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Politique

Retour à la politique interne

En 1990, il rencontre l’ingénieur Issoufou. « Nous avons décidé de créer le PNDS le 22 décembre de la même année », rappelle-t-il. Mais c’est au cours de la conférence nationale souveraine de 1990 qu’il s’est révélé au public, avant de faire ses premiers pas en politique au sein du gouvernement de transition comme secrétaire d’État chargé de la coopération auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération.

Quatre fois ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum est incontestablement l’homme qui a marqué la diplomatie nigérienne. Le président Issoufou n’a pas manqué d’éloges à son égard « pour le véritable travail diplomatique qu’il a abattu ». Il doit désormais affecter ses compétences à une nouvelle mission.

À un an des élections générales, Bazoum n’a qu’un objectif, assurer la réélection du président Issoufou à la tête du Niger. « Je suis appelé à parcourir tous les villages du Niger et je le ferai avec beaucoup de plaisir », tente-t-il de rassurer. « Je ne suis pas un politicien de salon. Je viens d’une contrée très éloignée et je suis habitué au terrain. »

L’opposition ne reconnaît pas ce qu’il qualifie de « bon bilan » : « Avec le président Mahamadou Issoufou, notre démocratie est cancérisée et notre République est dépolarisée », juge le porte-parole de l’opposition. Du reste, la mission du président du PNDS ne sera pas de tout repos et il en est conscient. « Faire élire le président Issoufou dès le premier tour, ce sera difficile mais pas impossible. C’est pour cela qu’il faut se battre pour que le Président qui a un bilan à faire valoir, continue ce travail », déclare-t-il.

L’ancien professeur de philosophie aura sur son chemin d’énormes défis à relever : « Il aura à gérer et trouver un compromis dynamique pour affirmer le caractère de masse du parti, impulser une dynamique gouvernementale à même de mener à terme le programme Renaissance du Niger et améliorer le rang du PNDS sur l’échiquier politique national, mais aussi poursuivre la professionnalisation de l’administration et la promotion des compétences », considère Ali Ramadan Sékou, un militant de la première heure.

Mohamed Bazoum aura également à concilier la présence de deux courants au sein de sa formation politique. D’une part, les militants d’origine, et d’autre part, les nouveaux adhérents qui rivalisent de déclarations d’adhésion sur les médias publics « laissant croire à une campagne avant son ouverture ». Pour Ali Ramadan Sékou, « tout cela donne un avant-goût du vaste chantier du président Bazoum et de la nouvelle dynamique et militance à impulser sur la base des fondamentaux du parti ». Le président du PNDS ne le cache pas : « Nous avons de grands défis à relever. » D’ailleurs, l’homme est présenté par ses proches comme étant conciliant et rassembleur.

Depuis qu’il est passé président du parti rose, Bazoum fait l’objet de critiques de la part de l’opposition qui l’accuse de ne pas avoir de base. « Peut-on dire cela à quelqu’un qui a régulièrement été élu député ? », s’interroge-t-il, dans une colère à peine contenue. « J’ai une base au moins à Tesker qui me garantit d’être présent à toutes les élections et d’être élu membre éminent de l’Assemblée nationale. J’étais jeune ministre secrétaire d’État en 1992 quand j’ai démissionné pour aller me présenter dans l’incertitude totale », fait-il observer. « Ma base, je l’ai à Tesker, c’est chez moi ! »

Aujourd’hui face à une opposition affaiblie dans son fief, le président du PNDS peut espérer leur ravir la vedette, tant il est vrai que les populations de la région de Zinder ont plus que jamais besoin d’un leader à même de résoudre l’éternel problème d’eau potable auquel elles font face depuis plusieurs années : « Zinder peut devenir rose si ce problème d’eau est résolu par le PNDS », reconnaît un habitant de la ville.

L’opposition cherche à déstabiliser l’ancien chef de la diplomatie nigérienne. « Quand l’ARDR (Alliance pour la République, la démocratie et la réconciliation) dit que je n’ai pas de base sociale, ils veulent dire que moi, j’appartiens à un groupe minoritaire et qu’à ce titre, je n’ai pas de légitimité pour présider un grand parti. Ils veulent insinuer que je viens d’ailleurs par mon faciès, par mon teint », attaque Mohamed Bazoum.

En effet, né en 1960 à Bilabrin, Mohamed Bazoum est issue d’une communauté arabe venue de Libye à l’issue d’une guerre en 1842 contre l’empire Ottoman. Sa communauté a migré au Tchad et au Niger. « Une partie de ma communauté est au Tchad et une autre au Niger, notamment à Zinder », explique l’homme, selon qui, « pour le Nigérien, cela n’a aucune importance. J’ai une culture, j’ai une langue et j’en suis très fier ! ». Il est vrai que Mohamed Bazoum a été élu à la tête de la plus grande formation politique du Niger « par toutes les sections du PNDS, et ce n’est pas le fruit du hasard ». 

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