x
Close
Politique

Pléthore de candidats au fauteuil de Macky Sall

Pléthore de candidats au fauteuil de Macky Sall
  • Publiédécembre 20, 2023

Les élections présidentielles approchent au Sénégal. À quelques jours des dépôts des candidatures, il demeure de nombreuses inconnues, notamment sur la participation d’Ousmane Sonko et de Karim Wade, dans un scrutin qui se joue aussi dans les prétoires.

 

La course à la présidentielle de février 2024 a-t-elle pris un nouveau tournant, avec la libération d’Ousmane Sonko ? Rien n’est moins sûr, car l’opposant n’a toujours pas la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales, malgré le feu vert de a justice pour sa candidature, donc de se présenter. Et les avocats de l’État travaillent à de nouveaux recours.

Il faut faire vite : le dépôt des parrainages de candidature et la caution financière sont à déposer avant le 26 décembre. En octobre, après une première autorisation judiciaire de se présenter, Ousmane Sonko s’était vu refuser la délivrance des documents officiels à faire signer par les « parrains ». Ce sésame est délivré par la Direction générale des élections, qui dépend du ministère de l’Intérieur.

Du côté du Pastef, Bassirou Diomaye Faye pourrait prendre le relai en cas d’empêchement d’Ousmane Sonko. Sachant un léger empêchement : il est lui-même en prison depuis avril 2023 !

Au plan politique, Sonko séduit autant qu’il irrite. Son discours souverainiste et panafricaniste, ses attaques contre « la mafia d’État », les multinationales et l’emprise de la France recueille une forte adhésion des moins de vingt ans, qui représentent la moitié de la population. Ses détracteurs le considèrent comme un agitateur incapable de rassembler.

Un opposant en termine (provisoirement) avec les ennuis judiciaires, un autre prend sa place : Moussa Diop a été inculpé pour, nous citons pêle-mêle, « offense au chef de l’État, actes ou manœuvres à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles politiques graves, diffusion de fausses nouvelles et diffamation ».

De fait, il est reproché à Moussa Diop d’avoir dénoncé, le 17 décembre au cours d’une conférence de presse, l’autorisation d’exploration de mies de diamants au nord du Sénégal. Sans apporter il est vrai de preuve tangible d’une quelconque manœuvre frauduleuse ni même d’une autorisation, Moussa Diop a mis en cause Macky Sall lui-même, ainsi que l’ancien ministre des Mines Aly Ngouille Ddiaye et l’homme d’affaires Jean-Claude Mimran.

Qui donc pour succéder à Mack Sall dans quelques mois ? Difficile d’y voir clair, d’autant que le scrutin, à ce stade, est convoité par plus de 200 candidats !  Bien sûr, tous ne réuniront pas les parrainages (44 559 venant de citoyens, treize venant de députés ou 120 signés par des élus territoriaux) et ne verseront pas les 30 millions de F.CFA (45 000 euros) de caution.

Le Conseil constitutionnel devrait publier la liste des candidats vers le 14 janvier 2024. Y figurera sans aucun doute Amadou Bâ, le candidat favori de Macky Sall et de la coalition gouvernementale Benno Bokk Yakaar. Ce statut de favori ne l’empêchera pas de devoir convaincre y compris dans son propre camp, et de devoir éviter des candidatures « parasites ».

 

L’hypothèque Karim Wade

Amadou Ba est néanmoins le candidat naturel, puisqu’il occupe le poste de Premier ministre. Nommé en septembre 2022, il ne souffre pas de l’usure du pouvoir propre à la fonction. Amadou Ba a également été ministre des Affaires étrangères entre 2019 et 2020 et ministre de l’Économie et des finances de 2013 à 2019. Homme de réseaux, il est donc rompu aux arcanes du pouvoir.

Parmi les autres figures qui pourraient prendre position sur la ligne de départ, outre Ousmane Sonko, figure Karim Wade. L’homme fort du Parti démocratique sénégalais a été désigné par son parti, mais n’a pas encore fait acte officiel de candidature. Il est vrai que ce candidat virtuel est en exil, peut-être au Qatar, depuis la grâce présidentielle accordée en 2016 après une condamnation à six ans de prison pour enrichissement illicite. Condamnation qui n’est pas motif d’invalidation d’une candidature, sous réserve du paiement d’arriérés d’amendes…

Du côté du Pastef, Bassirou Diomaye Faye pourrait prendre le relai en cas d’empêchement d’Ousmane Sonko. Sachant un léger empêchement : il est lui-même en prison depuis avril 2023 ! Il est poursuivi pour « actes de natures à compromettre à la paix publique », « outrage à magistrat » et « diffamation à l’encontre d’un corps constitué ». Il risque une condamnation à perpétuité.

Enfin, parmi les derniers candidats sérieux, l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall, qui effectuera en 2024 son probable dernier tour de piste présidentiel, limite d’âge oblige. Lui aussi est passé par la case prison avant de bénéficier, en 2019, d’une grâce présidentielle. Sans oublier Idrissa Seck, un ancien proche de Macky Sall passé dans l’opposition.

@NA

Écrit par
Laurent Allais

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *