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Politique

Un dialogue dans l’impasse au Niger

Le Niger est doté d’un organe original de conciliation entre les partis politiques, le CNDP. Lequel, jusque-là efficient, fait face à de nouvelles difficultés nées des retournements d’alliance de certaines personnalités.

Bien qu’il ne soit pas prévu par la Constitution du Niger, le Conseil national de dialogue politique (CNDP) constitue un organe permanent de prévention et de règlement des conflits politiques. Cadre formel de concertations périodiques entre majorité et opposition, le CNDP recherche le consensus sur le Code électoral et la Charte des partis politiques. S’il est longtemps parvenu à résoudre les conflits, la nouvelle donne politique au Niger, les jeux d’alliance entre certains opposants et le gouvernement, compliquent sa tâche.

Avec l’appui des Nations unies, le CNDP, approuvé par 32 partis politiques de la majorité, de l’opposition et des partis non affiliés, a vu le jour en janvier 2004. « Le CNDP est un partenaire de consolidation de la paix, dans la mesure où l’expérience a démontré que dans le processus démocratique en Afrique, et le Niger ne fait pas exception, il y a toujours des conflits autour de la compréhension du processus démocratique », explique Salvator Nkurunziza, chargé du projet Renforcement des capacités et la gestion au sein du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). Il rappelle que le CNDP a pour mission de réguler les différents conflits qui sont parfois liés à la perception et à l’ignorance des cadres juridiques.

L’opposition nigérienne a fait preuve d’une disponibilité constante à chaque fois qu’il s’agit de traiter des questions d’intérêt national, ce qui a fortement contribué au bon fonctionnement du CNDP

Environ 65 partis politiques légalement reconnus participent aux réunions du CNDP. Ils sont répartis en trois groupes, à savoir la majorité, l’opposition et les non affiliés. « Le CNDP est présidé par le Premier ministre secondé par deux vice-présidents que sont le chef de file de l’opposition et celui de la majorité. Puis les grands témoins constitués des acteurs de la société civile, et des personnalités religieuses et coutumières qui apportent leur contribution sur des questions bien précises », explique Kader Laouali, secrétaire permanent.

Les décisions du CNDP ne sont pas aisées à prendre. « Le Conseil est chargé de promouvoir un consensus autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains. Mais aussi de contribuer au renforcement de l’unité nationale par l’enracinement de la culture citoyenne au sein des populations », souligne Kader Laouali. « Malgré les affrontements devenus quasi traditionnels, les sessions du CNDP débouchent sur des décisions consensuelles », constate Soumaila Annabo, du groupe des non affiliés. « Les questions peuvent être posées, les textes amendés et une décision consensuelle est prise. Ce qui peut aboutir à l’élaboration d’un texte qui peut être administratif ou législatif. Ainsi, opposition et majorité sont toutes d’accord au niveau du CNDP et à l’Assemblée nationale les textes sont adoptés », renchérit Amadou Laouel, membre fondateur du CNDP. Qui rappelle : « Plusieurs fois, cet instrument a permis d’éviter des situations politiques conflictuelles. ». Les partis jouent le jeu : « L’opposition nigérienne a fait preuve d’une disponibilité constante à chaque fois qu’il s’agit de traiter des questions d’intérêt national, ce qui a fortement contribué au bon fonctionnement du CNDP », se félicite Kader Laouali.

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