x
Close
Politique

Un climat politique apaisé au Bénin, à l’approche des législatives

Un climat politique apaisé au Bénin, à l’approche des législatives
  • Publiédécembre 28, 2022

La campagne électorale, de courte durée et dans une période de fêtes, ne déclenche pas les foules, au Bénin. Pourtant, les législatives du 8 janvier, auxquelles se présentent sept formations politiques, y compris d’opposition, présentent divers enjeux pour le pays.

 

Quelque 6,6 millions de Béninois sont invités à renouveler leur Parlement, le dimanche 8 janvier 2023. Une date peu banale pour un scrutin de cette importance : la campagne électorale officielle a débuté le 23 décembre. Selon la presse de Cotonou, ces élections ne déclenchent pas un grand enthousiasme ; les Béninois ont la tête aux fêtes de fin d’année ou à leurs préoccupations de la vie quotidienne.

La CENA procédera à la publication des résultats provisoires des élections législatives le 11 janvier, avant la proclamation des résultats définitifs des élections législatives par la Cour constitutionnelle.

Pourtant, les législatives permettront enfin au pays d’avoir un Parlement représentant la composition de l’échiquier politique. En 2019, en effet, le boycott des partis d’opposition avait conduit à l’élection d’un parlement monocolore, au service du président Talon.

En 2023, sept partis – sur les huit qui avaient présenté un dossier –, se présenteront aux urnes, y compris Les Démocrates de l’ancien président Thomas Boni Yayi. Retoquée dans un premier temps pour ne pas avoir présenté les déclarations fiscales de quatre candidats, cette formation a finalement obtenu son précieux sésame, fin novembre.

Ces élections présentent aussi une particularité : pour la première fois, la loi électorale impose aux partis de présenter un quota de femmes. Les sept partis en présence ont dû se plier à cette exigence pour obtenir l’aval de la CENA (Commission électorale nationale autonome). Il n’a d’ailleurs pas toujours été simple, pour certains partis, de remplir le quota de femmes, devant la réticence de certaines, et de certains.

Sur les 109 sièges à pourvoir, au moins 24 seront donc occupés par une femme. Ce ne sera donc pas la parité, mais, de ce point de vue, les élections à venir constitueront une avancée certaine, au Bénin.

Ces élections ont également un autre enjeu majeur, celles de marquer une transition avant les consultations générales prévues pour 2026. À cette échéance, en effet, se dérouleront également les élections présidentielles, auxquelles Patrice Talon a indiqué qu’il ne comptait pas se présenter.

Les députés à l’Assemblée nationale du Bénin seront élus au suffrage universel direct, au scrutin de liste à la représentation proportionnelle, pour un mandat de trois ans contre cinq ans auparavant, dans les 24 circonscriptions correspondant aux limites des départements.

 

La société civile aux aguets

Selon les observateurs, les élections devraient donc se dérouler dans un climat plus apaisé qu’en 2019, année marquée par une crise post-électorale inédite depuis le retour à la démocratie au Bénin, en 1990. Les différents acteurs de la société civile, les leaders religieux, ont appelé à des élections apaisées. Par exemple, l’Église protestante méthodiste a formulé le vœu que les élections « soient un moment de communion, de retrouvailles et de réjouissances pour les fils et filles de notre commune nation ». De son côté, la fondation d’El Hadj Yacoubou Malehossou, un guide influent de communauté musulmane, appelle à éviter toute violence « avant, pendant et après les élections ». Et d’affirmer, à l’adresse des Béninois de toutes confessions : « N’acceptez jamais d’être manipulés par les politiciens. Quand cela dégénère, seules les populations sont martyrisées. »

Les représentants des instances internationales comme l’Union africaine et la CEDEAO suivront ce scrutin de près. De même, est-il demandé aux journalistes béninois de se montrer le plus neutre possible dans leurs commentaires des élections, afin d’éviter toute surenchère. Certains ont suivi des ateliers spécifiques sur le rôle des médias dans la promotion de la paix. De son côté, une association de blogueurs a lancé une application numérique, « la loupe électorale », qui vise à accroître la transparence des élections, en impliquant les citoyens dans la surveillance des élections et de leurs résultats, afin de prévenir le risque de fraude.

La CENA procédera à la publication des résultats provisoires des élections législatives le 11 janvier, avant la proclamation des résultats définitifs des élections législatives par la Cour constitutionnelle.

Quant à Patrice Talon, il n’est pas intervenu directement dans la campagne électorale, laissant le champ libre aux partis qui le soutiennent. Ses rares apparitions, ces dernières semaines ont consisté à faire la promotion du sport, dans le sillage des bonnes performances d’ensemble des nations africaines à la Coupe du Monde de football…

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

Article précédent

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *