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Presse

Algérie : Menaces sur la presse

Au fil du temps, sa part de publicité institutionnelle s’est réduite à une demi-page. « Difficile dans ces conditions de ne pas s’enfoncer dans le piège de l’endettement synonyme de mort lente, et ce en dépit de toutes les mesures prises pour sauver le journal : réduction des salaires, réduction du tirage, réduction maximum des frais de fonctionnement. Le quota de publicité était insufisant face à ce train de mesures extrêmes », explique le directeur de la publication d’Info-Soir.

Préférant jeter l’éponge, il estime que l’arrêt de la parution de son journal est le seul moyen qu’il a « pour ne pas conti­nuer de foncer dans un mur ». Hacene Ouandjeli n’est pourtant pas n’importe quel journaliste.

Il a été cofondateur au début des années 1990 de Liberté, un des premiers quotidiens d’information privés, à paraître après l’instauration du pluralisme médiatique en Algérie. Il a aussi formé de nombreux journalistes et a bravé le terrorisme pendant la décennie noire, en restant à la tête de la direction de la rédaction de Liberté, alors que cer­tains de ses collaborateurs ont été tués.

Une centaine de journalistes en tout ont été assassinés à cette époque. Aujourd’hui, les survivants accusent le pouvoir d’organiser d’autres mises à mort, en asphyxiant financièrement la presse. Outre le contrôle de la manne publici­taire, les pouvoirs publics recourent à des contrôles fiscaux abusifs. Ils profitent aussi de leur position de quasi-monopole dans l’imprimerie, pour contraindre les jour­naux à la censure.

« La grande majorité des titres de presse algériens, qu’ils soient publics ou privés, dépendent des imprimeries éta­tiques pour la parution de leurs journaux. Les rotatives publiques présentent l’avan­tage de coûts bas et d’une flexibilité quant à l’apurement des dettes des titres. Pourtant, ce qui peut être perçu comme étant un moyen d’encourager une presse libre est en réalité un outil de maintien du contrôle sur l’informa­tion, ces rotatives étant soumises aux injonc­tions politiques», explique RSF.

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