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Politique

Tunisie : Danger

Mobilisation nationale et aide internationale

On le voit, les cinq gouvernements qui se sont succédé après la révolution de janvier 2011 n’ont fait que retarder les échéances et gagner du temps, en aggravant les déficits publics, l’endettement extérieur, l’inflation, le chômage, la crise économique et le mécontentement populaire. Et c’est de cette bombe à retardement qu’a hérité Habib Essid, qui se trouve dans la même situation que ses prédécesseurs, contraint de naviguer à vue, faisant un pas en avant, deux pas en arrière, dans une sorte de course d’obstacles, aussi harassante qu’interminable.

La catastrophe serait, on l’imagine, que le chef du gouvernement, dans un moment de grande lassitude et se sen-tant abandonné de tous, soit amené à jeter l’éponge, ou que face à une grave crise sociale, l’Assemblée soit obligée de retirer sa confiance au gouvernement. Dans tous les cas de figure, la situation serait difficile à gérer pour toutes les parties : constitution d’un nouveau gouvernement qui reprendrait tout à zéro ou même, dans un cas extrême, des élections législatives anticipées à l’issue incertaine.

La situation tunisienne ne gagnerait pas en clarté et en visibilité, et le risque serait de voir le brillant succès de la transition politique gravement hypothéqué par le lamentable échec de la transition économique. Pour éviter que ce scénario catastrophe se réalise, deux principales conditions devraient être remplies. D’abord, un élan de solidarité nationale qui ver-rait les Tunisiens, toutes tendances confondues, s’unir face aux menaces d’effritement de leur pays et se mettre d’accord autour d’un programme de redressement national.

Ils devraient alors consentir à des sacrifices partagés pendant quelques années, le temps que la machine économique se remette en marche et que le pays retrouve son rythme de croissance d’avant la révolution (5 %-6 %, contre 2 %-3 % au cours des quatre dernières années). Ce plan de redressement national aurait d’autant plus de chance de donner ses fruits qu’il serait adossé à une aide conséquente garantie par la communauté internationale, qui assumerait enfin ses responsabilités en volant au secours de cette « île de stabilité dans une région où règne un chaos absolu ». Les économistes estiment que le quart de l’aide financière consentie pour le sauvetage de la Grèce suffirait amplement au bonheur de la Tunisie. 

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