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Politique

Tunisie : Danger

Tunisie. Le principal risque que prend le pays est de voir le brillant succès de la transition politique gravement hypothéqué par l’échec, évident, de sa transition économique.

Dans le paysage dévasté de ce qu’on a appelé, un peu rapidement, « le Printemps arabe », la Tunisie fait figure d’exception. Le pays a certes traversé une longue et fragile transition politique, depuis 2011, mais il a su – quatre ans, trois assassinats politiques et six gouvernements plus tard – préserver ses institutions républicaines, se doter d’une nouvelle Constitution saluée comme étant la plus progressiste du monde musulman, et passer avec succès l’épreuve de deux élections législatives et autant d’alternances politiques pour se retrouver, aujourd’hui, avec un parlement et un Président démocratiquement élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans.

Dans les autres pays arabes, qui ont suivi la Tunisie sur la voie du soulèvement contre la dictature, la situation est moins reluisante. En Libye, au Yémen et en Syrie, « la révolution » a débouché sur l’anarchie et les guerres civiles, qui ont revigoré les groupes djihadistes et réveillé les démons du tribalisme et des conflits ethniques et confessionnels. En Égypte, après la chute du régime de Hosni Moubarak, l’État a, certes, été préservé, mais au prix d’un putsch militaire et d’une reprise du pouvoir par l’armée. La démocratie chantée par les foules de révolutionnaires de la place Tahrir, au Caire, a été renvoyée aux calendes grecques.

Ce qui fait dire à Brian Garrett-Glaser, chercheur au Centre pour l’action préventive du Council on Foreign Relations (États-Unis) : « La Tunisie est une île de stabilité dans une région où règne ». 

Dans le paysage dévasté de ce qu’on a appelé, un peu rapidement, « le Printemps arabe », la Tunisie fait figure d’exception. Le pays a certes traversé une longue et fragile transition politique, depuis 2011, mais il a su – quatre ans, trois assassinats politiques et six gouvernements plus tard – préserver ses institutions républicaines, se doter d’une nouvelle Constitution saluée comme étant la plus progressiste du monde musulman, et passer avec succès l’épreuve de deux élections législatives et autant d’alternances politiques pour se retrouver, aujourd’hui, avec un parlement et un Président démocratiquement élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans.

Dans les autres pays arabes, qui ont suivi la Tunisie sur la voie du soulèvement contre la dictature, la situation est moins reluisante. En Libye, au Yémen et en Syrie, « la révolution » a débouché sur l’anarchie et les guerres civiles, qui ont revigoré les groupes djihadistes et réveillé les démons du tribalisme et des confl its ethniques et confessionnels. En Égypte, après la chute du régime de Hosni Moubarak, l’État a, certes, été préservé, mais au prix d’un putsch militaire et d’une reprise du pouvoir par l’armée. La démocratie chantée par les foules de révolutionnaires de la place Tahrir, au Caire, a été renvoyée aux calendes grecques.

Ce qui fait dire à Brian Garrett-Glaser, chercheur au Centre pour l’action préventive du Council on Foreign Relations (États-Unis) : « La Tunisie est une île de stabilité dans une région où règne un chaos absolu. L’issue de la transition démocratique dans ce pays – et le rôle que les États-Unis pourront y jouer – aura un impact signifi catif sur la sécurité régionale et mondiale, sur les efforts des États-Unis à faire front à l’extrémisme violent et la crédibilité de l’action américaine dans la région moyen-orientale tout entière ».

Côté européen, on retrouve la même approche positive et optimiste de la situation tunisienne. « La Tunisie est une exception, c’est-à-dire une sorte de démo-cratie solitaire perdue dans un océan de régimes autocratiques et d’États en faillite. Mais, malgré cela, elle est devenue LA solu-tion, autrement dit le modèle qui constitue l’exact opposé du Califat, que le pseudo-État islamique projette de détruire », écrit Lluis Bassets, qui fait allusion à l’attentat du Bardo. L’éditorialiste espagnol plaide, lui aussi, pour un soutien accru des pays européens à l’expérience démocratique tunisienne : « La Tunisie est la solution, mais cette solution ne peut venir uniquement de la Tunisie. Le pays constitue le dernier rempart face à l’alternative impitoyable entre la dictature et le chaos. Allons-nous abandonner maintenant les Tunisiens seuls face à leur destin ? ».

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