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Politique

Une feuille de route pour le Burkina Faso

Le Premier ministre du Faso a dévoilé ses objectifs politiques, marqués par la nécessité de lutter contre les groupes armés et l’insécurité alimentaire. Des zones d’ombre demeurent sur le soutien extérieur que le nouveau pouvoir espère pour unifier les forces de sécurité.

 

Par Laurent Allais

C’est dans un contexte tendu que le Premier ministre de la transition, Albert Ouédraogo, a présenté sa feuille de route pour le Burkina Faso. Insécurité, défiance vis-à-vis du nouveau pouvoir, alliances politiques nouvelles, inquiétudes sur la sécurité alimentaire au Sahel… Les défis ne manquent pas.

Pourtant, le Premier ministre a développé, auprès des 71 membres de l’Assemblée législative  – chargée de contrôler la transition –, son programme en quatre volets, coopération militaire, refonte de l’État, développement économique, lutte contre le djihadisme.

Sur ce point, « la persistance d’actes barbares témoigne de la portée limitée de nos actions de lutte contre ce fléau », a-t-il reconnu. Le Premier ministre a déploré le faible maillage sécuritaire du pays, le manque d’équipements et de moyens logistiques.

Objectif, au sortir de la « transition », que le Burkina Faso « dispose d’une réglementation des partis politiques débarrassée des tares qui ont longtemps empêché l’expression d’une démocratie véritable dans le jeu politique national », a lâché le Premier ministre.

En matière de sécurité, il a annoncé la collaboration avec d’autres États. Laquelle suppose « de diversifier les partenariats, afin d’optimiser les atouts spécifiques de chaque partenaire ». Et suppose aussi « le respect de notre indépendance territoriale et la sincérité ». Sur ce point, Albert Ouédraogo devra préciser sa pensée, parce que certains observateurs voient déjà dans ses déclarations un appel du pied aux milices Wagner, réputées proches de la Russie. Un tel rapprochement sonnerait le glas des coopérations avec la France, l’Union européenne, et ne serait sans doute pas du goût de la CEDEAO. Le communiqué du Conseil des ministres, le 6 avril, semble de nature à rassurer : le gouvernement y demande explicitement le soutien de la CEDEAO dans sa politique sécuritaire et humanitaire.

Le gouvernement, a-t-il assuré, continue de renforcer les forces de sécurité, par d’importants recrutements. Il a décidé le rappel des militaires du rang et de sous-officiers récemment partis à la retraite. « Le gouvernement a engagé d’importants projets d’équipements qui vont permettre de renforcer les moyens matériels et logistiques des forces de sécurité, construire de nouvelles infrastructures de sécurité et apporter un appui au déploiement de l’Administration publique », a déclaré le chef du gouvernement. Qui promet d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires en cours, afin que les jugements servent d’exemples.

 

Vers la Ve République

Sur le plan social, l’État burkinabé poursuivra son plan de soutien aux personnes vulnérables. Il s’agit d’améliorer l’approvisionnement en denrées, mieux contrôler les prix, voire distribuer des vivres ou de l’argent liquide aux ménages en difficulté.

Le Premier ministre a également annoncé des mesures touchant l’administration. Comme le gel des recrutements effectués sur la base de décisions antérieures.

Dans une optique de meilleure gouvernance économique, le gouvernement se donne comme priorité d’améliorer la mobilisation des ressources, de rationaliser la dépense publique et de permettre la relance économique. Sur le plan de l’organisation politique, Albert Ouédraogo a informé les membres de l’Assemblée législative qu’il lui proposera « un nouveau cadre juridique relatif à la création, au financement des partis politiques et au plafonnement des dépenses de campagnes ». À son sens, ces réformes seront « consolidées dans le passage à une Ve République ».

Objectif, au sortir de la « transition », que le Burkina Faso « dispose d’une réglementation des partis politiques débarrassée des tares qui ont longtemps empêché l’expression d’une démocratie véritable dans le jeu politique national », a lâché le Premier ministre.

Les parlementaires de l’Assemblée législative de transition écoutent le Premier ministre

 

Enfin, le gouvernement entend poursuivre le chantier de la « réconciliation nationale ». Il souhaite, là aussi, accélérer les dossiers judiciaires en cours, lutter contre les discours haineux et stigmatisant envers les communautés. Par exemple, la création de comités locaux de dialogue pour la restauration de la paix « vise à créer les conditions de l’engagement de tous les Burkinabè en faveur d’un retour de nos frères et sœurs en rupture de dialogue avec la Nation », a déclaré le Premier ministre. Qui a reconnu que les groupes armés prospéraient aussi en raison d’une certaine « complicité » de certains Burkinabè. À qui il a demandé de déposer les armes et à revenir dans le dialogue « pour que nous puissions poursuivre ensemble, la construction de notre maison commune ».

@LA

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