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Politique

Tunisie : Kaïs Saïed, toujours omnipotent

Le président Kaïs Saïed a prolongé « jusqu’à nouvel ordre », la suspension du Parlement tunisien, décrétée par lui depuis le 25 juillet 2021.

Par Serges David

Cette décision du président Kaïs Saïed de prolonger le gel du Parlement « jusqu’à nouvel ordre », s’applique aussi à la levée de l’immunité des députés également prolongée.

Dans l’immédiat, le pouvoir a mis en résidence surveillée d’anciens ministres, des personnalités publiques et a empêché aussi des politiciens et des hommes d’affaires de quitter le pays.

L’information qui a été rendue publique par la présidence dans la nuit de lundi 23 à mardi 24 août 2021, souligne que le chef de l’Etat « a émis un décret présidentiel prolongeant les mesures d’exception concernant le gel des activités du Parlement ainsi que la levée de l’immunité de tous les députés et ce, jusqu’à nouvel ordre ». Conséquence, le président  Saied a la réalité effective de tous les pouvoirs dans le pays.

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Depuis la décision du 25 juillet 2021, le gel du Parlement était prévu pour durer 30 jours. Mais avec cette nouvelle information, personne ne voit dans le court terme de perspectives consensuelles. Si ce n’est que « le Président s’adressera dans les prochains jours au peuple tunisien », précise la présidence.

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Flash-Back

En suspendant le parlement et en limogeant bon nombre de personnalités y compris le chef du gouvernement, Hichem Mechichi en juillet, le président Saïed avait invoqué la Constitution pour avoir les pleins pouvoirs en mains. Il avait justifié ses choix par la nécessité d’éviter l’effondrement de la Tunisie.

Paradoxalement depuis lors aucun nouveau gouvernement n’a été formé, bien mieux la population a globalement bien accueilli la démarche présidentielle, alors que l’épidémie de coronavirus amplifiait une crise marquée par des années de mauvaise gouvernance, de corruption et de paralysie politique.

Du côté de ses adversaires, en particulier Ennahda (parti d’inspiration islamiste), on dénonce un « coup d’État » tout en s’inquiétant de l’avenir du système démocratique tunisien adopté après la révolution de 2011 après le Printemps arabe.

L’orientation politique exceptionnelle décidée en juillet par le président Saïed met en porte-à-faux les formations politiques, surtout Ennahda, d’avec la population. 

D’ailleurs, Ennahda a annoncé lundi le remplacement de son bureau exécutif. Le chef de ce parti, Rached Ghannouchi, a décidé de mettre fin aux fonctions de tous les membres et de former un nouveau bureau exécutif, pour selon lui « répondre aux exigences de la période actuelle avec l’efficacité requise ».

Dans l’immédiat, le pouvoir a mis en résidence surveillée d’anciens ministres, des personnalités publiques et a empêché aussi des politiciens et des hommes d’affaires de quitter le pays.

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