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Politique

MAJ – RD Congo : Félix Tshisekedi, président élu, prête serment

FLASH BACK

Le 16 janvier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait déclaré vainqueur Félix Tshisekedi avec 38,5% des suffrages exprimés devant Martin Fayulu (34,8%) et Emmanuel Shadary (23,8%) soutenu par le président sortant Joseph Kabila. Avec un taux de participation de 47, 56% en baisse par rapport à la dernière élection de 2011.

Martin Fayulu, a déposé samedi 12 janvier à la Cour constitutionnelle, sa requête en contestation des résultats proclamés par la CENI.

Immédiatement l’autre candidat de l’opposition divisée, Martin Fayulu, n’a pas accepté ces résultats allant jusqu’à assurer qu’il s’agit d’un « coup d’Etat électoral ». Il a aussi dénoncé la présidentielle qui, pour lui, est « une honte ». « On a demandé les résultats bureau par bureau ». « Ces gens-là n’ont aucune compétence pour gérer le Congo ».

Pour sa part, lors de sa première prise de parole, le président Joseph Kabila s’est dit « heureux que ce processus électoral n’ait pas conduit à des effusions de sang ».

Fait surréaliste, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Paris a aussi dénoncé ce scrutin présidentiel estimant qu’« il semble bien que les résultats proclamés (…) ne soient pas conformes aux résultats » réels. Martin Fayulu est « a priori » le vainqueur du scrutin du 30 décembre, a-t-il ajouté.

« Quel que soit ce qui pourra sortir des délibérations de la Cour constitutionnelle que les uns et les autres vont pouvoir saisir, je réprouve totalement le fait qu’un dignitaire étranger se permette de tels propos. C’est un cas type d’interférence que nous récusons formellement au niveau du Front commun pour le Congo, même si cela aurait pu être fait en notre faveur. Nous n’acceptons pas d’interférence extérieure.

Nous n’avons pas fait des sacrifices pour financer ces élections tous seuls pour pouvoir les supporter. Je pense que c’est très présomptueux de sa part. Le Congo ne fait pas partie de la France », a déclaré le porte-parole du candidat du pouvoir, Lambert Mende répondant aux propos du ministre français Le Drian concernant ses doutes sur les résultats de l’élection.

Pour sa part, lors de sa première prise de parole, le président Joseph Kabila s’est dit « heureux que ce processus électoral n’ait pas conduit à des effusions de sang ».

Mais déjà, on annonce des scènes d’affrontements dans divers villes du pays. Une situation rendue d’autant plus compliquée et confuse avec ces déclarations de part et d’autres, alors que la RDC, plus grand pays francophone de l’Afrique, vit un moment historique avec cette présidentielle et surtout une première pour l’opposition.

De fait, ce scrutin, présidentiel à un tour avait été reportée trois fois depuis 2016, mais le président sortant Joseph Kabila au pouvoir depuis 18 ans avait fini par accepter de se retirer sous la pression de la constitution, et non des armes.

La Conférence des évêques du Congo, acteur incontournable et puissant dans le pays, avait annoncé ces derniers jours qu’après la CENI, elle publierait elle aussi les résultats de la présidentielle selon sa compilation.

Elle a aussi précisé à la mi-journée du jeudi que ses « observations ne correspondent pas aux résultats officiels de la présidentielle « .

Ces derniers jours déjà, l’opposition et les observateurs de l’Eglise catholique avaient appelé la commission électorale à ne pas trahir « la vérité des urnes ».

Martin Fayulu, a déposé samedi 12 janvier à la Cour constitutionnelle, sa requête en contestation des résultats proclamés par la CENI.

La Cour constitutionnelle doit publier les résultats définitifs d’ici à mi-janvier et les perdants de la présidentielle ont encore 10 jours pour contester les résultats auprès de l’institution.

ENCADRE

Qui est le vainqueur ?

Le vainqueur déclaré, Felix Antoine TshilomboTshisekedi, est né à Kinshasa le 13 juin 1963. Il est le fils d’une figure historique de l’opposition congolaise Etienne Tshisekedi décédé à Bruxelles il y a près de deux ans. Il est membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), fondée par son père dans les années 1980, à l’époque en lutte contre le président-maréchal Mobutu Sese Seko.

ENCADRE

Le scrutin en chiffres

Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo: 7 051 013 soit 38,57%.

Martin Fayulu Madidi: 6 366 732 soit 34,83%

Emmanuel Shadary: 4 357 359 soit 23,84%

Taux de participation: 47,56%

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