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Politique

Vers des élections après la fin du mandat de Macky Sall

Vers des élections après la fin du mandat de Macky Sall
  • Publiéfévrier 28, 2024

Au Sénégal, les membres du Dialogue national proposent de fixer le scrutin présidentiel au 2 juin et d’autoriser la candidature de Karim Wade. Au président Macky Sall de valider ces choix.

 

Dans des conditions délicates, car de nombreux acteurs de l’opposition ont boudé l’invitation, le bref « Dialogue national » voulu par Macky Sall s’est achevé le 27 février 2024 au soir. Quelques dizaines d’hommes politiques, de membres de la société civile, de représentants syndicaux, de leaders religieux, s’étaient réunis pour tenter de mettre fin à la crise politique que traverse le Sénégal.

Il en ressort deux propositions qui pour l’heure, n’ont pas force de loi définitive. Macky Sall devrait faire part de ses intentions dans quelques jours ; il pourrait publier un décret reprenant les propositions du Dialogue national et en appeler lui-même à la validation par le Conseil constitutionnel.

« Après avoir décliné fermement l’invitation de Macky Sall, nous avons décidé d’une part, de saisir le Conseil constitutionnel et, d’autre part, d’aller à la rencontre du peuple pour organiser avec lui le véritable dialogue. »

La première est que les candidats retenus pour l’élection présidentielle, qui devait se tenir le 25 février, sont de facto en lice pour le scrutin à venir. Les candidats qui n’ont pas été retenus reverront leur sort examiné par le Conseil constitutionnel. Voilà qui relance la possibilité d’une candidature de Karim Wade, invalidée dans un premier temps pour cause de double nationalité. L’homme politique avait tardé à renoncer à la nationalité française, mais avais pourtant bien achevé cette démarche. La « Commission » du Dialogue national a ouvertement discuté de son cas et conclu en sa faveur. Elle n’a rien dit, en revanche, du cas Ousmane Sonko, toujours emprisonné mais qui pourrait bénéficier de la vague attendue de libérations promise par le président Macky Sall. Élargissement dont pourrait bénéficier le candidat officiel du Pastef, le parti de Sonko, Bassirou Diomaye Faye, également en détention. Le Conseil des ministres du 28 février a validé la loi d’amnistie pour les personnes arrêtées à l’occasion des troubles vécus par le Sénégal depuis trois ans. –

Aussitôt émise, la deuxième proposition a fait polémique. Elle vise à fixer la date du scrutin présidentiel au 2 juin 2024, ou une date approchant. Dans l’esprit du président, et de ceux qui le rejoignent sur ce point, il s’agit de procéder au scrutin avant la période agricole d’« hivernage », qui débute en général courant juin. Et aussi de tenir compte de la période du Ramadan, qui débute le 10 mars pour un mois, et d’autres fêtes religieuses en avril et mai qui viendraient perturber le déroulement d’une campagne électorale.

 

« Coup d’État » contre « mauvaise foi »

Sachant que le Président a réaffirmé son souhait de quitter le pouvoir à l’issue de la date fatidique du 2 avril, voilà qui laisserait le Sénégal durant plus de deux mois dans une période transitoire bien peu exaltante.

Karim Wade pourra-t-il finalement se présenter aux présidentielles de 2024 ?
Karim Wade pourra-t-il finalement se présenter aux présidentielles de 2024 ?

 

Reste à savoir, quelle que soit la décision présidentielle, l’attitude du Conseil constitutionnel, – saisi par quinze candidats sur 19 ! – qui réclamait un scrutin au plus tôt ? Peut-il imposer une autre date, peut-il accepter d’autres candidatures ? Peut-il accepter que le Président sortant assure lui-même l’intérim, comme le suggèrent déjà certains de ses proches ? Un article de la Constitution prévoit bien cet intérim mais dans le cas où le nouveau président est déjà élu…

Autre question, l’attitude des partis d’opposition, divisés entre eux mais unis contre les initiatives du Président Sall, qu’ils qualifient de « coup d’État constitutionnel ». La plupart ont refusé de participer au Dialogue national, préférant participer, le 27 février, à une journée de mobilisation. « Après avoir décliné fermement l’invitation de Macky Sall, nous avons décidé d’une part, de saisir le Conseil constitutionnel et, d’autre part, d’aller à la rencontre du peuple pour organiser avec lui le véritable dialogue », précisait le 24 février un communiqué signé par une quinzaine de candidats.

« Nous considérons qu’une application stricte des décisions du Conseil impose qu’une élection présidentielle, dans le cadre du premier tour, se tienne avant la fin du mandat, qui est le 2 avril, et qu’en aucune façon le président Macky Sall ne pourra rester au-delà d’avril, qui est la fin de son mandat », ajoute aujourd’hui un porte-parole de Bassirou Diomaye Faye. Seul le PDS, le parti de Karim Wade, semble se satisfaire de la situation.

Du côté du camp présidentiel, on fustige « la mauvaise foi » de l’opposition, faisant observer que le Conseil constitutionnel n’a jamais demandé que le scrutin se déroule avant le 2 avril.

@NA

Écrit par
Laurent Allais

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