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Politique

Saleh Kebzabo, Premier ministre du Tchad

Saleh Kebzabo, Premier ministre du Tchad
  • Publiéoctobre 12, 2022

Au Tchad, l’ancien journaliste Saleh Kebzabo a été chargé de former un gouvernement. Lors de son « investiture », en tant que chef de l’État, le 10 octobre, Mahamat Idriss Déby Itno, avait promis la réunion rapide d’un nouveau gouvernement.

 

Le général Mahamat Idriss Déby Itno est désormais, au Tchad, président d’une transition prolongée de deux ans avant des élections « démocratiques ». Il constitue avec son nouveau Premier ministre, Saleh Kebzabo, nommé ce 12 octobre 2022, un « gouvernement d’union nationale ».

Saleh Kebzabo était un opposant historique au défunt président Idriss Déby Itno. Cet ancien journaliste de 75 ans avait échoué quatre fois à l’élection présidentielle. Son parti avait rejoint, voici 18 mois, le gouvernement militaire de transition. Le nouveau Premier ministre, interrogé sur le pas de sa porte, a promis d’« accompagner » le chef de l’État « dans une grande œuvre : les deux prochaines années pour la transition politique »

Dix-huit mois après avoir pris le pouvoir, Mahamat Idriss Déby Itno a été investi, le 10 octobre 2022, pour deux ans supplémentaires à la tête de l’État, à l’issue d’une phase contestée de « Dialogue national inclusif et souverain ». Il promet que le nouveau gouvernement, qui se mettra aussitôt à la tâche pour « que la volonté du peuple tchadien ne souffre d’aucune entorse ».

Emmanuel Macron, qui avait fermé les yeux sur la prise de pouvoir du fils de l’ancien président, devant « la situation particulière du Tchad », avait assuré quelques mois plus tard que la France ne voulait pas « une dynastie Déby » au pouvoir.

 

Sans surprise, le premier ministre sortant, Albert Pahimi Padacké, avait remis sa démission dans la foulée. « Le gouvernement a fait du mieux qu’il pouvait, dans des conditions politiques, humaines, psychologiques et matérielles pas toujours faciles, voire périlleuses parfois, pour conduire avec succès cette transition. S’ouvre une deuxième phase de la transition pour un retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il écrit.

Dix-huit mois après avoir pris le pouvoir, Mahamat Idriss Déby Itno a été investi, le 10 octobre 2022, pour deux ans supplémentaires à la tête de l’État, à l’issue d’une phase contestée de « Dialogue national inclusif et souverain ». Il promet que le nouveau gouvernement, qui se mettra aussitôt à la tâche pour « que la volonté du peuple tchadien ne souffre d’aucune entorse ».

Des élections seront organisées « dans la transparence et la sérénité », promet le Président. Il reste d’autres défis pour l’État, notamment mettre fin aux conflits intercommunautaires, assurer l’accès au soin à l’eau potable et à l’électricité pour tous. Ce qui n’est pas une mince affaire dans un pays à l’endettement élevé, à peine compensé, à court terme, par la manne pétrolière.

Le Président se veut rassurant et donne des signes, si ce n’est des gages, d’une certaine ouverture. Il a par exemple reçu en audience, le 6 octobre, l’opposante Tamaralhouda Acyl Ahmat Aghbach, présidente du mouvement Entente citoyenne. Celle qui revenait d’un exil de 24 ans aurait accepté cette « main tendue », estimant que « rebâtir le Tchad doit se faire avec l’apport de tous ».

Cette nouvelle période de transition de deux ans provoque la colère de l’opposition, qui se lance dans une phase de « désobéissance civile ». Max Loalngar, coordinateur du mouvement Wakit Tama, qualifie de « mascarade » la phase de Dialogue national, sur le plateau de France 24. Rien de consensuel n’a été décidé et il a été demandé à l’opposition de « légitimer un coup de force », explique l’opposant. « Au lendemain de la mort du président Idriss Déby, personne ne s’attendait à ce que les membres CNT prennent les manettes ; ils se sont imposés au peuple tchadien, et nous avons été poursuivis pour avoir dénoncé ce fait. »

 

Un Président-candidat ?

L’opposition va continuer de manifester, notamment à partir du 20 octobre, censée marquer la fin de la première transition. Selon Max Loalngar, la jeunesse tchadienne est « prête à en découdre », y compris par la violence, se lassant des oppositions pacifiques.

Cette nouvelle donne met dans l’embarras l’Union africaine et la France. Mahamat Idriss Déby a renié sa parole en prolongeant la transition de 24 mois, tandis qu’il avait assuré ses interlocuteurs que des élections libres se tiendraient au plus tôt. Emmanuel Macron, qui avait fermé les yeux sur la prise de pouvoir du fils de l’ancien président, devant « la situation particulière du Tchad », avait assuré quelques mois plus tard que la France ne voulait pas « une dysnatie Déby » au pouvoir. Le pays en prend pourtant le chemin, avec ce Président âgé de seulement 38 ans.

Tamaralhouda Acyl Ahmat Aghbach et Mahamat Idriss Déby, le 6 octobre 2022

Déjà, se pose la question de la participation de Mahamat Idriss Déby aux prochaines élections. Ses collaborateurs ne comprennent pas que l’on puisse douter de sa légitimité. Au contraire, l’opposant  Succès Masra, à la tête des Transformateurs, estime que les Tchadiens sont « à un moment de clarification et de nécessaire réorientation. Si Mahamat Déby veut être candidat, il ne peut pas dans le même temps conduire la transition ». L’opposant, dont le parti a fait les frais de la répression du régime, appelle la France et l’Union africaine « à prendre leurs responsabilités ».

À ce propos, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, lui-même Tchadien, n’a pas assisté à la prestation de serment de Mahamat Idriss Déby.

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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