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Politique

Tirs groupés d’Abidjan, Ouaga et Bamako contre le terrorisme djihadiste

La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali, en plus des forces déjà sur le front de la lutte contre les terroristes, comme la force française Barkhane, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), le groupe de travail Takuba ainsi que la Force conjointe du G5 Sahel, ont décidé d’unir leurs différentes forces de frappe militaire. Objectif, combattre et anéantir le terrorisme qui tente de prendre pied depuis quelques années dans la région ouest-africaine.

Par Serges David

C’est sans doute dans cette tonalité globale qu’il faut entendre et surtout comprendre le marathon que vient d’effectuer le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara à Ouagadougou et à Bamako.

Dans cette tournée sous-régionale, l’Ivoirien (un mois à peine après sa nomination) a plaidé auprès de ses homologues et interlocuteurs la nécessité de la création d’un axe stratégique et fort qui engloberait Abidjan-Ouagadougou-Bamako en vue de lutter efficacement contre le terrorisme djihadiste.

Si ces trois pays de l’Afrique de l’Ouest cèdent face aux attaques djihadistes, c’est la sous-région, elle-même, qui sera déstabilisée à commencer à par le Bénin, le Ghana, la Guinée, la Sierra-Léone, le Libéria, le Togo, et le Sénégal. Ce qui serait un cauchemar !!!

Une initiative rendue nécessaire, selon le ministre ivoirien, qui a vu son pays subir coup sur coup des attaques meurtrières à Kafolo, ville frontalière avec le Burkina Faso, attaques attribuées par les officiels aux djihadistes.

Depuis 2016, année de la première attaque de djihadistes à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, le pays s’est engagé dans toutes les initiatives visant à mettre hors d’état de nuire ce phénomène nouveau en Afrique de l’Ouest.

De leur côté, Maliens et Ivoiriens surveillent inlassablement leur frontière commune qui « est une zone poreuse, car à plusieurs occasions, les djihadistes y sont passés », souligne un officiel proche du dossier. Le ministre Ouattara a donc demandé solennellement aux deux capitales d’accentuer davantage la coopération avec Abidjan. Car tous sont concernés.

En 2020 déjà, Abidjan et Ouagadougou menaient le long de leur frontière une opération conjointe anti-jihadiste baptisée «Comoé ». Et juste après la mise en route de Comoé, pour bien montrer qu’ils ne sont pas intimidés et qu’ils pouvaient bander les muscles, les djihadistes ont attaqué une position ivoirienne à Kafolo tuant quatorze militaires ivoiriens.

Fin mars, la Côte d’Ivoire a subi une nouvelle attaque djihadiste à Kafolo. Officiellement 20 morts. L’Opération Comoé est insuffisante, clame-t-on aujourd’hui !

C’est au nom de ces insuffisances que Ouattara a répété, lors de son périple sous-régional, l’urgence de mettre en commun les moyens de lutte antiterroriste notamment le partage des renseignements. Message reçu par les alliés burkinabé et malien et qui se traduira sous peu par le lancement d’une nouvelle initiative baptisée « Comoé II ».

L’Ivoirien Téné Birahima Ouattara, ministre d’Etat, ministre de la Défense

Même détermination pour Bamako où l’armée assure que les ministres ont décidé « de procéder à des patrouilles conjointes ou simultanées au niveau de la frontière » et insisté sur « la tenue de rencontres périodiques entre les commandants des zones frontalières » longues de 500 kilomètres.

L’armée assure même que « Les hautes autorités militaires maliennes et ivoiriennes ajustent leurs stratégies pour des actions conjointes dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité sur la ligne de frontière commune ».

Un axe Abidjan-Ouagadougou-Bamako qui s’impose déjà comme une digue. Car si ces trois pays de l’Afrique de l’Ouest dirigés par Alassane Ouattara, Roch Kaboré et Bah N’Daw cèdent face aux attaques djihadistes, c’est la sous-région, elle-même, qui sera déstabilisée à commencer par le Bénin, le Ghana, la Guinée, la Sierra-Léone, le Liberia, le Togo, et le Sénégal. Ce qui serait un cauchemar !!!

SD

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