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Politique

Côte d’Ivoire : Le ministre Marcel Amon Tanoh 4è candidat déclaré

Marcel Amon Tanoh, ex-ministre des Affaires étrangères démissionnaire du gouvernement ivoirien, vient d’annoncer officiellement ce mercredi sa candidature à la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020.

Par Serges David

Ce mercredi 22 juillet au cours d’une conférence de presse à Abidjan, Marcel Amon Tanoh a confirmé ce qui se chuchotait dans les chaumières abidjanaises. Lui le démissionnaire du gouvernement du président Alassane Ouattara, dont il est ami depuis plus de 30 ans, a décidé d’aller à la compétition électorale pour ainsi devenir le prochain président ivoirien. Même s’il ne l’a pas dit lors de sa déclaration solennelle, Amon Tanoh a quitté le gouvernement ivoirien, car ne partageant plus l’orientation politique qui lui était impulsée.

« C’est pourquoi, au regard de l’expérience que j’ai acquise au service de mon pays, après vous avoir longuement écoutés et après avoir mûrement réfléchi,  j’ai décidé de me porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Je veux rassembler les hommes et fédérer les énergies. Je veux être le trait d’union. Le trait d’union entre l’Etat et le peuple, le trait d’union entre le respect de nos traditions et notre désir de modernité, le trait d’union entre les religions, les régions et les générations, le trait d’union entre tous les Ivoiriens », dixit Marcel Amon Tanoh.

De fait, le président Ouattara avait choisi comme son héritier feu Amadou Gon Coulibaly pour la présidentielle du 31 octobre 2020.  Un choix qui avait poussé Amon Tanoh à la démission.

Avec ce rebondissement, sera-t-il soutenu par Ouattara, ou est-ce l’actuel président ivoirien descendra-t-il, à son tour, dans l’arène pour faire acte de candidature, comme il avait indiqué à la fin d’une visite d’Etat de quatre jours dans la région du Hambol (Centre-nord), en novembre 2019 ?

Il avait clairement dit qu’il serait candidat si notamment le président Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, de la même génération que lui, l’étaient. A cet effet, il avait déclaré : « La Côte d’Ivoire doit continuer d’avancer, mais pas avec n’importe qui. Nous avons vu ce que d’autres ont fait par le passé. Nous ne voulons plus retourner en arrière, nous ne voulons plus de détournements. Nos concitoyens ont de la mémoire (…). Je veux que tous ceux de ma génération comprennent que notre temps est passé. Mais s’ils sont candidats, je le serai. »

Déroulant son argumentaire Alassane Ouattara avait bien précisé : « Je ne souhaite pas être candidat. Mon intime conviction est qu’après deux mandats, il faut passer la main. L’année prochaine, j’aurai 78 ans. Ce que l’on peut faire à 68 ans, on ne peut plus le faire à 78, à fortiori à 85 ou 86 ans. À partir de cela, j’estime que c’est mieux que tous ceux de ma génération décident par eux-mêmes de ne pas être candidat. Maintenant, s’ils décident de l’être, compte-tenu de leurs bilans, de leur incapacité à gérer la Côte d’Ivoire, je trouverai une autre solution, y compris celle de continuer. La Constitution m’autorise à faire deux autres mandats et je pourrais le faire sans aucune difficulté, parce que je suis en parfaite santé. »

Dans l’immédiat avec la candidature de Marcel Amon Tanoh, cela porte à quatre les candidats officiellement déclarés : Guillaume Soro (GPS, opposition), Mamadou Koulibaly (Lider, opposition) et Henri Konan Bédié (PDCI, opposition) ; en attendant le candidat du RHDP (au pouvoir). Son candidat Amadou Gon Coulibaly est décédé brutalement d’une attaque cardiaque, le mercredi 08 juillet 2020. Maintenant Gon Coulibaly est décédé et que Henri Konan Bédié s’est déclaré candidat, que va faire Ouattara ?

Une chose est désormais certaine, la présidentielle d’octobre 2020 sera tout, sauf un jeu… la multiplication des candidatures et la crispation du front socio-politique actuelle l’attestent.

En attendant voici dans son intégralité la déclaration de candidature de Marcel Amon Tanoh.

« Ivoiriennes mes sœurs,

Ivoiriens mes frères,

Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Dans quelques semaines, la Côte d’Ivoire, notre pays, brillera sous l’éclat du 7 août, notre fête nationale. C’est une date emblématique dans notre communauté de vie et de destin, un puissant marqueur de notre identité, en tant que peuple libre et nation souveraine.

Depuis 1960, nous commémorons l’indépendance de la Côte d’Ivoire, notre mère patrie.
Cette année, le 7 août aura une tonalité particulière, pour deux raisons principales:
– la première, c’est que notre pays fêtera ses 60 ans ;

– la seconde, c’est que moins de trois mois après cette date anniversaire, la Côte d’Ivoire procédera à l’élection de son Président de la République.

