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Politique

Forum d’Assouan : Reconstruire en mieux

La deuxième édition du Forum d’Assouan s’est ouverte le 1er mars au Caire sous la présidence du chef de l’État égyptien, Abdel Fattah al-Sissi. Elle a pour thème central : « Façonner la nouvelle normalité de l’Afrique : récupérer plus fort, reconstruire en mieux ».

Par Paule Fax

Le Forum d’Assouan est l’occasion d’un plaidoyer des chefs d’État pour la résolution des crises de l’Afrique, au-delà de la crise sanitaire. « L’année dernière, les défis imposés par la crise nous avaient amenés à redoubler d’efforts pour réaliser les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. La concrétisation de la ZLECAf en est le meilleur exemple », a déclaré le président égyptien à l’ouverture du Forum.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat a fait état du « besoin d’une gouvernance globale plus efficace des urgences sanitaires. L’Afrique a appris sur ses vulnérabilités et capacités à organiser une réponse ».

Il appelle les Africains à s’« accorder sur les meilleures solutions et opter pour les meilleurs instruments afin de consolider nos efforts communs pour mieux reconstruire et dépasser la crise ».

Tous les intervenants ont souligné le contexte sanitaire lié à la Covid‑19, à l’origine d’une récession économique et qui demande des mesures fortes et urgentes. Les participants ont renouvelé leur appel à l’allègement du fardeau de la dette, dans le sillage de l’initiative des pays du G20. Ils appellent également à un renforcement des capacités de production nationales de médicaments à moindre coût. La nécessité d’une souveraineté industrielle est revenue dans les discours de plusieurs chefs d’État.

Par exemple, le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a rappelé l’importance de la pandémie en Afrique. Pour autant, estime-t-il, « aussi grave soit-elle, la crise sanitaire ne doit pas occulter les défis sécuritaires ». Le président burkinabé, a appelé à nouveau à l’annulation de la dette des pays africains, précisant que les pays du Sahel « consacrent 20% à 30% de leurs budgets nationaux à la sécurité ».

Le président Kaboré a exposé un projet de « technopole pharmaceutique abritant des unités industrielles, des laboratoires pour la recherche et la formation ainsi qu’un espace d’accueil des praticiens de la médecine traditionnelle au Burkina ».

De son côté, le président du Sénégal, Macky Sall, a plaidé pour « une gouvernance mondiale plus juste, un partenariat plus équilibré et mutuellement bénéfique », rapporte l’agence APO. Il a invité ses homologues au prochain Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, prévu au second semestre 2021 sur le thème : « Enjeux de stabilité et d’émergence en Afrique dans un monde post-Covid-19. »

Établir des ponts

En marge de l’événement, le président de la Tunisie, Kaïs Saïed a déclaré que l’organisation du 28e Sommet de la Francophonie et celle du 8e Sommet de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (TICAD) « posent de nouveaux défis pour la Tunisie et l’Afrique ».

S’exprimant par webinaire, le Chef de l’État a espéré que ces deux événements seront l’occasion d’« apporter de nouvelles approches aux problèmes que vit l’Afrique aujourd’hui, mettre l’accent sur ses besoins et lui fédérer un soutien international aux niveaux bilatéral et multilatéral ».

Il a appelé à « établir des ponts de communication et de dialogue » et à « élaborer des initiatives et des mécanismes à même de réaliser un développement équitable et durable ainsi que de consolider les attributs de la paix et de la stabilité non seulement pour les peuples africains, mais pour l’humanité tout entière ».

Enfin, il a souhaité que les recommandations issues du Forum puissent traduire les aspirations de toutes les parties à consolider les relations unissant les pays africains et à instaurer des partenariats solides et durables.

Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a insisté sur le caractère « primordial d’une mise à jour des infrastructures nationales de santé et du modèle de financement de la santé ». Pour lui, il est urgent de « renforcer les capacités des Centres de contrôle des maladies, de ratifier l’accord sur l’Agence africaine des médicaments », et d’aller vers la mise en œuvre de « la feuille de route de l’architecture africaine de paix et sécurité ».

Le président de Madagascar, Andry Rajoelina, a plaidé pour des « réformes structurelles des systèmes de santé » afin d’accélérer l’industrialisation du continent et la production locale de médicaments ; il a décliné l’initiative « One District, One Factory » (une localité, une usine).

Faire taire les armes

Vue d’un panel durant le Forum d’Assouan

Le président du Rwanda, Paul Kagame, a rappelé l’importance de la solidarité continentale et le rôle primordial de la ZLECAf (Zone de libre‑échange continentale africaine) pour renforcer les pays du continent.

Le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi A. Adesina, a insisté sur le défi sécuritaire, citant « le retour bruyant des armes, faisant de l’insécurité le défi numéro un du développement de l’Afrique ». La BAD suggère la création d’un indice sécuritaire de l’investissement pour lier l’investissement à la sécurité en Afrique. « Nous avons besoin d’un système de défense sanitaire. C’est pourquoi nous devons garantir le succès de la ZLECAf. »

Enfin, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel puissant en faveur de la disponibilité des vaccins, qui « doivent être un bien public mondial accessible partout et pour tous ». Tandis que le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat a fait état du « besoin d’une gouvernance globale plus efficace des urgences sanitaires. L’Afrique a appris sur ses vulnérabilités et capacités à organiser une réponse ».

Plusieurs autres chefs d’État ont pris part virtuellement à l’évènement : Ali Bongo Ondimba (Gabon), Salva Kiir (Soudan du Sud), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau), Évariste Ndayishimiye (Burundi).

PF

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