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Politique

Politique et Covid : Tunis s’enfonce dans la crise

Le président Kaïs Saïed a démis dimanche de ses fonctions le chef du gouvernement Hichem Mechichi  et annoncé la suspension des activités du Parlement pour un mois. La Tunisie s’enfonce dans une crise politico-sociale.

Par Aude Darc

Pendant ce temps, ce lundi des affrontements ont éclaté devant le Parlement à Tunis. L’armée a été déployée pour éviter tout débordement.

La Tunisie est en train, progressivement, de s’installer dans une crise sociale, puis politique qui mal gérée pourrait avoir des conséquences dramatiques pour ce pays.

Le président Kaïs Saïed a donc tranché dimanche avec ses deux décisions dans un contexte où les Tunisiens sont de plus en plus irascibles devant l’attitude des politiques incapables de gérer « la crise sociale et sanitaire » et plus enclins à la recherche de strapontins.

Tout part du limogeage le 20 juillet du ministre tunisien de la Santé, Faouzi Mehdi. Au moment même où l’épidémie de la Covid-19 fait des ravages.

La réalité est que cette séquence consacre de plus en plus l’antagonisme entre le Président, le Premier ministre et sa majorité d’une part, sous le regard du parti Ennahdha, d’autre part. Car depuis des mois,le président Kaïs Saïed est dans un bras de fer avec le principal parti parlementaire Ennahda, d’inspiration islamiste. L’opposition frontale entre le chef du Parlement Rached Ghannouchi (chef de file d’Ennahda) et le président Saïed paralyse les pouvoirs publics. Et le fonctionnement du pays.  

Ajouté à cela, les ravages de la Covid-19, il n’en fallait pas plus pour que les Tunisiens descendent dans les rues pour clamer leur indignation face à cette crise politique et aussi face au manque d’orientation claire et précise du gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire.

La Tunisie, avec au moins 18 000 morts pour 12 millions d’habitants, a l’un des pires taux de mortalité au monde dans cette pandémie. 

Dimanche soir donc, les habitants ont manifesté dans de nombreuses villes du pays contre la classe politique réclamant un « changement de régime », et indiquant que « le peuple veut la dissolution du Parlement ». Etaient précisément ciblés la formation islamiste Ennahda (ses locaux et symboles ont été pris pour cible) et le Premier ministre Hichem Mechichi  que Ennahda soutient.

Le président Kaïs Saïed a donc tranché dimanche avec ses deux décisions dans un contexte où les Tunisiens sont de plus en plus irascibles devant l’attitude des politiques incapables de gérer « la crise sociale et sanitaire » et plus enclins à la recherche de strapontins.

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