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Politique

Présidentielle : Pour Guillaume Soro « l’heure est grave »



Ces décisions s’imposent, car la Côte d’Ivoire l’a souhaité, en ratifiant la Charte Africaine des Droits de l’Homme et ses différents protocoles.

La Côte d’Ivoire l’a tellement souhaité, qu’elle l’a inscrit en préambule de la Constitution du 08 novembre 2016, qui s’ouvre par une référence claire à la Charte Africaine. Elle reconnaît donc la primauté des décisions de cette juridiction supranationale sur les juridictions nationales.

Dans cette perspective, ma réintégration dans la liste électorale est obligatoire. Et ce n’est pas juste une simple proclamation de ma part, c’est le droit positif ivoirien qui le commande.

En effet, il existe la jurisprudence Yao Paul N’DRE qui, souvenez-vous, en 2010 après avoir déclaré M. Laurent Gbagbo vainqueur, a rendu en second lieu une décision du Conseil Constitutionnel en 2011 dont je vous remet copie, en se fondant sur un communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, pour déclarer M. Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle.

En d’autres termes, le Conseil Constitutionnel actuel doit, en s’inclinant devant la décision de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, se fonder sur une décision de justice plus forte et plus contraignante pour reconnaître ma citoyenneté non seulement en m’inscrivant sur la liste électorale mais aussi en me rendant éligible à la prochaine élection présidentielle.

En déclarant M. Alassane Ouattara éligible alors que l’article 55 de la Constitution est très clair : « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois. », les Sages du Conseil Constitutionnel ont manqué d’imagination, ou sont de très mauvais juristes.

Ils ont servilement obéi au Pouvoir exécutif, sans même habiller, par pudeur, leur forfaiture des habits du droit.

Ils ont porté le déshonneur sur leur institution, censée être la Gardienne du droit et de la Constitution.

Ils ont donné leur aval au Coup d’État Constitutionnel que prépare M. Alassane Ouattara.

***

Le Président Ouattara m’a exclu de la liste électorale, de la liste des candidats, et de mon Pays.

Il sait pourtant quelle est la souffrance que subi celui qui est injustement exilé de sa terre natale, empêché d’user de son droit le plus élémentaire, celui de participer aux affaires publiques de son pays et injustement écarté d’une élection.

Il l’a lui-même vécu.

Rappelez-vous lorsque sa candidature était écartée pour « nationalité douteuse ». Rappelez-vous son exil en France.

Vous connaissez sûrement la phrase de Karl Marx : « l’histoire se répète toujours deux fois, d’abord comme une tragédie, ensuite comme une farce ».

Il y’a comme une impression de déjà vécu dans l’Histoire que je subis aujourd’hui.

Mais mieux que Marx, c’est un vers de Victor Hugo qui résume parfaitement l’état d’esprit de M. Alassane Ouattara : « opprimé hier, oppresseur demain ».

***

Alors que faire, face au Despote qui a abattu tous les gardes-fous institutionnels de mon pays ?

Maintenir cette élection du 31 octobre 2020 n’a aucun sens. C’est une évidence.

De même participer à cette élection serait cautionner le coup d’État civil de M. Ouattara.

J’en appelle donc à une unité d’action de l’opposition pour stopper M. Ouattara dans sa folle aventure, par tous les moyens légaux et légitimes.

Je demande aux candidats retenus ou non, spécifiquement au Président BEDIE, au Président GBAGBO, au premier Ministre AFFI, au ministre MABRI, au ministre AMON Tanoh de prendre ensemble nos responsabilités et de faire bloc. Il s’agira, tous ensemble, de saisir la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, l’ONU en vue d’obtenir des élections démocratiques, transparentes et inclusives comme en 2010 sans préjudice.

Ensemble nous devons organiser la mobilisation de tout le Peuple ivoirien depuis la campagne, les hameaux, les villages et les villes pour faire barrage au troisième mandat inconstitutionnel et interdit de M. Ouattara.

Pour ma part, je demande :

– la libération immédiate de mes proches ;

– La dissolution de la CEI actuelle et la mise en place d’une nouvelle, conformément à la décision de la Cour Africaine du 15 juillet 2020 ;

– La mise en place d’un Conseil Constitutionnel non inféodé au pouvoir ;

– Un audit international de la liste électoral ;

– enfin la présence d’observateurs internationaux pour contrôler la régularité du vote.

***

Ne nous voilons pas la face : c’est une mascarade qui se prépare, pour légitimer le troisième sacre du Président Ouattara et sacrifier le Peuple ivoirien sur l’Autel des ambitions d’un homme.

Nous ne saurons être les pantins de cette comédie burlesque.

Le Président Ouattara pourra alors concourir seul, à une élection courue d’avance, et atteindra alors son ultime dessein : anéantir la démocratie au profit de son pouvoir personnel.

Mais, je peux vous l’assurer, le Peuple ivoirien ne l’acceptera pas et la victoire sera la nôtre.

Nous reviendrons de cette épreuve, rassemblés.

***

Mesdames, Messieurs les Journalistes, Chers Invités,

L’heure est grave pour mon pays. Ouattara veut imposer une autre crise électorale à la Côte d’Ivoire, après celle de 2010. Il est déterminé. Nous aussi.

Mais tôt ou tard, notre victoire viendra et, je vous en fais la promesse, cette victoire sera celle des Ivoiriens, de la démocratie et de l’État de droit.

Il sera comptable de ses manigances, et sera perçu, comme celui qui a assassiné la démocratie.

Et si aujourd’hui, il dit ne pas craindre le Peuple de Côte d’Ivoire, je vous promets que demain, il devra se soumettre à sa volonté.

Je vous remercie.

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