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Portrait

Idrissa Kané, directeur général de Niger Poste

Riche de son expérience à La Poste française, Idrissa Kané a été nommé, en 2017, à la tête de Niger Poste. Très vite, il a entrepris des réformes pour en faire l’une des plus performantes entreprises publiques.

Niamey, Sani Aboubacar

Il n’a que 38 ans quand il est promu, en août 2017, directeur général de Niger Poste, la première entreprise publique du Niger moderne. Une nomination qu’il dit avoir accueillie avec un « esprit combatif » et «extrêmement optimiste». « Je suis venu avec la ferme détermination et la conviction de faire en sorte que cette société, de par sa situation actuelle du fait d’un certain nombre de facteurs endogène et exogène, devienne une grande société au Niger », promet-il. Avant sa nomination, Idrissa Kané était cadre supérieur à La Poste française où il a travaillé pendant 14 ans « sur beaucoup de sujets » d’infrastructures de transformation de La Poste.

Je prends le meilleur des anciens avec comme critère l’expérience et le meilleur des jeunes avec comme critères la fougue et l’esprit d’aller vite, mais du côté positif.

Il n’a que 38 ans quand il est promu, en août 2017, directeur général de Niger Poste, la première entreprise publique du Niger moderne. Une nomination qu’il dit avoir accueillie avec un « esprit combatif » et « extrêmement optimiste ». « Je suis venu avec la ferme détermination et la conviction de faire en sorte que cette société, de par sa situation actuelle du fait d’un certain nombre de facteurs endogène et exogène, devienne une grande société au Niger », promet-il. Avant sa nomination, Idrissa Kané était cadre supérieur à La Poste française où il a travaillé pendant 14 ans « sur beaucoup de sujets » d’infrastructures de transformation de La Poste. 

Ingénieur en système d’information, formé à l’École nationale des sciences géographiques en France, c’est au moment de finir son cycle d’ingénieur qu’il découvre La Poste. Son école proposait alors aux étudiants un module au cours duquel des grandes entreprises viennent présenter leurs systèmes d’information. « J’ai été impressionné par le budget du système d’information de la société française. Un milliard d’euros ! », constate-t-il. Un stage de fin d’études lui ouvre ainsi les portes de cette entreprise en 2004. 

Quelques voix attribuent cette nouvelle nomination à la position qu’occupent ses parents au sein du régime. Idrissa Kané est en effet le fils de l’actuelle ministre du Plan et son père est l’un des pionniers du principal parti au pouvoir. « Mes parents n’étaient même pas au courant de ma nomination », se défend-il. « J’avais quelques opportunités pour aller ailleurs, mais quand on m’a proposé de reprendre les rênes de Niger Poste, je suis venu avec enthousiasme. C’est le meilleur moyen pour moi d’aider mon pays. »

Une entreprise à réformer 

Créée à l’époque coloniale, La Poste a tenu une place prépondérante dans le développement du Niger où elle a joué un rôle essentiel de soutien à l’économie, en facilitant les échanges financiers et d’informations ainsi que de marchandises. En 1960, fut créé l’Office des postes et télécommunications (OPT) qui va connaître plusieurs restructurations. Sous la dénomination de l’ONPE (Office national des postes et de l’épargne), elle assure d’autres activités régaliennes en plus de l’épargne. Afin de faire en sorte que les postes soient rentables, l’ONPE s’est transformé, en 2005, en Niger Poste. 

Depuis quelques années, Niger Poste évolue dans un contexte hautement concurrentiel. Certaines de ses activités, comme l’envoi ou la réception des colis, sont assurées par les compagnies de transport interurbain. En dépit de la concurrence, la société a toutefois amélioré considérablement son chiffre d’affaires. 

En acceptant de prendre la tête de Niger Poste, Idrissa Kané savait bien l’ampleur des défis. Face au fatalisme ambiant, il entreprend d’aider les agents à avoir confiance en eux-mêmes. « Je viens d’une Poste qui a un chiffre d’affaires de 22 milliards d’euros. Ce n’est pas une structure différente de la nôtre. C’est juste parce qu’elle a su s’adapter à son temps, elle a su se diversifier, elle a su se transformer », explique-t-il.

Profondes mutations 

Le nouveau responsable est également confronté à la problématique générationnelle que le visiteur peut facilement observer à Niger Poste. « Je prends le meilleur des anciens avec comme critère l’expérience et le meilleur des jeunes avec comme critères la fougue et l’esprit d’aller vite, mais du côté positif », confie-t-il, soutenant « être convaincu » que chacun doit mettre du sien. Parallèlement, il encourage l’innovation : « Nous avons créé cinq nouveaux produits », se félicite Idrissa Kané qui cite Logistic-Post, Post-Transfert, Classic-Post, Premium et Comptes. Pour chacun, il développe une stratégie commerciale et de gouvernance. Ainsi, chaque agent qui atteint l’objectif fixé est-il récompensé. 

Des réformes qui semblent porter leurs fruits. « En décembre 2017, le chiffre d’affaires tournait à autour de 900 millions de F.CFA et 18 mois plus tard, nous étions déjà à plus d’un milliard de FCFA. Sur divers produits, nous avons explosé notre chiffre d’affaires », jubile-t-il. Des résultats qui en appellent d’autres : « Le ministère des Finances nous a fait confiance en nous confiant le paiement des salaires des enseignants contractuels parce que la société est dans un dynamisme important et qu’on peut compter sur elle. » 

Au Niger, les enseignants contractuels représentent 80 % du corps enseignant ; leurs salaires varient de 80 000 à 100 000 F.CFA. Une nouvelle opportunité de croissance pour Niger Poste.

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