rejoindre Paris… 

La Ghriba : « hotspot » du tourisme religieux 

Au total « 5 000 personnes sont attendues cette année pour le pèlerinage de la Ghriba qui représente un signal pour la saison touristique », explique le ministère du Tourisme et de l’artisanat.

« Le pays attend 10 millions de touristes pour la saison 2019, dont 1 million de français » Le ministère mise sur la diversification : « La Tunisie, c’est plus de 40 000 sites archéologiques, dont certains sites romains parmi les plus grands et les plus beaux au monde, plus de 500 000 personnes issues du tourisme médical… Le marché se diversifie, Chinois et Russes sont beaucoup plus nombreux et la clientèle se stabilise. Nous avons procédé à la reclassification et à la montée en gamme des hôtels, mais aussi à la diversification de l’offre ». 

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