Ces 60 ans que notre beau pays se prépare à célébrer seront également un moment de profonde introspection et de projection.

A cette occasion, nous rendrons tous Gloire à Dieu pour ses grâces sur notre pays et sur nos vies.

Nous célébrerons la liberté retrouvée et la paix conquise de haute lutte.

Nous exprimerons notre gratitude envers nos ancêtres et nos devanciers pour le sacrifice de leurs vies.

Nous fêterons les succès glanés et le chemin parcouru ensemble.

Nous situerons nos responsabilités face aux multiples défis auxquels nous devons faire face.

Mais, nous ferons surtout le bilan de notre vie commune.

Ivoiriennes et Ivoiriens,

Mes chers concitoyens,

Au moment où la Côte d’Ivoire se prépare à franchir cette étape dans sa marche vers le progrès, nous devons plus que jamais apporter des réponses viables à son rapport au monde d’aujourd’hui et aux difficultés de notre époque.
Nous devons le faire dans la confiance et en toute sérénité.

Ma profonde conviction est que la Côte d’Ivoire doit affronter ces défis présents et ultérieurs avec une nouvelle mentalité, une nouvelle vision, un nouveau logiciel et une nouvelle motivation.

Je suis convaincu de très longue date que ce pays extraordinaire nous offrira davantage si nos cœurs battent à l’unisson pour l’aimer. Et nous ne pouvons réaliser cet objectif qu’en proposant une voie différente, un chemin de concorde et de paix véritable, gage d’un développement plus sûr et d’une prospérité partagée.
J’aime la Côte d’Ivoire.

J’aime notre terre féconde, nos régions colorées et la richesse de nos cultures.
J’aime le parfum de nos champs, le rythme joyeux de nos refrains.
J’aime la diversité de notre peuple.

J’aime notre humanisme et notre bonté.

J’aime notre humour et notre générosité.

Ce sont là les attributs de la Côte d’Ivoire promise à l’humanité que chante fièrement l’Abidjanaise, notre hymne national.

Malheureusement, ces dernières décennies, nos efforts communs n’ont pas été à la hauteur de cette promesse.

Nous avons mené à bien de grands ouvrages, mais nous avons abandonné notre humanité.
Nous avons bâti des ponts, mais nous avons oublié de construire des passerelles entre les hommes.

Nous avons restauré notre image, mais nous avons renoncé à notre cœur.

Cette vision a atteint ses limites et le pays s’est fortement crispé.

Dans un monde en plein bouleversement, qui exige innovation et expérience, la Côte d’Ivoire ne peut plus se permettre d’investir dans des solutions sans portée humaine.
Notre pays a besoin de quitter définitivement les sentiers improbables de la discorde et de la division.

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La Côte d’Ivoire est là, devant nous, avec ses chants d’espoir.

Elle nous invite à sa rencontre.

Elle nous appelle à nous réinventer.

Elle nous exhorte à prendre ensemble un nouveau chemin, un chemin différent, un chemin d’union, de fraternité et de liberté.

Ce chemin, je vous propose de l’emprunter avec moi.

C’est pourquoi, au regard de l’expérience que j’ai acquise au service de mon pays, après vous avoir longuement écoutés et après avoir mûrement réfléchi,  j’ai décidé de me porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Je veux rassembler les hommes et fédérer les énergies. Je veux être le trait d’union. Le trait d’union entre l’Etat et le peuple, le trait d’union entre le respect de nos traditions et notre désir de modernité, le trait d’union entre les religions, les régions et les générations, le trait d’union entre tous les Ivoiriens.

Je veux parler à tous, agir pour tous.

Je veux bâtir avec chaque Ivoirien un pays de fraternité, libéré de tout germe de conflit.
Je veux construire une Côte d’Ivoire plus solidaire, plus équitable, plus juste.
Je veux consolider la démocratie en rétablissant le dialogue républicain dans le respect des opinions et de la liberté d’expression.

J’ai une vision pour la Côte d’Ivoire, une ambition pour mon pays.
J’ai conçu un programme réaliste et pragmatique.

J’ai rassemblé une équipe de jeunes, de femmes et d’hommes compétents, motivés et représentatifs, nourris à la sève des valeurs de notre Nation et à l’esprit de nos traditions.
Mes chers compatriotes,

« La patrie de la vraie fraternité » est un rêve, celui de nos pères fondateurs.
Ce rêve est une construction dévolue à chaque génération.

Le temps est maintenant venu de faire honneur au véritable sens de notre devise :
Union – Discipline – Travail.

Retrouvons-nous autour de nos valeurs originelles, le dialogue et la paix, pour le bien-être de tous.

J’en appelle donc à l’union sacrée de tous les Ivoiriens pour construire notre avenir. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Je vous remercie ».

 

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