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Politique

Tchad, retarder pour mieux avancer ?

Tchad, retarder pour mieux avancer ?
  • Publiémai 2, 2022

Le gouvernement tchadien accepte de reporter le dialogue national prévu le 10 mai, afin de permettre à toutes les parties prenantes d’avancer dans leurs négociations. Les opposants poussent à un dialogue qui inclurait davantage de composantes de la vie politique.

 

 

Par Laurent Allais

À la demande du Qatar, médiateur entre les composantes politiques et militaires, et le gouvernement du Tchad, celui-ci a accepté de repousser le « dialogue national », prévu ce 10 mai 2022. Une décision plutôt vue d’un bon œil par la société civile tchadienne et par la diplomatie française.

Selon le Qatar, les négociations lancées à Doha avancent « à bon rythme » et réalisent « des progrès tangibles ». Dès lors, a expliqué le ministère qatari des Affaires étrangères, pourquoi se précipiter pour en finir les discussions ?

Le Conseil militaire de transition prévoyait la tenue, le 10 mai, d’un « dialogue national global », à N’Djamena. Or, des négociations de Doha, il ressort que les parties participantes ont besoin de temps pour peaufiner leur accord de paix, avant que de participer à un tel rendez-vous.

 

Dimanche 1er mai, le ministère qatari des Affaires étrangères a réitéré « le plein soutien du Qatar aux efforts du Tchad dans ce processus politique », pour réaliser les aspirations de son peuple à la paix, à la sécurité et à la stabilité. Il exprime également son appréciation pour l’engagement du Conseil militaire et du gouvernement tchadien dans le cours des négociations de paix de Doha.

Le gouvernement français « apporte son soutien aux efforts déployés en ce sens par les autorités et les parties tchadiennes, avec l’appui du Qatar et des partenaires internationaux du Tchad ».

Le Conseil militaire de transition a accédé à cette demande et reporté sine die ce rendez-vous, supposé jeter les bases d’un nouveau système politique au Tchad. De leur côté, les organisations politiques et de la société civile saluent donc ce report, demandant néanmoins un processus plus transparent.

 

Pour un dialogue sincère

Bédoumra Kordjé, porte-parole du groupe de réflexion et d’action du 1er juin qui regroupe des partis politiques et associations de la société civile fait observe au micro de RFI : « Ce dialogue a exclu les forces vives qui n’applaudissent pas la junte. Maintenant que le report est acté, poursuit le militant, il faut préparer les conditions d’un dialogue sincère. Même son de cloche chez d’autres organisations qui réclament de nouvelles bases pour le dialogue national.

De son côté, la France a exprimé, le 2 mai, son «attachement à la tenue, dans les meilleurs délais possibles, d’un dialogue » de réconciliation au Tchad. Le ministère des Affaires étrangères rappelle que la France est attachée « à la tenue, dans les meilleurs délais possibles, d’un dialogue intégrant toutes les forces politiques et sociales de la nation tchadienne dans un climat propice à la recherche du consensus.

Le gouvernement français « apporte son soutien aux efforts déployés en ce sens par les autorités et les parties tchadiennes, avec l’appui du Qatar et des partenaires internationaux du Tchad ».

Reste à savoir si ce report ne servira pas de prétexte au pouvoir militaire en place pour prolonger sa « transition » à la tête du pays.

 

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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