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Politique

Al-Qaïda menace la Côte d’Ivoire et le Bénin

La nébuleuse Al-Qaïda et sa branche violente Al-Qaïda au Sahel entendent vassaliser des pays du Golfe de Guinée notamment la Côte d’Ivoire et le Bénin.

Par Serges David

Ce ne sera certainement pas en négociant, mais bien plutôt par des actes terroristes que le groupe djihadiste  Al-Qaïda au Sahel, qui a fait allégeance au mouvement terroriste Al-Qaïda, veut s’installer dans les pays côtiers de l’Afrique.

« Les terroristes financent déjà des hommes qui se disséminent en Côte d’Ivoire ou au Bénin (…) des combattants ont également été envoyés aux confins du Nigeria, du Niger et du Tchad », dixit Bernard Emié

Dans son viseur, deux pays : La Côte d’Ivoire et le Bénin. Une situation à prendre très sérieusement en compte et qui a déjà fait l’objet lundi 1er février d’une alerte « danger » de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, renseignements français).

Selon le haut responsable Bernard Emié, patron du renseignement extérieur français, qui n’intervient que très rarement en public, Al-Qaïda au Sahel développe actuellement un « projet d’expansion » vers le golfe de Guinée, précisément en Côte d’Ivoire et au Bénin.

Commentant des visuels d’un conclave tenu en février 2020 avec de hauts responsables locaux de la centrale djihadiste au centre du Mali, Bernard Emié a révélé que « l’objet de cette réunion était la préparation d’opérations de grande ampleur sur des bases militaires ».

Plus prolixe, il a assuré que « c’est là que les chefs d’Al-Qaïda au Sahel ont conçu leur projet d’expansion vers les pays du golfe de Guinée (qui) sont désormais des cibles eux aussi et pour desserrer l’étau dans lequel ils sont pris et pour s’étendre vers le Sud, les terroristes financent déjà des hommes qui se disséminent en Côte d’Ivoire ou au Bénin ».

Le patron de la DGSE assure même que « des combattants ont également été envoyés aux confins du Nigeria, du Niger et du Tchad », dans la politique expansionniste des terroristes de caporaliser l’Afrique subsaharienne.

L’Afrique et la France prennent très à cœur ces informations, d’autant que lors de la réunion de février 2020  devant décider de « partager » l’Afrique subsaharienne comme le Congrès de Berlin (13 juin au 13 juillet 1878) en avait auparavant, les chefs terroristes tels que Abdelmalek Droukdel, chef historique d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Iyad Ag Ghaly, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, JNIM en arabe) et l’un de ses fidèles adjoints, Amadou Koufa, chef de la katiba (unité de combattants) Macina, étaient présents.

L’Etat islamique et Al-Qaïda menacent de plus en plus la Côte d’Ivoire et le Bénin

C’est pourquoi, le patron du contre-espionnage français a dit que « Iyad Ag Ghaly incarne la stratégie d’Al-Qaïda au Sahel. Ce n’est pas un homme qui pense le terrorisme, c’est un homme qui le pratique au quotidien. (…) Il n’hésite pas à prendre lui-même les armes ».

Précisant que ces leaders djihadistes « sont les héritiers direct d’Oussama Ben Laden, ils poursuivent son projet politique, avec l’objectif assumé de commettre des attentats en Occident et en Europe en particulier ».

Bernard Emié a – quand même – précisé que depuis Droukdel a été tué en juin par les forces françaises dans le nord du Mali.

Pour autant « la situation en Afrique orientale, depuis les Shebabs de Somalie jusqu’aux infiltrations récentes de l’État islamique au Mozambique, nous préoccupe également beaucoup », a-t-il ajouté.

La situation n’en est pas aussi reluisante au Sahel, en proie à une multitude de groupes djihadistes, liés soit à Al-Qaïda soit au groupe État islamique (EI), et implantés dans des zones largement délaissées par des Etats, faute de moyens de coercition.

Pour y faire face, il y a l’Opération Barkhane depuis sept ans dans la région et forte de 5 100 soldats français. Lors du sommet prévu à N’Djamena les 15 et 16 février la France et ses alliés du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) vont analyser de nouveau les nouvelles possibilités pour l’efficacité de cette Opération Barkhane. Car on sait que Paris souhaite une implication beaucoup plus forte des Africains et une « intervention plus importante de nos partenaires européens », avait dit en janvier le président Emmanuel Macron.

Devant une si inquiétante information, la Côte d’Ivoire n’a pas hésité à réagir : « Nous maintenons la vigilance permanente concernant cette menace terroriste (…) toutes les mesures sont prises pour sécuriser les biens et les personnes en Côte d’Ivoire contre des initiatives terroristes (…) Depuis des années, des dispositions ont été prises par l’Etat de Côte d’Ivoire pour faire face à quelques menaces que ce soit après la survenue des incidents à Grand Bassam et à Kafolo », a déclaré mercredi 03 février le porte-parole du gouvernement ivoirien Sidi Tiémoko Touré, également ministre de la Communication et des médias.

SD

ENCADRE

Les pays du Golfe de Guinée

Les 22 pays sont : L’Angola, le Bénin, le Cameroun, le Cap-Vert, le Tchad, le Congo, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, São Tomé-et-Príncipe et le Togo.

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