x
Close
Politique

Sénégal : le scrutin présidentiel se tiendra le 24 mars

Sénégal : le scrutin présidentiel se tiendra le 24 mars
  • Publiémars 8, 2024

Renonçant à une échéance au-delà de son mandat, Macky Sall convoquera les électeurs sénégalais le 24 mars, sans toucher à la liste de candidats. Le favori du pouvoir, Amadou Ba, n’est plus Premier ministre. Actualisation de l’article du 7 mars 2024.

 

Sauf retournement de situation, la prochaine élection présidentielle se déroulera le 24 mars 2024. Ainsi en a décidé le président Macky Sall, qui n’a pas retenu la date du 2 juin, comme le recommandait la Commission du « Dialogue national », dont les préconisations sont toutes jetées aux orties.

Le 6 mars, le Président a également décidé de « libérer » le candidat Amadou Bâ de sa fonction de Premier ministre. Dans la soirée du 6 mars, le Conseil constitutionnel indiquait sa préférence pour la date du 31 mars ; il avait déjà fait savoir que la date du 2 juin était inacceptable. Le 31 mars, donc deux jours avant la fin du mandat présidentiel, échéance que Macky Sall s’est engagé plusieurs fois à respecter. Puis, 24 heures plus tard, le Conseil constitutionnel a acté la décision présidentielle.

Le Conseil constitutionnel qui, dans la foulée, entérine la liste des 19 candidats au scrutin, fermant la porte à d’éventuelles candidatures de Karim Wade et Ousmane Sonko. Le parti Pastef sera donc représenté par Bassirou Diomaye Faye. Les décisions du Conseil constitutionnel ne peuvent faire l’objet d’aucun recours. S’il a choisi la date du 31 mars (revue donc au 24), c’est pour « pallier l’inertie des autorités compétentes ».

Reste que les élections se dérouleront dans un délai très court. Ce qui d’ailleurs, entraînera un tour de passe-passe constitutionnel – les Sénégalais commencent à s’y habituer –, car le décret de convocation des élections doit être publié au moins 80 jours avant la date du scrutin ! Il faudra donc au président Macky Sall, avec le consentement tacite du Conseil constitutionnel, amender le premier décret de convocation, pris fin 2023, et en modifier la date de février…

« La date du 2 juin n’était pas forcément intenable, mais il fallait à Macky Sall trouver des solutions acceptables pour tous, afin de régler des problèmes politiques qu’il avait lui-même créés », nous confie un politologue. Le choix retenu d’un scrutin avant le 2 avril « est meilleur que ce vide juridique qui profilait à l’horizon et qui risquait d’aggraver la situation socio-politique du pays », ajoute l’universitaire. Qui s’exclame : « Oui, la démocratie sénégalaise n’est pas parfaite ; Oui, les politiques sénégalais ne sont pas parfaits ; Oui, Macky Sall a commis de graves erreurs d’appréciation ; Mais la puissance du Droit a triomphé sur celle de la force brute ! »

En attendant que tout cela s’éclaircisse, les Sénégalais ont donc appris qu’ils ont un nouveau Premier ministre, Sidiki Kara, jusque-là ministre de l’Intérieur. Ils ont sans doute approuvé la décision du Parlement, intervenue le 6 mars dans la journée, d’approuver le projet de loi d’amnistie générale concernant les violences politiques intervenues entre février 2021 et 2024. Des libérations devraient intervenir dans les prochains jours, les plus attendus étant celles d’Ousmane Sonko et de son camarade candidat Bassirou Diomaye Faille.

De son côté, l’Union européenne se félicite de cette accélération du calendrier électoral. L’Europe avait prévu de déployer des observateurs le 25 février, date initiale des élections ; elle doit donc se préparer, elle aussi dans l’urgence, à revoir son dispositif.

Feuilleton à suivre.

@NA

 

 

 

Écrit par
Laurent Allais

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *