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Politique

L’ANC devra former une coalition

L’ANC devra former une coalition
  • Publiéjuin 1, 2024

En Afrique du Sud, l’ANC n’est plus majoritaire à l’Assemblée nationale, n’ayant obtenu que 40% des voix ; il lui sera difficile de former une coalition viable pour relancer l’économie.

 

Par millions, dans des scènes toujours susceptibles de susciter l’émotion, les Sud-Africains ont porté un jugement sans appel sur les performances du parti qui les a dirigés depuis l’aube de la liberté. Selon les derniers résultats des élections législatives, encore partiels, l’ANC au pouvoir enregistre un net recul, laissant entrevoir une perte de sa majorité absolue au Parlement. Sur 97% des votes comptabilisés, le 1er juin, le Congrès national africain se place largement sous la barre des 50% avec 40,2 % des suffrages exprimés, selon la commission électorale (IEC).

Quel que soit le résultat, les investisseurs feraient bien de se rappeler des opportunités dans ce pays extraordinaire. La production indépendante d’électricité, en particulier d’énergie renouvelable, a enfin commencé à décoller.

Pour se maintenir au pouvoir, l’ANC devra probablement trouver un partenaire de coalition.

L’ANC ne peut pas dire qu’il n’a pas été averti. Pendant des années, sous la houlette de ses dirigeants successifs, le parti s’est montré incapable de relever les énormes défis d’une société profondément marquée par des siècles de colonialisme et d’apartheid.

Les résultats de cet échec sont d’une familiarité lassante pour les Sud-Africains, quel que soit leur bord politique ou leur appartenance ethnique. Croissance insuffisante, chômage de masse et coupures d’électricité systématiques ont été les caractéristiques de ces dernières années.

Le bref optimisme qui a suivi l’élection de Cyril Ramaphosa, dont beaucoup espéraient qu’elle tournerait la page d’une ère de corruption de l’État et donnerait un nouveau souffle à l’économie, s’est révélé n’être qu’un mirage.

Cyril Ramaphosa a été une déception écrasante, aux yeux de nombreux Sud-Africains, timide dans sa lutte contre les intérêts particuliers et sans vision convaincante sur l’économie.

Même son activisme international populaire sur la question Israël-Palestine, une série de politiques opportunistes dans les jours précédant le scrutin – pas même son détournement d’une « Adresse à la nation » pour des raisons purement partisanes – n’ont réussi à faire bouger les choses.

 

Scepticisme des investisseurs

Pour de nombreux observateurs des sondages, la question était de savoir quand, et non si le parti perdrait sa majorité.

Des militants de l'ANC durant la campagne (photo : Reuters).
Des militants de l’ANC durant la campagne (photo : Reuters).

 

Les investisseurs sont depuis longtemps sceptiques quant au fonctionnement de l’ANC : les difficultés rencontrées pour attirer les investissements ont été mises en évidence récemment lorsque BHP a proposé de racheter le géant minier Anglo America, sans ses actifs sud-africains. Mais le déclin de l’ANC n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les investisseurs.

Le plus troublant est que l’un des principaux bénéficiaires de l’effondrement de l’ANC a été le parti MK de Jacob Zuma, dont la campagne insurrectionnelle a trouvé une base fertile dans sa région natale, le Kwa-Zulu Natal. MK a obtenu environ 15% des voix lors du scrutin législatif du 29 mai et a réussi une percée remarquable aux élections régionales. Il va sans dire qu’une coalition impliquant l’ancien président ne serait pas le coup de fouet dont l’Afrique du Sud a besoin.

Les autres options pour la formation d’un gouvernement – des accords avec les Combattants de la liberté économique (gauche) ou une coalition de partis plus petits – pourraient se révéler tout aussi désagréables. Seul un accord avec l’Alliance démocratique de droite – qui a obtenu environ 22 % des voix aux élections législatives – serait acceptable pour les investisseurs, mais une coalition viable entre deux partis aux idéologies et aux intérêts divergents se heurte à des obstacles majeurs.

 

De nombreuses opportunités vertes

Quel que soit le résultat, les investisseurs feraient bien de se rappeler des opportunités dans ce pays extraordinaire. La production indépendante d’électricité, en particulier d’énergie renouvelable, a enfin commencé à décoller. Dans certaines régions, les gouvernements locaux commencent à offrir des solutions efficaces en l’absence de leadership national. C’est encore l’un des principaux endroits pour faire des affaires sur le continent.

Il faudra une coalition sérieuse pour débloquer les opportunités – ou un ANC prêt à enfin se réveiller et à agir après ce choc sismique.

 

David Thomas, édité par LS.

@NA

Écrit par
David Thomas

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