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Politique

Une visite fructueuse pour Mohamed Bazoum

Une visite fructueuse pour Mohamed Bazoum
  • Publiédécembre 7, 2022

Venu présenter à Paris son plan de développement économique et social, le président Mohamed Bazoum repart avec des financements et des partenariats public-privé bien supérieurs à ses attentes. Le Niger devrait amorcer un nouveau départ, en 2023.

 

Un incontestable succès, pour le président du Niger. Mohamed Bazoum, venu à Paris pour convaincre ses partenaires financiers du bien-fondé de son Plan de développement social et économique (PNDS), repart avec 31,4 milliards d’euros de financement. Deux fois plus que la somme attendue et davantage que le budget du plan initial, 30 milliards d’euros.

Dès 2023, le pays pourrait extraire 110 000 barils par jour d’or noir, contre 20 000 bpj en moyenne, cette année. Il bénéficiera pour cela de la mise en service de l’oléoduc reliant le pays au port de Sèmè, au Bénin.

Le soutien est venu de l’ensemble des institutions financières internationales et des banques de développement sollicitées. Pourtant, les objectifs sont ambitieux. Au chapitre social, le Niger veut ramener le taux de pauvreté de 43% actuellement à 35% en 2026. Au chapitre économique, le plan prévoit une croissance de 9,3% en moyenne, au cours des cinq prochaines années,

« Pour ce faire, le gouvernement mettra en œuvre plusieurs stratégies visant la transformation structurelle de notre économie », a déclaré le président Bazoum devant un parterre de bailleurs et investisseurs intéressés par le PDES.

« Les ressources financières nécessaires à la réalisation de ce plan sont estimées à 29,62 milliards d’euros, dont 13,35 milliards d’euros sur ressources propres de l’État, 10,28 milliards d’euros attendus des partenaires techniques et financiers et 5,99 milliards d’euros du secteur privé », a-t-il ajouté. Ce PDES 2022-2026 s’adosse sur trois priorités : « Le développement du capital humain, l’inclusion et la solidarité ; la consolidation de la gouvernance, de la paix et de la solidarité ; la transformation structurelle de l’économie. »

Si le Niger présente de nombreux atouts, notamment en matière de ressources, le pays fait face à d’importants défis, notamment climatiques et sécuritaires. En dépit de la présence réaffirmée de soldats onusiens ou français, les djihadistes restent une menace permanente dans ce pays sahélien. D’autre part, son économie est peu diversifiée, peu industrialisée et dépendante de l’agriculture pour 40% de son PIB.

« En mobilisant suffisamment de ressources nous créerons les conditions de la diversification et de la modernisation de l’économie du Niger, du développement du capital humain, de la consolidation de la gouvernance, de la paix et de la sécurité », a commenté le président Bazoum.

 

Appels au secteur privé

Toutefois, le Niger présente quelques atouts. En matière politique, il est l’un des pays les plus stables de la région, résistant aux coups d’État. Mohamed Bazoum demeure l’un des interlocuteurs privilégiés des Occidentaux, notamment des Français, tandis que les dirigeants maliens et burkinabè multiplient les déclarations hostiles.

Sur le plan économique, des investissements dans les télécoms, l’électricité, les infrastructures, ne manqueront pas de porter leurs fruits.

Surtout, le Niger mise sur le relai de croissance que constituent les exportations de pétrole. Dès 2023, le pays pourrait extraire 110 000 barils par jour d’or noir, contre 20 000 bpj en moyenne, cette année. Il bénéficiera pour cela de la mise en service de l’oléoduc reliant le pays au port de Sèmè, au Bénin. Sauf nouveau retard – la pandémie a repoussé les travaux d’un an –, cet ouvrage sera inauguré en juillet 2023. L’enjeu est gigantesque : en année pleine, le pétrole pourrait représenter le quart du PIB (contre 4% actuellement) et environ la moitié des recettes fiscales (contre 19%) du Niger. Voilà de quoi financer amplement la contribution de 13,35 milliards d’euros de l’État à son plan de développement. À Paris, le ministre du Plan – et à ce titre grand architecte du PDES –, n’a pas manqué de solliciter ses homologues français pour que les pétroliers de l’hexagone s’intéressent davantage au Niger ; aujourd’hui, seules les compagnies chinoises y sont actives.

Le président Mohamed Bazoum reçu par son homologue français Emmanuel Macron au palais de l’Élysée, le 7 décembre 2022 (photo AFP).
Le président Mohamed Bazoum reçu par son homologue français Emmanuel Macron au palais de l’Élysée, le 7 décembre 2022 (photo AFP).

 

Offensive de charme confirmée par Mohamed Bazoum qui s’est rendu au siège du patronat français pour y rencontrer des chefs d’entreprise. Selon la présidence nigérienne, quelque 8,5 milliards d’euros, sous forme d’accords de partenariats d’investissement, auraient déjà été conclus, au cours de deux jours de discussions entre acteurs publics et privés.

En effet, le PDES comprend une série de grands projets industriels, énergétiques ou miniers, présentés « clés en mains » aux partenaires privés. « Pour ces projets, nous avons conduit des études de faisabilité détaillées. Nous mettons donc à la disposition des investisseurs des aides à la décision », explique Rabiou Abdou, cité par RFI.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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