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Portrait

Saïdou Tiendrébéogo* : « Au coeur de la modernisation »

Saidou Tiendrébéogo, est un des golden-boys les plus en vue du Burkina Faso. Avec la Ville nouvelle de Yennenga, il conduit l’un des grands projets immobiliers du pays. Sans négliger son développement à l’international.

Ouagadougou, Tiego Tiemtoré 

Cet ingénieur, diplômé de l’École nationale des Travaux publics de Vaulx-en-Velin, près de Lyon, a travaillé dans divers pays européens avant de décider de retourner au Burkina Faso.

Auréolé d’une expérience au sein d’une société immobilière en France, Saidou Tiendrébéogo décide de créer sa société de promotion immobilière.

Dans un premier temps, il choisit la banlieue Nord de la capitale, du côté de Bassinko, où il construira un premier lotissement de 1 232 logements. Après plusieurs opportunités saisies au Burkina Faso, sa société remporte des marchés en Côte d’Ivoire, dont l’un porte sur la construction de 3 000 logements sociaux à Abidjan, à partir d’un modèle du partenariat public-privé. 

L’appétit venant en mangeant, ce cinquantenaire commence à voir grand. «Nous avons recherché du foncier dans la région de Ouagadougou avec l’idée de répondre aux besoins d’une ville qui se développe à une vitesse incroyable. On compte quelque 150 000 nouveaux habitants chaque année ici et il faut les loger.» 

Saïdou Tiendrébéogo continue de tisser sa toile et s’impose comme l’un des hommes d’affaires les plus puissants du pays, malgré une discrétion apparente.

Son projet de « Ville nouvelle de Yennenga », qu’il vient de lancer, s’adresse à quelque 100 000 habitants à Koubri, la périphérie sud de Ouagadougou, et constitue l’un des plus importants chantiers immobiliers du pays.

La nouvelle ville en construction, sur une superficie de 678 ha, va accueillir, en plus des logements toutes catégories, des banques, des centres commerciaux ; un projet qui fait de son initiateur un homme particulièrement courtisé.

Un concours international a permis de retenir le groupement (Architecture Studio, Agence Arcade du Burkina Faso, Architecture Beckmann N’Thépé et Associés, Coldefy et Associés et Hardel et Le Bihan Architectes) qui sera chargé de l’urbanisation et de la maîtrise d’ouvrage des infrastructures techniques.

La ville, dont la construction s’étalera sur une dizaine d’années, comportera un parc de 28 hectares, des axes nord-sud connecteront les différents quartiers, définissant des îlots urbains. Elle offrira divers modèles de logements pour des prix compris entre 8 et 30 millions de F.CFA (entre 12 000 et 45 700 euros). 

Il a entrepris, au Burkina Faso, une opération de diversification métiers de son groupe. Son professionnalisme et la qualité de ses ouvrages lui ont permis de remporter des marchés dans la construction du futur aéroport international de Ouagadougou-Donsin.

L’important investissement à injecter dans la réalisation de la ville Yennenga (près de 50 milliards de F.CFA, 76,2 millions d’euros) a convaincu Saidou Tiendrébéogo de solliciter l’accompagnement de partenaires financiers. 

Une présence sous régionale

En plus, des partenaires internationaux, plusieurs banques locales ont été convaincues par la viabilité du projet et se sont engagées à accompagner le promoteur qui a déjà investi près de 12 milliards de F.CFA dans les travaux de viabilisation du site. 

Ses filiales évoluent principalement dans le BTP, la location d’engins lourds, la promotion immobilière ainsi que la distribution de matériels et matériaux de construction.

Le groupe est actif au Bénin, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Sénégal, au Togo et au Burkina Faso. Avec le projet Yennenga, Saïdou Tiendrébéogo a entrepris, au sein même de son pays, une opération de diversification métiers de son groupe. Son professionnalisme et la qualité de ses ouvrages lui ont permis de remporter des marchés dans la construction du futur aéroport international de Ouagadougou-Donsin 

Fort de plus de 2 500 employés et ouvriers qualifiés, CGE, qui vise l’entrée en Bourse à moyen terme, travaille aussi sur un projet immobilier de 3 000 logements à Abidjan et 500 logements à Niamey. Le réseau de CGE BTP, première entreprise du groupe CGE, s’est étendu à d’autres pays au fil des ans et est aujourd’hui un acteur incontournable en Afrique de l’Ouest.

ENCADRE

Forte pression sur le foncier 

Les activités des sociétés immobilières entraînent une forte spéculation sur le foncier. Plusieurs associations de la société civile ont sonné l’alarme sur les risques d’une déflagration sociale si les questions foncières ne sont pas résolues dans la transparence et la justice sociale. 

Sur la base des conclusions de la commission parlementaire sur le foncier, l’Assemblée nationale avait autorisé le retrait de 105 408 parcelles, illégalement acquises au détriment de l’État entre 1995 et 2015, dans quinze communes urbaines, et dénoncé « des populations injustement spoliées ». 

De nombreuses irrégularités et entorses à la réglementation en la matière, la forte ingérence du politique dans la gestion du foncier, des lotissements réalisés dans des conditions « peu orthodoxes », des changements de destinations de terrains sans autorisation, des occupations illégales de terrains, des absences de titres fonciers, des abus de pouvoirs des conseillers municipaux, etc., la commission d’enquête a mis à nu une gabegie, courante dans le secteur depuis des années.

Perçues souvent comme des « prédateurs » protégés par le pouvoir politique, les sociétés immobilières ont du pain sur la planche pour convaincre du bien-fondé de leurs projets.

Aussi, les représentants de la société civile recommandent-ils un encadrement de l’activité des promoteurs immobiliers et un nouveau type de rapports, qui mettent en avant l’intérêt des populations. 

*PDG de Compagnie générale des entreprises

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